De rien nono et désolé fada
kisa
je ne veux pas les rencontrer
ce serai bien une fourière pour les grands frères et les grandes soeurs ch*ants
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irving, et comment
ils se liguent contre moi!!! ![]()
Hé ouais pas bete une fourriere
!
ben moi celui de 14 ans et sympa celui de 11 ans il est po sympa et si il y avai une fourrière il aurai eu la peine de:
la prison à perbétuiter
quelqu´un a des liens avec des images d´ Itachi dans naruto ![]()
Providence
-1-
La voiture la heurte au haut de la cuisse droite tout en faisant apparaître une trace de freinage d’un noir ébène sur le macadam. Au même moment, l’artère fémorale éclate sous le choc, provoquant une hémorragie interne dans sa cuisse. Le corps se retrouve éjecté hors de la route, et sa nuque heurte le pied d’un réverbère. J’entends les vertèbres cervicales craquées. Je l’observe. On dirait un pantin auquel on aurait subitement tranché les cordes qui le tenait. Son bras gauche est passé par dessus sa tête et son bras droit est tendu vers le trottoir d’en face, son index désignant un vieux drugstore avec des produits pharmaceutiques en vitrine. Sa jambe droite avait voulu faire un grand écart mais la gauche n’avait pas suivi. Je me marre. Je viens de la voir se faire shooter par une bagnole et je me marre. Je viens d’entendre sa dernière expiration et je me marre. Soudain je me pose une question: Pourquoi est-ce que je ris?
Aucune réponse. C’est vrai que ce n’est pas drôle au fond. Même en hauteur se n’est pas drôle. Elle est morte et la dernière chose qu’elle a entendu c’est mon rire. Sardonique et acerbe. Pourquoi ai-je ris?
La fatigue?
Certes j’ai des insomnies depuis neuf jours, mais lorsque j’en avais eu pendant deux semaines je ne m’étais pas mis à me marrer devant chaque mort. Et j’en avais vu des cadavres durant ces deux semaines. J’en avais vu des morts quand je travaillai comme embaumeur. Grâce à ce métier j’avais vu plein de forme de mort. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. Une balle de neuf millimètres logées dans l’hémisphère cérébral droit entraîne la mort. Le syndrome malin secondaire de Marfan entraîne la mort. Se trancher les veines de l’avant bras entraîne la mort. Se faire renverser par une voiture peut aussi entraîner la mort. Ça n’avait rien de drôle. Ce n’était vraiment pas drôle. Pourtant j’avais ri. L’éternel question qui me hante: pourquoi?
La nervosité?
Je ne suis vraiment pas du genre nerveux. Je suis plutôt style Bouddha, vous comprenez? Je ne parle pas de la réincarnation. Je ne pense qu’après une vie pourrie on puisse avoir une seconde vie pourrie, se serait injuste. Moi, je parle du zen, de faire le vide dans sa tête. Être le vide, n’être même plus quelqu’un qui ne pense à rien, être rien. Être mort tout en pouvant redevenir vivant. Contrairement à elle qui est morte sans pouvoir redevenir vivante. Cela n’a rien de drôle. Pourtant j’ai ris. Pourquoi?
Mon cerveau?
C’est ça, c’est de la faute de mon cerveau. Il a ordonné à mon corps de rire et mon corps à obéit. Quant à savoir pourquoi, seul mon cerveau le sait. Mon gros chou-fleur rosâtre détient la réponse. Pourquoi ai-je ris? Seul lui le sait.
J’ai ris, soit. Mais pendant ce temps, le chauffeur a accéléré, a grillé un feu rouge, a frôlé une vieille Admiral noire et s’est engagé dans la quarante-deuxième avenue. Il a disparu de mon champ de vision. Je n’ai même pas relever la plaque d’immatriculation. A quoi bon? Peut-être qu’une fois qu’il aura réparer l’avant de son pare-choc, ce chauffeur s’achètera un journal et lira le nom de sa victime dans la rubrique nécrologique. Au bout de quatre jours d’insomnies à se repasser l’accident dans sa tête, il sera prit de remords et ira se dénoncer aux autorités. Peut-être. Ou peut-être pas.
Il a filé, soit. Mais pendant ce temps, un piéton a eu la bonne idée de courir vers la cabine téléphonique au bout de la rue et d’appeler la police, une ambulance, et sa femme. Au bout de cinq minutes la femme du piéton était là. Une minute après, ce fut la police. Et en retard de trois minutes, l’ambulance.
Conclusion: si un jour vous êtes piqué par une bestiole vous injectant un venin mortel qui agit au bout de cinq minutes, appelez votre femme, elle est la seule à pouvoir vous sauver ou au pire de vous voir mourir. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. Un venin mortel entraîne également la mort, sauf si votre femme vous sauve.
Et moi, durant ce temps, je restai là. Sur le trottoir. A observer son corps se trouvant dans sa position morbide. Puis je décidai de rentrer chez moi. Indifférent. Elle était morte. Ça n’avait rien de drôle.
Ma maison. Mon refuge. Une modeste maison aux tuiles vertes. Je n’avais jamais vu de tuiles vertes avant d’emménager ici. C’est joli. Un peu de couleur parmi tout les entrepôts qui entourent mon refuge. Je rentre dans celui-ci. Une voix s’élève dès que les lattes du plancher se mettent à craquer sous mon poids.
_ tu l’as?
Je glisse la main dans ma poche gauche et mes doigts rencontrent l’objet de la question.
