ouf, voilà ENFIN le chapitre 41 . . .
Chapitre 41 : « Clash à l’auberge »
Une bouffée de chaleur leur parvint lorsque les cinq amis pénétrèrent dans la petite auberge au mur de briques. Il régnait une forte odeur d’alcool. Plusieurs chopes de bière étaient posées sur chaque table. Certains récipients contenaient un liquide assez étrange et Colette se dit qu’il ne valait mieux pas savoir ça que c’était. La plupart des clients jouaient aux cartes ou racontaient leurs récentes aventures en riant bruyamment. Derrière son bar, le patron observait la salle d’un œil attentif.
- Asseyons-nous là, cria Lloyd à ses amis en désignant une petite table tout au fond de la salle, crasseuse, mais libre.
Chacun prit place.
Raine héla une serveuse tandis que Kratos préparait son plan :
- Nous allons interroger le plus de personnes possibles, en essayant de savoir s’il ne s’est pas passé quelque chose de louche ces derniers temps. Si une personne que vous avez interrogé réagit violemment, vous essayez de rejoindre quelqu’un le plus vite possible. En cas de problème GRAVE, vous hurlez.
Tous hochèrent gravement la tête, sauf Raine qui essayait toujours d’appeler une serveuse.
Colette, Génis et Lloyd s’apprêtèrent à se lever quand une serveuse coiffée d’un foulard arriva enfin. Elle s’arrêta de justesse à la table, et fit presque tomber son plateau plein de verres.
- Oh non, soupira-t-elle, ne me dîtes pas que vous vous en allez ! Je sais que je suis trop lente, le patron va me virer !
La dernière partie de sa phrase fut accompagnée d’un léger sanglot. Raine fit signe aux trois enfants de se rasseoir. Ils obéirent.
- Ne vous inquiétez pas, dit gentiment Raine, nous allons commander.
La serveuse soupira, de soulagement cette fois, et retira son foulard qui lui tombait sur les yeux. Ses grands yeux vert émeraude brillaient tandis que trois longues mèches argentées lui entouraient le visage. Elle le mit dans sa poche, prit habilement un carnet et un crayon, prête à prendre la commande. Elle releva la tête, un grand sourire scotché sur son visage. Devant elle, quatre de ses clients potentiels avaient l’air ébahis.
- Ben quoi ? demanda-t-elle.
- Qu’est-ce que vous avez ? répéta Raine.
La serveuse fit la moue. Il ne fallait pas qu’elle perde des clients.
- Je vous sers ? reprit-elle.
Kratos fut le premier à dissimuler son étonnement. Pour frimer, Lloyd reprit aussi son sérieux.
- Nous t’avons reconnue, dit-il d’une voix sûre.
La serveuse haussa un sourcil. Raine l’imita.
- Nous savons que tu es, reprit Lloyd, . . . Haru !
Surprise, la serveuse lâcha son plateau et les quinze verres qui y étaient posés se brisèrent.
- Ramasse ça immédiatement, hurla le patron de derrière son bar.
Tremblante, la serveuse se baissa et replaça frébilement les débris de verre sur son plateau.
- Tu es Haru, reprit Lloyd, cette demi-elfe qui a tenté d’assassiner Colette il y a quelques jours !
Il s’était levé et pointait la pauvre serveuse du doigt. Cette dernière se releva et tenta de retourner en cuisine.
- Reste ici, dit Kratos.
Ce fut un ordre sec, cassant.
La serveuse obéit docilement. Bien que le patron ne cessait de lui hurler de se dépêcher, elle resta debout, face à Kratos.
- Dis-nous qui tu es, demanda-t-il simplement.
Lloyd haussa les sourcils :
- Mais c’est Haru ! Tu ne la reconnais pas. Des cheveux gris, des yeux verts, des oreilles de demi-elfes, . . .
- Tais-toi, le coupa Kratos, cette fille n’est pas Haru. Elle lui ressemble beaucoup mais elle est plus jeune.
Soudain, un client du bar se retourna vers les cinq compagnons.
- Pourquoi vous z’étonnez-vous que zette zeune demoiselle ait des z’oreilles de demi-elfes ? demanda-t-il en se levant.
Il vacilla et se rattrapa de justesse au bar. Ses yeux étaient mis-clos, son nez avait pris une couleur rosée et son haleine sentait l’alcool. Malgré le fait qu’il soit totalement ivre, il fut le premier à remarquer :
- Vous z’êtes des z’humains !
Le silence se fit presque instantanément dans l’auberge. Tous les clients s’étaient tournés d’un même mouvement vers la table du fond.
- Lloyd et sa grande langue . . . marmonna quelqu’un.
Le patron ferma à clé la porte des cuisines tandis qu’un demi-elfe d’une taille gigantesque barra l’entrée.
- Laissez-moi vous expliquer, dit le patron, pour chaque humain capturé, nous pouvons recevoir une récompense de 50.000 flouz. Or, si je compte bien, ajouta-t-il avec un sourire narquois, vous êtes cinq ! Et cinq fois 50.000, ça fait . . .
- Non, protesta Lloyd, un mince sourire aux lèvres, Colette est un Ange ! Vous devriez revoir vos calculs !
D’un même mouvement, Kratos, Génis et Raine soupirèrent.
- Lloyd et sa grande langue . . . répéta cette dernière.
Mais, déjà, les demi-elfes s’étaient munis de couteau de cuisine, d’éclats de verre ou de tout ce qui pouvait leur tomber sous la main. Ainsi, une demi-elfe se jeta sur Génis, une tranche de rôti au poing. Mais Génis avait de bons réflexes, il sortit d’un mouvement son kendama.
- Lenteur Temporelle ! cria-t-il.
Étrangement, la demi-elfe enragée ralentit. Génis n’eut aucun mal à lui prendre sa tranche de rôti et se mit à la baffer avec. Mort de rire devant cette scène, Lloyd fut soudain attrapé au cou. Un petit garçon tentait de l’étrangler ! Lloyd lui donna un léger coup de coude. Le garçon s’écroula et pleura en appelant sa maman. Maintenant sur ses gardes, Lloyd dégaina ses épées. De son côté, Raine en assommait plus d’un, utilisant une petite chaise de bois. Puis, une petite cuillère vola. Raine n’eut pas le temps d’esquiver, mais un bouclier bleuté se forma et la pauvre cuillère tomba au sol. Raine lança un regard reconnaissant à Colette, et reprit son travail d’assommeuse. D’un mouvement impressionnant, Kratos pointa son épée vers ses adversaires.
- Je suis prêt à me battre, déclara-t-il, mais je sais que je pourrais tous vous trancher en deux.
Les demi-elfes s’arrêtèrent de bouger.
- Je pourrais tous vous trancher en deux, reprit calmement Kratos, et vous le savez aussi bien que moi.
Effrayés, les demi-elfes s’écartèrent. Kratos prit la jeune serveuse par le bras et fonça vers la porte. Le seul qui n’avait pas renoncé à l’affrontement était le géant toujours posté devant l’entrée. Lloyd bondit, brandit ses épées et découpa le géant. Du moins, il découpa son pantalon qui tomba sur le sol. La foule fit un « Ooooh ! » de dégoût. Gêné et humilié, le demi-elfe s’écarta. Les cinq compagnons sortirent du bar en vitesse, toujours accompagnée de la serveuse.