Chapitre 17 : Une victime de plus
64 était allongé sur le dos avec un dragon qui le fixait droit dans les yeux, il lui était impossible de bouger et encore moins de se lever. Il se décida alors à parler.
« Bonjour, disait-il, tu sais que t’as une sale tête au réveil toi ? »
Il n’avait rien trouvé de plus stupide à dire. Tenebra ne bougeait toujours pas, surprise par ce qu’il se passait sous ses yeux. Drilaz, lui, reniflait le dragon.
Enfin, l’archère se décida et sortit son arc et une flèche. Le dragon l’aperçu du coin de l’œil et voulut l’attaquer. Mais 64 s’interposa entre les deux, face au dragon.
« Non ! » cria-t-il à l’adresse du dragon. Ce dernier se stoppa et grogna de rage en fixant la fille qui le ciblait.
« Range ton arc, dit-il ensuite à Tenebra.
- Mais, commença l’archère
- Fais ce que je dis et il ne t’arrivera rien ! »
Tenebra hésita un instant, puis elle regarda les pattes du dragon : Drilaz se frottait contre la bête qui ne réagissait même pas. Finalement, elle baissa son arc, mais se tenait prête à tirer à tout moment.
64 soupira de soulagement et s’avança vers le dragon. Il tendit la main pour le caresser et ce dernier se laissa faire.
« Là je comprend plus rien à ce qu’il se passe » déclara Tenebra.
64 ne répondit pas tout de suite, il sentait la même présence qu’avec Drilaz, mais cette fois elle provenait du dragon. Peut-être le dragon avait senti la même présence et était venu ici, comme attiré par cette sensation. 64 se décida enfin à parler.
« C’est une femelle, commença-t-il, elle est venu nous aider car elle sait que j’ai besoin d’elle, elle a senti que je la cherchai.
- Vinsey, tu es le mec le plus taré que j’ai jamais vu, dit l’archère, ça te prend souvent de te balader au beau milieu de reptiles assoiffés de sang pour leur faire des câlins ?
- En réalité c’est ma première fois, avoua 64, et les dragons ne se nourrissent pas de sang mais de cendres. »
Le dragon poussa un hurlement qui raisonna dans toute la région.
« Bon il va falloir attendre que les deux autres arrivent, déclara 64.
- Les deux autres ? s’inquiéta Tenebra, tu veux dire qu’il va y en avoir d’autres ?
- Bien sûr, elle est jeune et ne peut pas nous porter tout les trois à elle seule.
- Tu… Tu veux monter là-dessus ? demanda Tenebra.
- Ça te pose un problème ? »
Tenebra ne répondit pas. Elle n’aimait pas cette idée mais le demi elfe avait l’air si sûr de lui qu’elle décida de prendre sur elle pour pouvoir le suivre.
Plus tard, deux dragons arrivèrent au loin. Ils étaient de la même taille que la première : apparemment, c’étaient aussi deux jeunes femelles. Drilaz sauta sur le dos de l’une d’elles et 64 en fit de même. Tenebra, elle, eu cependant besoin de plus de temps pour simplement oser s’approcher de la bête. Elle mis donc dix bonne minutes avant de monter sur la dernière.
Le décollage fut très violent : en un seul battement d’ailes, les dragons étaient montés de dix mètres en hauteur. Un nouveau battement et ils se propulsaient déjà à une vitesse fulgurante vers l’Est. 64 était aux anges, la vitesse et la hauteur de vol lui procuraient une poussée d’adrénaline le rendant jovial. Drilaz semblait également apprécier le voyage à en juger par ses cris de joie. Quand à Tenebra, elle faisait de son mieux pour ne pas montrer son inquiétude. En quelques minutes, ils étaient arrivés à destination…
« Ça fait bizarre de voir cet endroit de l’extérieur » déclara 64.
Ils étaient cachés derrière des buissons et observaient attentivement les divers bâtiments entourés de grillages. Les dragons étaient partis, laissant les trois compagnons seuls devant le centre d’entraînement de l’armée. 64 regardait toujours le lieux auquel il avait vécu 11 ans de sa vie lorsque Tenebra lui adressa la parole.
« Et on vient faire quoi ici au juste ? demanda-t-elle.
- On vient chercher une personne à laquelle j’ai promis une petite visite dès que je serais sortit.
- Sortit d’où ? interrogea Tenebra
- Du dernier endroit dont j’ai envie de parler, rétorqua 64, il vaut mieux attendre la nuit avant d’entrer, c’est blindé de militaires là dedans. Tout ce qu’il y a à espérer, c’est que le Sergent Zack ne soit pas de garde cette nuit.
- Pourquoi lui précisément ?
- Parce qu’il pourrait nous voir depuis n’importe quel endroit du camps, il n’a jamais eu à bouger de sa chambre pour détecter les intrus… Eloignons-nous, on reviendra vers minuit.
En attendant la nuit, Tenebra s’était un peu éloigné de 64 et Drilaz, mais restait suffisamment proche pour les voir. Elle repensait à ce qu’elle avait fait avant de les connaître et était soulagé que ce ne soit pas des anges. Si ça avait été le cas, elle aurait dû faire un acte qu’elle aurait regretté. Elle sortit une petite bourse de sa poche et l’ouvrit, des fragments brillants s’y trouvaient. Elle sortit ensuite, de son autre poche, des fragments identiques et les versa dedans. Elle referma la bourse et la remis dans sa poche. Maintenant il fallait en trouver un autre.
Quelque part, près du lieu de la rencontre entre 64 et Tenebra, un corps gisait sur le sol, commençant à pourrir au soleil. Il avait une flèche profondément enfoncée dans la gorge, là où se trouvait auparavant un cristal du Cruxis. Sur la flèche était attaché un papier sur lequel quelqu’un avait écrit :
« La perforeuse est toujours là. Anges pêcheurs, prenez garde, je prendrai vos cristaux comme mes flèches vous prendront la vie. »