_ oui, je l’ai.
_ très bien, sinon, tu vas bien?
_ ça baigne
Ce n’est pas tout à fait vrai, j’ai un peu mal au dos en fait.
_ et elle?
_ morte.
Ton neutre. Direct. Je me surprends à parler comme ça. J’étais gentil avant.
Avant quoi?
Avant tout ça. Avant que je me péte le dos. J’entends des bruits à l’étage, puis la tête appartenant à la voix apparaît.
_ sérieux?
Je n’ai pas besoin de répondre. Il voit sur ma gueule d’insomniaque. Il lit dans mon regard cerclé de cernes. Oui, je suis sérieux.
Nuria est morte. Nuria voulait mourir. Elle a fait six tentatives de suicide et aucune n’avait marché. Pas de chance. Et là, alors qu’elle avait trouvé un but en nous rejoignant, elle meurt. Vraiment pas de chance.
Mourir faisait partie intégrante des risques que l’on pouvait encourir lorsque nous partions en mission. Deux d’entre nous était déjà tombé sous les balles des policiers. Nuria est la première à se faire renverser par une voiture. Il faut bien un début à tout. A quand la rupture d’un anévrisme de l’aorte qui entraîne la mort en plein mission?
-2-
Georges était le patron de Margareth qui était ma patronne. C’était il y a quatre mois. Je n’étais pas encore embaumeur. Je travaillai dans les bureaux d’une entreprise. Margareth avait cinquante ans. Un jour, elle vient dans mon bureau, s’assit sur une chaise en face de moi et se met à me parler de sa fille. Carla.
Pourquoi elle me parle d’elle? Je n’en sais guère.
Elle me dit que sa fille à vingt-trois ans. Qu’elle a les cheveux bruns, les yeux marrons. Qu’elle fait un mètre soixante et onze et qu’elle pèse cinquante-six kilos.
Je m’en contrefous. Voyant que je préfère regarder une fiche indiquant les pertes et les bénéfices de l’entreprise pour ce mois-ci, elle retourne à son poste. Je croyais ne plus l’entendre parler de sa fille. Je croyais que désormais elle allait m’adresser la parole juste pour m’ordonner de lui donner le dossier numéro machin ou la fiche de paye d’untel. D’aller lui chercher du café ou lui faire des photocopies. Les ordres ordinaires de patrons ordinaux. J’avais tort.
Le lendemain, elle revient dans mon bureau. Je suis en train de lire un discours que je suis censé prononcer durant une conférence cet après-midi. Elle me colle une photo sous les yeux. Cheveux bruns, yeux marrons, environ un mètre soixante-dix, je suis prêt à parier que c’est sa fille.
_ C’est Carla, dit elle.
J’aurais dû parier.
En fait, elle n’est pas si mal que ça. Elle est même plutôt mignonne en fait. Carla est en maillot de bain sur cette photo. Visage angélique, lèvre fine, petit nez fin également. Sa poitrine est le contraire de Pamela Anderson , mais je suis sur que ses seins sont biens fermes.
_ Alors, comment la trouves- tu?
Elle veut vraiment me caser avec sa fille. Je lui répond avec un brin d’hésitation. Je ne peux pas dire que je la trouve belle sinon ma patronne profitera de l’occasion pour organiser fiançailles, mariage, voyage de noces et toutes les autres choses qui suivent. Ma vie sera régie par ma patronne jusqu’à ma mort. A moins que ce soit elle qui meurt de vieillesse avant. Ce qui est fort probable. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. La vieillesse entraîne également la mort. La vieillesse est l’ultime recours utilisé par la mort pour vous happer. Je ne veux pas fonder un couple. Le sexe en lui-même ne m’intéresse pas. Je préfère être seul. Rester seul. La solitude n’entraîne pas la mort il me semble. Alors que lui répondre? Je ne peux pas lui dire qu’elle est moche, ça ne se fait pas.
_ Elle a du charme.
J’ai finalement répondu. Peut être de travers vu l’éclat qui a brillé dans les yeux de Margareth pendant un bref instant.
Elle part, me laissant seul. Pas exactement seul puisque j’ai mon discours et la photo en face de moi. La photo, le discours. Le discours, la photo. Il faut faire un choix. Facile. Je choisis le discours. La conférence est dans quarante minutes. J’ai déjà assez perdu de temps.
Quarante minutes plus tard, je me retrouve donc dans la salle de conférence en train de lire mon discours à Georges et ses lieutenants. Quatre-vingt-dix minutes s’écoulent avant la fin de la conférence. Je sors de la salle avec une migraine épouvantable. La rupture d’un anévrisme de l’aorte en traîne la mort. Le syndrome malin secondaire de Marfan entraîne la mort. Une conférence d’une heure et demi n’entraîne pas la mort mais vous donne envie de la provoquer pour vous débarrasser des rangées de chiffres qui se sont placées dans votre cerveau. Le même cerveau qui m’a fait rire alors que ce n’était pas drôle. Je déteste les conférences.
Heureusement, après celle-ci, j’ai l’autorisation de retourner chez moi malgré le fait qu’il me reste normalement plus d’une heure de travail. Je rejoins mes tuiles vertes. Le trajet est court. Premier quartier, deuxième quartier, chez moi. Je passe dans le premier quartier. Il y a une boîte de nuit, vide à l’heure qu’il est. Les boîtes de nuit sont des endroits où des personnes vont pour en rencontrer d’autre. La plupart pense y trouver leur âme sœur. Foutaise. Il y a déjà les agences patrimoniales pour ça. Je déteste les boîtes de nuit. Deuxième quartier, rien à signaler, la routine quotidienne c’est installée dans les rues de ce quartier.
