bon, voilà voilà !
Chapitre 42 : « Une nouvelle canne »
La porte claqua derrière Raine. Les demi-elfes n’essayèrent pas de les poursuivre, visiblement déroutés par la terrible attaque « découpe-fringue » de Lloyd. Discrètement, celui-ci et ses compagnons s’engouffrèrent dans une ruelle, à l’abri des regards indiscrets.
- Personne n’est blessé ? demanda Colette.
Ils secouèrent tous la tête. La seule qui ne bougea pas était la serveuse. Elle tremblait de la tête aux pieds. Ses cheveux étaient en bataille et son tablier à moitié déchiré. Kratos se décida à lui lâcher le bras. Il l’invita à s’asseoir sur un carton qui traînait par là. Lentement, la jeune fille obéit. Kratos commença à l’interroger.
- Comment t’appelles-tu ?
La jeune fille se redressa pour se donner plus de contenance et répondit d’une voix qui se voulait décontractée :
- Fanny, je m’appelle Fanny Gyami. J’ai 12 ans, je vis pas loin d’ici, . . ..
- Menteuse ! coupa soudain Lloyd, tu es Haru !
Fanny se leva, les poings serrés de colère :
- Crois-moi si tu veux ! Je m’appelle Fanny, je le sais !
Elle baissa ensuite la tête, et ses longs cheveux gris retombèrent sur son visage.
- Tu, continua-t-elle, tu . . . Tu dois me confondre avec ma grande sœur, Haru Gyami.
Lloyd se calma et bafouilla :
- Oh . . . Heu, je suis désolé. Dis-moi, reprit-il, tu sais où est ta sœur ?
Fanny le regarda d’un air méfiant :
- Et pourquoi est-ce que je devrais te le dire, petit monsieur en rouge ?
Lloyd fut surpris par cette appellation et grimaça. Colette prit alors le relais :
- Nous devons la trouver, c’est très important.
Elle lui offrit un de ses plus beaux sourires. N’importe qui aurait succombé, enfin presque.
- Je refuse de te dire quoi que ce soit, mademoiselle l’Ange méchant !
- Elle m’énerve, celle-là ! fulmina Génis.
Raine lui mit la main sur l’épaule :
- Je sais y faire avec les enfants, assura-t-elle.
- À coups de fessées, chuchota Génis.
Heureusement pour lui, Raine n’entendit pas sa remarque.
Fanny se s’assit de nouveau sur son carton et croisa les bras. Raine s’approcha d’elle, s’accroupit, passa un bras autour de son épaule et la fixa droit dans les yeux.
- Ma chère Fanny, tu comprends sûrement que ce que nous faisons est important, dit-elle d’une voix grave, tu sais où est ta sœur, et tu vas nous le dire, d’accord ?
La petite décroisa les bras et se jeta au cou de Raine. Elle se mit à pleurer à chaudes larmes. Raine fit signes à ses amis de les laisser. C’est ce qu’il firent sans discuter.
Dans la ruelle ne résonnaient que les pleurs de Fanny. Raine lui chuchotait des mots doux à l’oreille et s’efforçait de la consoler. Fanny finit par lever la tête.
- Tu me comprends, dit-elle, toi. Tu es une demi-elfe, et pas une humaine comme tous les autres. Pourquoi restes-tu avec trois humains et un Ange méchant ?
Raine passa sa main sur la joue de la petite fille, essuyant les dernières larmes.
- Mon petit frère est lui aussi un demi-elfe, répondit Raine, il est très gentil. Kratos et Lloyd sont effectivement des humains, et ce sont deux personnages formidables. Quant à Colette, elle n’a pas choisi d’être un Ange. C’est la jeune fille la plus gentille et la plus serviable que je connaisse. Tu n’as pas à avoir peur d’eux.
- Je n’ai pas peur d’eux, répliqua Fanny, une lueur farouche dans les yeux, mais on m’a toujours dit que ces genres de personnes étaient méchants.
- Et bien c’est faux ! Nous venons d’un autre monde où des humains, des demi-elfes et quelques Anges vivent en paix.
Fanny haussa un sourcil :
- C’est possible, ça ? Des Anges gentils ?
Raine acquiesça avec un large sourire. Fanny sourit alors à son tour :
- Je te crois. Je veux bien vous raconter, à toi et à tes amis, où est ma grande sœur.
Lloyd, Kratos et Colette étaient assis dans un coin de la ruelle, silencieux. Génis était parti acheter une canne pour Raine et n’allait pas tarder à revenir. Soudain, un tintement les fit sursauter. Un couvercle de poubelle venait de tomber au sol.
- Je suis désolée, s’excusa Raine, mais je crois que . . .
Elle s’interrompit.
- Où est Génis ?
- Me voilà ! répondit le demi-elfe en apparaissant au coin de la rue, quelque chose de long et fin à la main.
Il le tendit à Raine :
- Tadaaa ! Voilà une nouvelle canne !
Surprise mais ravie, Raine la prit en main, caressa la sphère magique qui l’ornait, puis se reprit.
- Merci, souffla-t-elle, merci beaucoup. Bon, il est maintenant temps d’écouter ce que Fanny a à nous dire !