Foot - Euro : FRA : Lizarazu n´a rien décidé
Bixente Lizarazu ignore encore s´il a disputé face à la Grèce son dernier match en équipe de France. Agé de 34 ans, le latéral gauche qui a débuté en sélection en novembre 1992 doit d´abord décider s´il continue sa carrière en club. Il esquisse ici une explication de l´échec des Bleus. « On idéalise le jeu de l´équipe de France », estime-t-il, tout en reconnaissant que le onze tricolore « n´a pas réussi à élever ( son) niveau de jeu ».
« Bixente Lizarazu, comment expliquez-vous cette défaite inattendue?
Contre la Grèce, j´ai espéré jusqu´au bout qu´on trouverait la faille car, à ce niveau là, ça se joue sur des détails. Nous n´avons pas d´excuses. Nous étions pourtant bien préparés, nous n´avions pas de problèmes de fraîcheur. Simplement, l´équipe n´a pas réussi à passer la vitesse supérieure. La Grèce, comme nos autres adversaires, connaissait nos qualités et avait les armes pour nous contrer. Il n´y a rien à ajouter, sinon notre tristesse et notre frustration.
Pendant tout cet Euro, la France a pourtant paru bénéficier d´un maximum de réussite. Est-ce votre avis ?
Notre niveau général a peut-être un peu baissé. Même si on a le talent, on n´a peut-être pas les mêmes qualités globales que par le passé. On n´a pas réussi à élever notre niveau de jeu. Le très haut niveau, c´est plus que du talent. C´est l´agressivité, la condition physique, une mayonnaise qui prend. Une fois que tu as tout gagné, on dit que l´équipe est magnifique, mais il faut se rendre compte qu´en 1998 et 2000, ça s´est joué à chaque fois à peu de choses. Cette fois aussi. C´est la règle impitoyable. D´autres grandes équipes ont été éliminées. Et le football évolue. La France n´est pas seule sur la planète foot.
C´est-à-dire ?
En Scandinavie, en République tchèque, il y a aujourd´hui du football de très haut niveau. Et la Grèce, dans un style très défensif, aussi à sa façon. On ne peut pas dire qu´ils aient fait une démonstration, mais voilà. Nous, on est observés partout et tout le monde sait comment on joue. Le jeu de l´équipe de France est le plus étudié. Il a fallu trouver des parades. Ça a marché pendant un certain temps, pas cette fois.
Pensez-vous que votre coup de gueule d´après France - Croatie ait servi à quelque chose ?
Il faut remettre les choses en place. Je souhaitais une analyse entre joueurs, une autocritique. Pas que d´autres extrapolent pour dire que c´était le bordel en équipe de France. Je voulais dire qu´on pouvait progresser. Point-barre. Entre nous, tout s´est bien passé, tout le monde était à l´écoute et ça se passait super bien avec le coach. Il faut savoir apprécier quand les joueurs tentent de faire leur autocritique.
Qu´aurait-il fallu faire de plus et de mieux ?
Je ne peux pas vous dire. Je n´en sais rien. Le savez-vous ?
Dit autrement : la France avait-elle les moyens de faire mieux ?
Je n´en sais rien non plus. Mais je répète qu´on idéalise le jeu de l´équipe de France. On est extrêmement perfectionniste, nous joueurs les premiers, probablement à tort. A ce niveau, ce n´est pas si simple.
Est-ce la fin d´un cycle, pour la génération qui avait débuté à l´Euro 96 ?
On verra. Il ne faut pas prendre de décision à chaud. Il faut d´abord digérer cette défaite. Chacun va avoir sa propre réflexion. On n´a pas eu que du caviar dans notre carrière. On a remporté les plus belles choses qu´on pouvait remporter, et comme tous les joueurs sans exception, on a connu la défaite. C´est le sport. Cette année, on aurait pu, mais on ne l´a pas fait.
Et pour vous personnellement ?
Je n´ai pris aucune décision sur mon avenir en club, alors je ne peux pas dire quoi que ce soit sur l´équipe de France. Je dois décider où je vais aller, et même d´ailleurs si je vais quelque part. Je veux prendre un peu de recul et je communiquerai en temps utile. Je vais prendre des vacances, me reposer et réfléchir à quelle orientation donner à ma carrière.
Comment voyez-vous l´avenir des Bleus ?
Ça ne nous appartient pas. »
Recueilli par Cé. Ro. à Lisbonne
SOURCE : LEQUIPE 