Puis mon refuge aux tuiles vertes et là, en face de moi. A l’époque j’étais encore seul chez moi. J’allume la télé. On ne me l’avait pas encore explosé contre le mur à l’époque. Je tombe sur des publicités du genre: comment pouvez-vous vivre alors que vous avez trois grammes de trop pour ressembler à notre mannequin à la poitrine siliconée, les fesses fermes et autre détails de sa physionomie tout aussi parfait. Bref, un corps de rêve. Mais heureusement la crème unetelle vous permettra de perdre vos trois grammes pour la modique somme de 50€. Autre pub. Machin, star ultra connue du football mange Danone. Unetelle, actrice ultra connue par le grand public mange Danone. Vous aussi devenez ultra connue en mangeant Danone. Les médias nourrissent leur moutons et proposent même du rab. Oh! Ma machine à laver est en panne! C’est normal, vous n’utilisez pas la lessive X. Grâce à la lessive X, votre machine ne tombera jamais en panne et votre lessive sera toujours propre. Le géant capitaliste a les médias pour fer de lance. Soudain, pub pour Interflora. Alors qu’il vient de se fâcher avec sa femme, il décide de lui envoyer un bouquet de fleurs de chez Interflora pour se réconcilier. Il téléphone et une seconde après, le bouquet arrive. Deux secondes après, le couple est réuni avec un sourire niais sur le visage.
Et si je lui achetai des fleurs? Qu’est ce que je raconte. Achetez des fleurs à qui? A Carla tiens. Pourquoi? Comme ça ta patronne ne te fera plus chier. Bonne réponse. J’ai toujours les bonnes solutions.
J’ai encore le numéro prononcé en chœur par le couple Interflora qui résonne dans ma tête. Je prends le téléphone et compose le numéro. A l’époque on avait pas encore tenté de m’étrangler avec le cordon de celui-ci. Une sonnerie. Musique d’attente. Six minutes après, j’ai enfin une standardiste.
_ Interflora bonjour, vous désirez envoyer un bouquet à quelqu’un qui vous est cher?
C’est le but de mon appel, sauf que je désire envoyer un bouquet de fleur à quelqu’un qui m’est inconnue.
_ Oui.
_ Quel type de fleurs?
Être standardiste c’est un peu comme travailler à la chaîne. Toujours les mêmes paroles. Presque toujours les mêmes réponses. Quel type de fleurs? Des roses? Oui, des roses. Déjà parce que c’est la seule fleur que je connaisse et qu’en plus ça me fait penser à un terme médical. L’hydrophobique de Rose. Un tétanos provoqué par une plaie de la face et qui peut entraîner une paralysie faciale.
_ Des roses.
_ Très bien, puis-je avoir votre nom, prénom et numéro de carte bleue ainsi que l’adresse de la personne à qui vous désirez envoyer vos fleurs de chez Interflora?
Je m’acquitte de ces formalités. Ne connaissant pas l’adresse de Carla, je décide d’envoyer le bouquet à ma patronne.
_ Vous désirez ajouter un petit mot avec?
Décidément elle ne sait parler qu’en question.
_ Oui, si vous pouviez marquer: transmettez à votre fille.
_ Très bien, votre commande a bien été effectué, nous vous remercions d’avoir appeler Interflora.
Je raccroche avant qu’elle ne puisse prononcer au revoir. Elle n’a dit que trois fois Interflora dans la discussion. Peut beaucoup mieux faire.
C’est pas tout ça, mais j’ai faim moi. Ouverture du frigo. D’un côté tout les aliments à réchauffer, de l’autre, toutes les bières mises au frais. Escalope de dinde et patates déjà cuites au menu. Il me suffit de mettre tout ça une minute au micro-onde et je pourrai me substanter avant d’aller me coucher. Belle invention le micro-onde.
Marrant, ce soir j’ai rêvé que je retournais au collège et que tout mes anciens profs me gueulaient dessus. Pourquoi? Encore une réponse que détient mon cerveau.
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fada
c´est koi?
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Gein
désoler gein elle c´est trouver quelqu´un d´autre
:rie2: ![]()
lis tu va voir
-3-
Le lendemain je retourne au bureau. Tiens, ma patronne n’est pas à son poste. Par contre un collègue m’attend à mon bureau.
_ Georges veut te voir immédiatement.
Ah? J’ai été si nul que ça lors de la conférence?
J’obéis et je vais donc dans le bureau du patron de ma patronne. Margareth et Georges m’y attendent. C’est Georges qui parle le premier.
_ Mme Laurier ici présente à porter plainte à votre sujet concernant un harcèlement sexuel.
Pourquoi Margareth a t-elle porter plainte contre moi?
_ Je ne suis pas au courant, de quoi voulez-vous parler?
Margareth me répond avec une voix d’hystérique que je ne lui connaissais pas.
_ Ne faîte pas votre innocent, vous savez très bien de quoi je parle, espèce de… de… i… i…
Elle bafouille et perd ses mots. Ça devait être une insulte. Commençant par i. Voyons, Ingrat? Idiot? Imbécile? Si elle s’y connaît en médecine elle pourrait m’insulter d’ichor. Dus pus de mauvaise nature, sanguinolent et fétide.
