Un couloir
Il y a peu de gens qui peuvent vraiment le voir,
Lui, le couloir de la vie ou peut-être de la mort.
Il se trouve long, droit, presque fier mais pourtant illusoire.
Ce n’est qu’un alignement de briques froides, un bout de décor
Que je lis, que je vois, que je pense
Et qui me tiraille le cœur en criant dans mon âme des mots indignes,
Maux et tourments d’ailleurs me demandant pensivement l’indolence.
Lui, qui n’est justement qu’un mur d’oubli, un couloir empli de signes.
Et j’y pleure doucement, la tête contre mes mains jointes et la conscience vide.
Je lève parfois les yeux pour en voir le bout
Mais il n’y en a pas, son fond reste noir et avide,
Une impasse digne de la peau du pire des fous.
J’aimerai y creuser une ouverture pour y voir au-delà.
Il m’effraie, il me hante, il m’attire, il m’appelle,
Ce couloir de mes rêves, cette impasse d’ici-bas.
Juste un couloir de briques, des murs étrangement mortels
Mais cependant consciencieusement impossible à abattre.
Mes doigts effleurent sa structure et mes ongles y crient.
Le frappant du poing, je crois en certains endroits en faire tomber le plâtre.
L’extérieur doit-être beau, ça je le sens à la bise touchant ma joue rougie.
Je vis bien sans voir ce pan de mur tomber
Et je rassure en affirmant qu’il ne me blesse pas outre mesure.
Je comprends presque le sens de ce couloir au point de le respecter,
Pourtant, j’aimerai bien le voir tomber sans démesure.