Florentino Perez espère renouveler dimanche son bail à la présidence du Real Madrid, qu´il exerce depuis 2000, en comptant que le renouveau global, qu´il a impulsé en quatre ans, fera oublier la saison blanche et sèche que vient de vivre le club espagnol.
Perez est donné favori d´un scrutin auquel 87 984 socios sont appelés à participer et dont le résultat ne devrait être connu que tard dans la soirée, voire dans la nuit de dimanche à lundi.
Si Perez s´efforce d´occulter l´année 2003-2004, sans le moindre titre, ses rivaux, Lorenzo Sanz, également son prédécesseur ( 1995-2000), et Arturo Baldasano, s´y réfèrent au contraire à l´envi.
Mais Florentino Perez a rappelé avoir épongé l´énorme dette du Real en vendant le Centre d´entraînement du club pour en construire un neuf en banlieue, une opération immobilière aussi judicieuse que juteuse. Il porte également à son crédit d´avoir fait venir Luis Figo, Zinédine Zidane, Ronaldo et David Beckham. Une constellation de recrues qui a valu au club son surnom de Galacticos. Et si le palmarès ne s´est pas garni l´an dernier, le Real a tout de même remporté, sous la présidence de Perez, deux Championnats ( 2001, 2003) et deux Ligues des champions ( 2000, 2002).
«A cause de lui et de son comportement arrogant, nous sommes devenus le club le plus détesté d´Espagne», a cependant accusé Baldasano à qui bien peu donnent des chances d´être élu. «Il faut arrêter le marketing pour revenir au sport. Florentino Perez a altéré l´image du club», a affirmé Sanz, donné battu dans les estimations mais qui espère créer la surprise.
Face aux critiques, Perez s´est déjà séparé de l´entraîneur Carlos Queiroz et du directeur sportif Jorge Valdano. Pour diriger l´équipe, il a engagé José Antonio Camacho, idole des supporters du Real.
La campagne électorale, digne d´une scrutin politique classique, avec débat radiophonique à la clé, n´a pas ménagé les promesses. Baldasano a juré de recruter le jeune attaquant anglais Wayne Rooney, l´une des révélations de l´Euro 2004. Sanz a pour sa part assuré avoir l´accord du Tchèque Milan Baros, meilleur buteur de ce même Euro, du ballon d´or africain Samuel Eto´o et du Portugais Maniche.
Baldasano et Sanz ont tenté de faire reporter le scrutin et de faire annuler les quelque 11 000 votes par correspondance déjà obtenus par Florentino Perez. La justice ne les a pas suivis. «Florentino a manipulé les élections. Si nous voulons être le meilleur club du monde, le vote par courrier ne peut pas être celui d´une foire ou d´un république bananière», a protesté Sanz. «Les urnes parleront en ma faveur», a sobrement rétorqué Perez.