_ … Ignoble personnage!
Ah? J’y avais pas pensé à celui-là. Georges étant mon seul interlocuteur ayant un comportement normal, je préfère lui adresser la parole plutôt qu’à Margareth.
_ De quoi voulez-vous parler au juste?
_ Hier soir, Mme Laurier a reçu chez elle un bouquet de roses.
Normal, c’est moi qui le lui ai envoyé.
_ Celui-ci contenait un message à caractère sexuel, voir sado-masochiste.
Transmettez à votre fille. Message sado-masochiste?
_ Je ne comprends pas…
_ C’est bien vous qui avez envoyé ces fleurs?
_ Oui, mais…
L’hystérique reprend du service.
_ Vous voyez, il avoue!
_ Mme Laurier souhait que vous démissionnez de cette entreprise, sous peine de poursuite judiciaire.
_ Mais…
Margareth ne me laisse vraiment pas le temps d’en placer une.
_ Je vous conseille de quitter cette entreprise si vous ne voulez pas vous retrouver sur la paille.
La discussion dure encore deux minutes avant que je cède et pose ma démission. Pas d’indemnité de licenciement en plus.
Avec toutes mes affaires entassées dans un petit carton que je porte sous le bras, j’ai l’impression d’être Fox Mulder quittant son bureau au sous-sol du FBI. Il ne me manque que le poster « I want to believe » pour parachever ma ressemblance.
Je pars, sans dire un mot. Je retourne chez moi. A pied. Avec mon carton sous le bras. Message sado-masochiste? Qu’est ce que c’est que ces conneries? En fait, Interflora avait inversé mon message avec un autre. Apparemment un pervers.
Je passe devant la boîte de nuit. Je déteste les boîtes de nuit. Je déteste Interflora aussi. Je crois que c’est à partir de ce moment là que ma vie s’assombrit.
Je sombre. Désespoir. Détresse. Douleur. Comment dire les sensations que j’éprouve sans utiliser ces trois D? Immersion. La suite de ma vie n’est que souffrances et ténèbres. Jusqu’au jour où je rencontre la lumière.
-4-
Je suis assis devant un mahousse avachi sur son fauteuil en roulettes qui flanche sous son poids. Son métier c’est de trouver des métiers à des gens cherchant un métier. Je suis à l’agence nationale pour l’emploi. Je recherche n’importe quel métier. Tous, sauf chez Interflora.
_ Désolé, nous n’avons rien pour vous.
Même comme éboueur ils ne veulent pas de moi. Personne ne veut de moi. Je me contente donc d’être une ordure. Si vous me cherchez je suis tout en bas de l’échelle. La personne insignifiante à qui personne ne s’intéresse.
Je ressors dépité. Une main se pose sur mon épaule. Je me retourne. Un mec. Un peu plus d’un mètre quatre-vingt, yeux gris, cheveux blonds coupés en brosse.
_ Alors, tu cherches un emploi?
Quelle déduction. Quelqu’un qui ressort de l’agence avec une tête marquée par le désespoir. Forcement que je recherches du boulot.
_ En effet.
_ Si tu veux je peux te mettre en contact avec le patron d’une chambre funéraire. Il recherche un embaumeur. En plus tu as la gueule de l’emploi.
Il doit parler de mon visage effondré à cause de mes sept jours d’insomnie d’affilées sans doute.. Le comique de situation me dépasse.
_ Alors, ça t’intéresse?
Un peu que ça m’intéresse, ça faisait neuf jours que j’allais à l’agence nationale pour l’emploi sans rien trouver, et lui me propose un job alors que je ne le connais même pas. Il me dit de le suivre. Je suis docile et le suis. Il me dit de monter dans son Audi. J’obéis toujours.
Même s’il recherche à me kidnapper ou à me tuer, je m’en fous. Je n’ai plus rien à perdre. Lénine s’est appuyé sur les prolétaires pour faire sa révolution. Les prolétaires n’avaient rien à perdre. On a vu le résultat. Lorsque je dis cela à mon sauveur, sa réponse avait quelque chose de mystérieuse. J’emplois le mot sauveur car soit il me trouve un boulot qui me permettrai de remonter l’échelle de la société. Soit il me tue et me libère des trois D. Le désespoir, la détresse, la douleur. Tout cela disparaît avec une balle dans la tête. La délivrance.
_ Tu veux faire une révolution? Moi je suis partant.
Je ne réponds pas. Mon sauveur doit certainement être un révolutionnaire idéaliste anarchiste.
Le cœur expulse le sang à un kilomètre par heure dans l’aorte. Nous avancions soixante fois plus vite sur l’artère principale de la ville qui pour une fois n’était pas encombrée. Lorsque nous arrivons en zone de rurbanisation, mon interlocuteur prend la parole.
_ Si tu veux obtenir du napalm, mélange de l’essence et du jus de fruit surgelé à parts égales. Tu peux aussi mélanger l’essence à du Coca light ou de la litière à chat réduite en poussière dans l’essence de façon à obtenir une bouillie épaisse.
Je n’avais pas de chat, juste un chien, un chien du nom de Providence. Il pense m’impressionner en me disant comment faire du napalm, mais j’ai de quoi riposter.
_ Le syndrome malin secondaire de Marfan est un syndrome de la plus haute gravité survenant au décours d’une angine diphtérique. Il est caractérisé par la pâleur, l’asthénie, une paralysie du voile du palais, un collapsus cardio-vasculaire avec dilatation du cœur et hypertrophie du foie, une albuminurie avec azotémie. Il évolue vers la mort en une dizaine de jours.
