( Partie 2) : Poursuite
Le groupe courait dans le couloir. Personne ne s’arrêtait, ils étaient poursuivis. Ils arrivèrent à une intersection mais tracèrent tout droit sans prendre le temps de réfléchir. Soudain, Zeratos, qui avait aperçu quelque chose du coin de l’œil, recula de quelques pas pour retourner au niveau de l’intersection et hésita à prendre un autre chemin. Xenora se stoppa immédiatement, poussa un profond soupir et lança un sort qui fit décoller l’elfe aux cheveux verts jusqu’à ses pieds.
« On a pas le temps pour tes âneries, fit remarquer la magicienne, relève-toi et cours !
- Mais l’armurerie est juste après le couloir de gauche, insista Zeratos, il me suffirait de quelques sec… »
Il ne pu terminer sa phrase car il s’étouffa avec le col de ses vêtements. Xenora le tirait vers la sortie, n’hésitant pas à le traîner jusqu’à ce qu’il se relève. Il entendit ensuite les pas des soldats qui résonnaient dans les couloirs. Il sortit l’épée de son fourreau et traça une ligne lumineuse traversant le couloir dans le sens de la largeur, à la fois sur le sol, les murs et le plafond. Il s‘éloigna un peu et réalisa un bref mouvement de la main. La ligne tracée explosa et des décombres bloquèrent le passage, rendant toute poursuite impossible. Puis il sortit rejoindre les autres, accompagné de Xenora…
De l’autre coté des décombres, les gardes laissaient Zack s’approcher des rochers bloquants le passage. Il posa simplement sa main dessus et le couloir reprit sa forme d’origine.
« Poursuivez-les, ordonna-t-il, je prend un autre passage.
- A vos ordres, monsieur ! » répondit un garde.
La troupe continua sont chemins tandis que Zack se mettait face à un mur. Il posa sa main sur ce dernier qui se mit à luire, à l’instar du cercle dessiné sur son gant. Sa main s’enfonça lentement dans la paroi, suivie par le reste de son corps…
« Où sont les ptéroplans ? interrogea Vharley.
- Ils sont de l’autre coté du colisée, signala Philis.
- On ne peut pas se permettre de retourner à l’intérieur pour traverser, fit remarquer Xenora, il faut faire le tour ! »
Ils se mirent donc à longer le mur de l’immense bâtiment, toujours sur le pas de course. Mais leur course fut interrompue car ils virent un mur s’illuminer. Zack en sortit et s’interposa. Il posa sa main gauche sur le sol. Ce dernier se craquela en divers endroits, la fissure formant un grand cercle autour du groupe. D’autres fissures apparurent de part et d’autre du cercle, frôlant chacun des membres du groupe. Tout le monde faisait de son mieux pour éviter les attaques de l’alchimiste. Au bout d’un moment, tout le monde sauf Drilaz s’était replié hors du cercle. Zack cessa les attaques avant de se relever, et 64 réalisa alors ce qu’il se passait…
« Drilaz, cria-t-il, sors du cercle ! »
Xenora jeta un rapide coup d’œil sur le sol et comprit la réaction de 64 : les fissures dessinaient un immense cercle d’alchimie, et le monstre se trouvait au centre. Zack posa le pied sur un bord du cercle. Ce dernier s’illumina mais n’eut pas le temps d’agir : 64 sortit ses griffes et donna un violent coup sur une fissure du cercle, changeant ainsi une des figures géométriques. La nature du cercle étant changée, Zack perdit le contrôle de la transmutation et des débris décolèrent simplement de tout les cotés.
Le major s’énerva et reposa sa main sur le sol pour de nouvelles attaques. Mais un cercle lumineux apparut autour de lui. Deux boules de lumière tournoyèrent depuis le sol pour se rejoindre au dessus de l’alchimiste. Ce dernier regarda vers le haut et eut tout juste le temps d’un murmure :
« Saloperie… »
Un éclair le foudroya et il perdit connaissance. 64 sentit une présence familière, mais il ne vit personne. Il décida donc de continuer à se diriger vers les ptéroplans, en prenant soin de bien marcher sur le corps inconscient de Zack. Il fut suivi du reste du groupe, Drilaz fermant la marche. Ce dernier s’arrêta près du corps de l’alchimiste. Il tournoya sur lui-même avant de donner un puissant coup rotatif de sa queue écailleuse. Zack, toujours inconscient, fut propulsé dans le mur du colisée et le traversa à nouveau. Mais cette fois-ci, le mur ne resta pas intact et des débris lui tombèrent dessus.
Quelques minutes après, des ptéroplans décollaient de Meltokio pour se diriger vers Sybak. Priscilla Sage, accompagnée du vieillard que 64 avait bousculé au colisée, regardait les appareils s’éloigner.
« Tu n’aurais pas dû intervenir, fit-elle remarquer, ce sont des hors-la-loi.
- Nous étions bien comme eux au départ, répliqua calmement le vieil homme, et puis je veux voir avant tout de quoi ils sont capables. S’ils deviennent trop dangereux, alors j’interviendrai à nouveau.
- Pour quelqu’un qui ne veut plus se mêler des affaires du monde, je trouve que tu interviens beaucoup, lança Priscilla.
- C’est à moi de décider si je dois intervenir ou pas, rétorqua le vieillard sur un ton toujours calme.
- Et que fais-tu des lois ? » demanda la guerrière d’environ 25 ans.
Elle n’eut aucune réponse, le vieillard avait disparu…