Avant de s’envoler le lendemain pour le Portugal, les Bleus seront au repos lundi. Jérôme Rothen saisira l’occasion pour faire l’aller-retour au siège du PSG et y signer pour quatre ans. Retour sur le déroulement de ce transfert suivi par le gaucher depuis Clairefontaine.
Mercredi 2 juin, Clairefontaine, 12h50 :
Jérôme Rothen, présent comme tous les Bleus au CTNF pour préparer l’Euro, en termine avec les journalistes de la presse écrite, une heure après son arrivée dans le grand chapiteau ré-aménagé pour l’occasion. Sur le chemin du retour vers le château, où l’attend le déjeuner de 13h, le Monégasque n’a plus quelques minutes pour nous éclairer davantage sur son transfert au PSG, imminent selon certaines sources.
« Le président ( Pierre Svara) m’a donné un bon de sortie, mais le coach ( Didier Deschamps) n’est pas trop chaud pour que je renforce la concurrence. Les deux parties devaient se rencontrer dimanche dernier, mais ça a été annulé au dernier moment. »
Vendredi 4 juin, Clairefontaine, 13h25 :
Philippe Tournon, attaché de presse des Bleus, donne le décompte à rebours final : « 5, 4, 3, 2, 1, 0. Messieurs les photographes, la séance est terminée, vous pouvez regagner la zone qui vous est réservée. » La photo officielle pour l’Euro terminée, les joueurs de l’équipe de France s’éparpillent sur la pelouse ensoleillée. Au passage de Jérôme Rothen, des journalistes – proches du gaucher – le chambrent gentiment. « Armand-Rothen, ça va faire bizarre au PSG d’avoir des ballons à gauche après Heinze-Sorin »
Rothen sourit timidement. Il aimerait bien pouvoir en rajouter sur le propos, mais n’est pas certain que son transfert se fasse encore. « On va voir, c’est toujours en discussions. J’espère que ça sera réglé avant l’Euro, mais qui sait… »
Samedi 5 juin, rédaction de Saint-Cloud, 16h56 :
Une dépêche AFP fait état d’un accord entre les dirigeants parisiens et monégasques. Le montant du transfert serait de l’ordre de 12 M€ et Rothen signerait lui-même le contrat de 4 ans dimanche après-midi.
Surpris par la nouvelle, dans la mesure où le Monégasque nous avait promis de nous tenir au courant en cas d’avancée dans le dossier, nous décidons de joindre le joueur.
Samedi 5 juin, 18h27, Jérôme Rothen au téléphone, depuis sa chambre de Clairefontaine :
Enfin disponible après le dernier entraînement des Bleus avant France-Ukraine, Jérôme Rothen semble surpris de ce que nous lui annonçons. « C’est possible car ils se rencontraient aujourd’hui. Maintenant, je n’en sais pas plus, j’espère que c’est fait, mais je ne peux pas le confirmer. Ca sera quatre ans dans tous les cas, mais je ne sais pas s’ils sont tombés d’accord. »
L’ancien Troyen attend maintenant des nouvelles de son agent pour pouvoir nous en dire plus. Une chose est sûre : Jérôme ne rejoindra pas Manchester United, malgré l’appel du pied des Red Devils. « J’ai donné ma priorité à Paris, donc mon intérêt n’est pas d’aller à Manchester. Je n’ai donc aucun intérêt à ce que mes agents disent oui à l’offre de Manchester. » Rendez-vous est pris une heure plus tard.
Samedi 5 juin, 19h34, Jérôme Rothen au téléphone, depuis sa chambre de Clairefontaine :
Jérôme Rothen vient d’avoir ses représentants en ligne. Il en sait enfin plus. « J’ai eu des nouvelles à 19h10. Ils sont encore en réunion, ils discutent. Ils ont aussi le dossier Edouard Cissé-José Pierre-Fanfan à traiter. J’espère qu’ils vont trouver un accord dans la soirée et, si ce n’est pas dans la soirée, j’espère demain. » Rothen nous parle de dimanche, mais on sent bien, au ton de sa voix, que si les choses pouvaient se finaliser samedi soir, il n’en serait que plus heureux. Sans toutefois s’enflammer. Comme beaucoup de joueur, l’ancien partenaire de Thierry Henry à Versailles, n’aime pas parler au futur d’un transfert pas encore acté à cent pour cent. Par superstition, probablement.
« Normalement, ça devient bon. Si ça a mis autant de temps, ce n’est pas pour dire non à la fin. Maintenant, peut-être que je me trompe. Je ne veux pas trop me réjouir avant, je me méfie de tout maintenant. En même temps, je préfère que la réunion dure, plutôt que ça dure cinq minutes et qu’ils me ferment la porte au nez. » Jérôme nous explique que l’équipe de France dîne à 20h30 et on convient d’un nouveau rendez-vous téléphonique après le repas.
Samedi 5 juin, 21h54, Jérôme Rothen au téléphone, depuis sa chambre de Clairefontaine :
Jérôme sait qu’il n’est plus qu’à un fil de pouvoir se dire officiellement parisien. Avant de se coucher, il a pris les dernières nouvelles de la réunion qui se tient à Lyon, à plusieurs centaine de kilomètres des Yvelines. « Les seuls qui sont présents sont Jeannot Werth et, peut-être, quelqu’un d’autre de Monaco, ainsi que Francis Graille pour le PSG. » Les nouvelles sont bonnes, indirectes au niveau de leur transmission, mais bonnes.
« J’ai eu mon agent ( Christophe Horlaville) il y a une demie-heure. Alain Roche est resté à Paris et a souvent Graille au téléphone, c’est lui qui tient au courant Christophe Horlaville. Ils vont réussir à trouver un terrain d’entente, mais pas avant demain. De toute façon, je ne signerai que lundi, car nous avons une après-midi de libre et j’en profiterai. » Toujours monégasque à ce moment de la soirée, Jérôme Rothen peut enfin se glisser dans ses draps. Bientôt, c’est le maillot du PSG qu’il enfilera.
Désolé pour la longueur...