Je connaissais le dictionnaire des termes médicaux par cœur, il ne pouvait pas me battre.
_ Prends de l’acide nitrique fumant concentré à quatre-vingt-dix-huit pour cent et ajoute trois fois sa dose d’acide sulfurique. Faut opérer dans un bain de glace. Ensuite tu ajoutes la glycérine goutte à goutte et tu obtiens de la nitroglycérine. Mélange ça à de la sciure ou de la paraffine pour avoir un petit explosif bien sympa.
Demandez lui n’importe quoi sur la fabrication d’explosifs artisanaux, il pourra vous répondre.
_ L’hétéresthésie est un trouble de la sensibilité provoqué par la commotion de la moelle cervicale. Il consiste dans la modification de la qualité des sensations perçues dans les segments radiculaires qui composent le territoire cutané sous-lésionnel.
Demandez moi n’importe quoi sur les maladies et les termes médicaux, je pourrais vous répondre.
Je viens de me rendre compte de l’ampleur de notre conversation. Nous sommes tout les deux fous. L’un connaît les explosifs, l’autre les termes de médecine. C’est incorrect de parler de ça, ça ne se fait pas. C’est pourtant ce que j’ai apprécié le plus lors de notre dialogue. Avec lui je pourrai parler de lobotomie, de plasmocytaire, de divers symptômes et de diverses névralgies. Et lui pourra me parler de l’utilisation d’une bombe de réfrigérant pour faire exploser les serrures.
La conversation est terminée. Nous sommes arrivés à la chambre funéraire. J’ai cependant une dernière question.
_ Comment t’appelles-tu?
J’ai l’impression qu’il ne va pas répondre, mais finalement il me dit:
_ Whitness.
Et il remonte l’allée pour rentrer dans le bâtiment. Il ne m’avait pas kidnapper. Il ne m’avait pas tuer. Il m’avait tiré des ténèbres.
Whiteness avec un e entre le t et le n signifie blancheur. Ce nom ne lui convenait pas car le blanc symbolise la pureté. Or, un être pur ne parle pas d’explosifs fait maison. Cependant, sa peau est aussi blanche qu’un de ces cachets que je prenais pour calmer mes maux de tête après une conférence. Sa peau ressemble un peu à la mienne, sauf que la mienne a de grosses cernes autour des yeux. Deuxièmement, Whitness est la tache blanche qui a glissé dans mes ténèbres pour s’agrandir en absorbant toute l’obscurité. Petite tache blanche deviendra un grand espace de lumière. Whitness est ma lumière. Whitness m’a permis de grimper les échelons de l’échelle et de ne plus être un personnage insignifiant.
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gein merki ![]()
5-
J’avance paisiblement dans les rues. La chambre funéraire pour laquelle je travaille désormais se trouve à quatorze minutes de marche de chez moi. N’ayant pas de voiture, j’y vais à pied. Grâce à Whitness j’ai eu un nouveau métier. Il a juste fallu dire à Bob, le patron de la chambre funéraire, mon curriculum vitae. Après mon bac, j’ai fait une année de médecine. J’étais un excellent élève, mais j’ai dû arrêter faute d’argent. Mes parents m’avaient coupé les vivres depuis longtemps. J’ai ensuite trouvé un job dans un restaurant miteux. Plongeur. J’ai fait quelques économies et j’ai pris des cours de compta via Internet. Ces cours m’ont permis de travailler dans une entreprise. Vous connaissez la suite ? J’ai été viré à cause d’Interflora.
Bon, j’avançais paisiblement dans la rue, lorsque quelqu’un heurte violemment mon épaule. Avant même que je comprenne ce qui se passe, je sens le métal froid d’un canon de flingue appuyé sur ma tempe. Mon cœur bat plus fort dans ma poitrine. C’est ça la panique ? Voyons si je contrôle encore ma voix.
_ Que voulez-vous ?
Le son de ma voix ne tremble pas d’un iota.
_ J’veux ton fric connard.
Lui a un timbre frisant l’hystérie. Évidemment, je ne possède rien sur moi. Pas d’argent, pas de cheques, pas de cartes bancaires. Je sais même pas si j’ai mes papiers. Pourquoi faut-il que ça tombe sur moi ? Un malade agresse quelqu’un dans la rue, et ce quelqu’un c’est moi, évidemment.
_ Aboule le fric.
Je suis sur le point de lui dire que je n’ai rien lorsqu’un nouveau flingue apparaît. Celui d’un flic. Il se trouve en face de moi et profère des sommations.
_ Arrêtez, j’ai l’autorisation d’ouvrir le feu.
Il a plutôt pas intérêt de tirer, l’autre se servirait de moi comme bouclier humain.
_ Merde, saloperie de keuf.
Et l’autre enlève le canon de ma tempe et se met à courir. Tout en courant, il se retourne et tire au pif dans l’espoir de toucher le policier. Le seul hic c’est que je me trouve devant le flic.
Je me retrouve à terre avec une auréole de sang sur ma chemise blanche fraîchement lavée.
_ Aïe, j’ai mal…
Ce fut la dernière chose que j’ai prononcée. C’est pas que je sois mort, mais là, je m’évanouis, sans doute à cause de la douleur.
-6-
Je me réveillai sur un lit d’hôpital. Ce qui est assez logique en soi vu que j’ai reçu une balle. J’appris que cette balle m’avait transpercé de part en part, tranchant au passage la veine axillaire, évitant de peu l’artère. Plus de peur que de mal m’avait dit le docteur. Le problème c’est que je n’ai pas eu peur.
Vous pourrez toujours dire que je suis pas normal, je m’en contrefous de votre opinion. Si être normal veut dire paniquer à chaque problème, je préfère être anormal. D’ailleurs, qu’est ce que la normalité? Ne serait ce pas une conformité de masse acquis au cours des siècles? Avoir un comportement normal c’est être poli et sociable, non? Quand est-il des associables? Les êtres normaux, c’est à dire sociable et poli les rejètent, les excluent. Ne serait ce pas une forme de racisme? Sauf que celui-ci ne concerne pas les races, mais le comportement.
_ Bip, bip, bip
Ce bruit constant me fait sortir de mes pensées. Qu’est ce? A ton avis, tu es sur un lit d’hôpital, ça ne peut être que le cardiographe. Il y a effectivement un cardiographe, personne d’autre n’est présent dans la pièce. Le cardiographe, ça me donne une idée.
_ Biiiiiiip
En tirant sur un simple je me fais électroniquement mort. Mon cœur est électroniquement arrêté. Le cardiogramme n’est qu’une ligne droite. Je ferme les yeux et respire plus lentement en essayant de ne pas soulever ma poitrine lorsque celle-ci s’emplit de molécule d’oxygène, d’hydrogène et d’azote. J’entends la portes de ma chambre s’ouvrir brutalement et une voix féminine s’éleva.
_ Vite, faîtes lui un massage cardiaque.
Avant que quelqu’un puisse mettre ses pattes sur moi, je soulève mes paupières.
_ Bouh! M’écriais-je.
Il y avait trois personnes dans la pièce. Tous me regarder et je ne voyais aucun amusement dans leur regard.
_ Si vous croyez être le premier à faire ça, vous vous trompez.
On dit que je suis austère, mais dés que j’essaye de faire une blague j’inspire, j’incarne la pitié. Je suis si pitoyable que ça? Moi j’ai trouvé ça drôle en tout cas. Mais je dois être le seul apparemment.
On me rebranche le cardiographe et le bip-bip reprend, toujours aussi constant. En me tournant vers la droite, j’aperçois un gros bandage, tellement gros qu’il recouvre l’épaule jusqu’au coude. J’essaye de bouger cette épaule momifiée mais celle-ci refuse de faire quoi que ce soit. Bien serré ce bandage, mais bon, du moment que ça ne gêne pas la circulation du sang, moi ça ne me convient.
Peu avant le dîner j’ai une visite, enfin. C’est Whitness. Il m’adresse un salut avec un signe de la tête.
_ Tu sais que tu n’avais pas tes papiers sur toi. Ni d’argent d’ailleurs. Quelqu’un a payé pour toi.
Ah? Whitness aurait-il payé mes frais d’hospitalisation?
_ Qui est-ce?
_ Le flic que t’as sauvé.
Sauver est un grand mot, je me suis juste attiré la balle à sa place, je m’en serais passé.
_ Sympa.
A la gueule de Whitness, il y a un truc qui cloche.
_ Pas si sympa que ça justement. Il a parlé d’un éventuel remboursement de ta part.
C’est vrai que là, c’est beaucoup moins bien, mais bon, je dois avoir les moyens de le rembourser. Cependant Whitness semble avoir une autre idée en tête.
_ Mais t’as rien à craindre. Tu ne débourseras pas un sou pour rembourser ce flic. Je te sortirai d’ici avant qu’il ne vienne réclamer son argent.
Qu’est ce qu’il a en tête? Il n’a pas le temps de m’en dire plus car une infirmière vient dans ma chambre et annonce à Whitness que les visites sont terminées.
Il obéit et sort après avoir lancé un salut. Whitness se retrouve alors remplacer par un plateau repas. J’essaye d’avaler le plus de nourriture possible avec ma main gauche. Le problème c’est que je suis droitier et mon invalidité passagère ne me permet d’utiliser cette main. A chaque cuillerée la moitié de ce qui se veut être des brocolis tombe sur le plateau. Et aucune personne ne me vient en aide. C’est ainsi que l’on traite ceux qui joue avec le cardiographe.
Il doit être dans les vingt-deux heures. Les infirmières du jour passent le relais à celles de la nuit. Quelqu’un en profite pour rentrer dans ma chambre. C’est Whitness. Qu’est ce qu’il fout ici? Il se penche sur moi et me chuchote au creux de l’oreille.
_ Prends de l’acide nitrique fumant concentré à quatre-vingt-dix-huit pour cent et ajoute trois fois sa dose d’acide sulfurique. Faut opérer dans un bain de glace. Ensuite tu ajoutes la glycérine goutte à goutte et tu obtiens de la nitroglycérine. Mélange ça à de la sciure ou de la paraffine pour avoir un petit explosif bien sympa.
Ça, il me l’avait déjà dit. Puis il se met à décompter.
_ 5
_ 4
_ 3
_ 2
_ 1...
de rien ma nono^^
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-7-
La déflagration balaye le couloir t l’onde de choc fait sortir ma porte de ses gonds. Celle-ci s’écrase au sol, juste devant mon lit. Il y a des cris, une alarme de la fumée et des flammes. Les flammes en question dansent devant ma porte, empêchant toutes entrées et toutes sorties. Les volutes de fumée s’accumulent au plafond. Whitness ouvre la fenêtre. Pas pour évacuer la fumée ni pour appeler à l’aide, mais pour nous évacuer nous.
Whitness me prend dans ses bras et me transporte comme ci j’étais un fétu de pailles. Tout les fils qui me reliaient à des machines et à l’intraveineuse me sont arrachés.
_ Biiiiiiip.
Me revoilà de nouveau électroniquement mort. Ensuite Whitness me passe par la fenêtre et me tend au dessus du vide. Il va quand même pas me jeter.
_ Tu vas pas…
_ Ne te plains pas, on est qu’au premier étage.
Et il me lâche. Je m’apprête à hurler lorsque mon dos heurte le sol. Je suis déjà arrivé? Ça a été plus rapide que ce que je pensai.
Mon atterrissage m’a donné l’impression d’avoir reçu un coup de batte de base-ball dans le dos. Et dieu sait combien j’en ai reçu. Le rejet des autres se manifestait par ce genre d’acte violent. Je hurle. Pas de panique comme je m’apprit à le faire, mais de douleur. Je suis sur que cette chute m’a brisé quelques vertèbres dorsales. J’ai mal.
Whitness atterrit à côté de moi avec une grâce féline.
_ Putain, t’es cinglé.
Je lui dit ma phrase tout en essayant de me relever, mais les vertèbres brisées m’en empêche. J’hurle une nouvelle fois. Whitness se penche vers moi.
_ T’as l’air de souffrir vieux.
Sans blague.
_ Je crois que j’ai quelque chose pour toi.
Il fouille dans un sac qui pend à ses côtés. Il l’avait avant l’explosion? Je ne m’en souviens plus. Quoiqu’il en soit, il en sort une seringue. De la morphine.
_ T’as trouvé ça où?
_ A l’hôpital tiens!
_ Mais les sorties de ce produit sont surveillé.
Whitness m’enfonce l’aiguille profondément dans l’aine sans savoir si il y a une artère ou une veine.
_ Pose pas trop de questions, l’important c’est ce que je calme ta douleur, non?
L’injection de morphine me rappelle un ami morphinomane. Son habitude morbide l’a mené à la mort. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. Vous connaissez la suite…
La douleur a beau être un peu dissipée, il m’est incapable de me lever. Whitness me prend une nouvelle dans ses bras, touchant au passage les points de douleur de mon dos. Je gémis et étouffe un cri.
_ Tais toi sinon on va se faire repérer, déjà qu’on a l’air assez suspect comme ça.
Plus facile à dire qu’à faire, c’est pas lui qui souffre.
On longe le mur de l’hôpital et on arrive sur le parking. L’entrée du bâtiment et juste sur notre droite. Il y a deux camions de pompier arrosant l’étage de leur mousse carbonique. A moins que ce ne soit de l’eau. J’ai trop mal pour faire une observation plus intensive. Un groupe de badauds, de patients évacués, de médecins, d’infirmières et de visiteurs était attroupé à l’entrée. Un incendie est une magnifique diversion pour s’enfuir d’un bâtiment, mais aussi pour voler une voiture.
Whitness repéra une voiture abandonnée par son propriétaire. Celui-ci n’avait pas pris la peine de le verrouiller. La clef était même dessus. Le propriétaire de cette voiture devait certainement être paniqué car un de ses proches devait être hospitalisé dans le bâtiment. Whitness ouvrit la portière arrière et me jeta négligemment dans le véhicule. Mon dos heurta la banquette et je souffris de nouveau.
_ Argh…
Ça c’est moi gémissant de douleur.
_ Silence.
Ça c’est Whitness m’intimidant.
_ Clac.
Ça c’est la porte se refermant.
La voiture sort en trombe du parking sans que son propriétaire ne s’en aperçoive.
_ Où est passé ton Audi?
Ma première remarque orale depuis ma chute.
_ Ce n’était pas tout à fait mon Audi.
Whitness savait faire des explosifs, mais il savait également voler des bagnoles. Cela ne me surprends guère.
_ Tu me conduis où?
_ Surprise.
Mystère, encore et toujours. Whitness m’a appris qu’il fallait s’attendre à tout. Au pire comme au meilleur. Surtout au pire quand Whitness se trouve au volant d’une voiture volée dans un parking d’un hôpital auquel il a fait explosé le premier étage. Je crains donc le pire.
-8-
Et la voiture arriva devant un bâtiment. Ses phares balayèrent la façade de celui-ci. C’était un entrepôt. Nous nous garâmes juste bien que le stationnement y était interdit. La rue était déserte, aucun être humain à l’horizon. Hormis nous bien sur. La porte arrière s’ouvrit, je parvins à m’extirper hors de la bagnole. Mon dos me faisait toujours mal et il me fallut m’aider du panneau de custode pour me redresser.
Whitness s’avance vers la porte du dépôt. Celle-ci est composée de deux lourds battants en bois. Un solide cadenas la verrouille. Whitness avance de quatre pas tandis que moi je n’en fais qu’un. J’avance comme un vieillard sénile, la main sur mon dos courbé. Whitness arrive sans surprise premier et il ouvre le cadenas avec une petite clé métallique. Les deux battants s’écartent pour laisser place à une immense salle, vide de tout mobilier hormis une table sur laquelle est exposé divers produits. Acide nitrique, acide sulfurique, glycérine, coton, sels de magnésie, jerrican d’essence, cannette de coca light. L’attirail parfait du petit terroriste. J’avais oublié un objet, un Beretta neuf millimètres.
Il y avait une autre personne dans l’entrepôt. Une personne du sexe féminin. Je ne l’aperçus pas au premier abord car elle était plongée dans la pénombre. Mais lorsqu’elle sortit des ténèbres, je pus la voir. A peu prés un mètre soixante-dix pour cinquante kilos. Chevelure rousse tombant jusqu’aux épaules. Petites lèvres charnues, nez ténu, yeux marrons dans lesquels brillent une lueur maligne. Elle était vêtu d’un jean bleu et d’une chemise blanche d’homme mettant en avant ses formes plutôt avantageuses.
Dès que je croisai son regard, quelque chose en moi changea. L’amour. Ce continent inconnu que j’aborde. Où plutôt c’est ce continent inconnu qui m’a abordé, parce que moi, je n’ai rien demandé. Amour. Vous savez, ce mot signifiant une affection instantanée pour une personne de l’autre sexe. Certains disent que l’amour est le langage du cœur. Foutaise. Le cœur n’est qu’un instrument de notre corps, nous permettant de vivre en pompant le sang. L’amour provient comme presque toutes choses de notre cerveau. Le gros chou-fleur rosâtre qui trouve comique la mort d’une personne. Vivement que mes activités cérébrales cessent, mon cerveau ne pourra plus me contrôler et ne pourra plus me faire faire des choses que moi-même je n’arrive pas à expliquer. Le cerveau mort, je serai libre.
Bref, en voyant cette femme j’avais envie d’être courageux, fidèle, sincère, tout ça pour elle. Je serai prêt au plus grand sacrifice pour elle. Sans même m’avoir dit un mot, elle a déjà le contrôle de mon corps et de mon esprit. Elle peut me manipuler comme elle le souhaite. Ses lèvres s’entrouvrent pour déverser quelques paroles.
_ Beau costume.
Une voix douce et pénétrante. De quel costume parle t-elle? Je m’examine et constate que je porte la blouse blanche de l’hôpital.
_ Notre ami a dû se presser pour nous rejoindre.
Whitness répond à ma place, chose qui deviendra une habitude par la suite.
_ Il est plutôt mignon en tout cas.
Mignon? Moi? Je crois bien que c’est la première fille qui me fasse un compliment. Hormis peut être ma dentiste qui avait dit un jour que j’avais de belles dents bien entretenues et bien alignées. Faut dire aussi que je ne rencontre pas beaucoup de filles.
_ Je ne suis pas si beau que ça.
Ma voix tremblote, je suis à la limite du bégaiement. Elle s’approche de moi. J’ai envie de reculer mais je suis comme paralysé.
_ Modeste en plus, je t’aimes bien petit.
Petit? Un vent de révolte commence à souffler à l’intérieur de moi. Je ne suis pas petit. La rébellion s’arrête dés que je croise les yeux de la déesse. Déesse est le mot employé car je fais déjà le culte d’elle. Je tourne prestement la tête, intimidé. Mon regard accroche celui de Whitness. Celui-ci a un grand sourire aux lèvres.
_ Qu’est ce qu’il y a?
Ne l’ayant jamais vu sourire auparavant, j’étais en droit de me poser des questions.
_ Rien, rien du tout.
Qu’est ce qui l’avait tellement fait sourire?
_ Tu es sur?
A force de persister, il me répondra peut être. Ce ne fut cependant pas le cas.
_ Oui, il n’y a rien. Bon, c’est pas tout ça, mais nous avons à faire.
Le voilà qui change de sujet de façon à ce qu’on ne revienne plus dessus. Je le suis dans le nouveau sujet que nous allons aborder.
_ Et qu’est ce que nous allons faire?
_ Te venger.
Me venger, mais de quoi? Il vit ma mine étonnée et me répondit avant même que je ne pose la question.
_ Interflora, tu te souviens?
Bien sur que je m’en souviens, cette saleté d’entreprise qui me vira de mon poste. J’acquiesçai.
_ Dans ce cas, voilà le topo. Nous avons toute la nuit et la journée de demain pour fabriquer de la nitroglycérine. Cette nitroglycérine sera ensuite mélangé aux cotons et aux sels minéraux.
Il me dit ça en me montrant les éléments concernés sur la table.
_ Et le coca light on le mélange à l’essence pour en faire du napalm.
J’avais bien appris la leçon.
_ Non, le coca c’est pour boire quand tu auras soif, et l’essence était le seul objet qui se trouvait dans cet entrepôt lorsque nous l’avons emprunté.
Avouez que vu comme ça, c’est beaucoup moins marrant.
La déesse s’avança et la voix douce et pénétrante vibra à l’intérieur de moi.
_ Et lui, il ne se change pas?
Whitness m’observa.
_ C’est vrai qu’il est pas très sortable, je vais me débrouiller pour lui trouver des vêtements portables.
Sur ce, Whitness alla vers la sortie de l’entrepôt, mais la déesse l’interrompit.
_ Attends, on a pas de glace pour faire de la nitro.
_ T’inquiètes je vais te trouver ça aussi.
Cette fois il partit, me laissant seul avec elle.
Gein
Ne croit pas qu´elle reviendra avec de si peu compliment la force n´ai pas avec toi jeune drageur si toi avoir besoin de conseil voici comment me consulter: shadowman56@hotmail.fr