Djiba, la belle jeunesse
Arrivé en droite ligne de Dakar, pratiquement rayé des cadres à cause d’une blessure récurrente au genou, le jeune Sénégalais voit aujourd’hui s’ouvrir une belle carrière devant lui après avoir saisi au bond la chance offerte par Fernandez début octobre à Lens.
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Michel Platini et d’autres ont coutume de dire que la meilleure école du football c’est la rue. Ce n’est pas Dino Djiba qui dira le contraire : habitué à jouer avec ses potes à Dakar sur toutes surfaces ( terre, sable, macadam, latérite) le jeune Sénégalais intègre à l’été 1999 le centre de formation de la capitale baptisé « Génération Foot ». Un mois plus tard, il quitte famille et amis pour mettre le cap sur Metz : « Mady Touré m’a vu et m’a conseillé de partir en France et à Metz après en avoir parlé avec M. De Taddeo. J’ai passé la première saison en moins de 15 ans avec Eric Leca mais lors de la seconde je me suis blessé au genou. On a tardé à trouver les raisons du mal jusqu’au moment où le diagnostic a établi qu’un morceau de cartilage se promenait dans le genou gauche. Il a fallu une intervention chirurgicale du professeur Jaeger à Strasbourg pour le remettre en place…mais mes soucis n’étaient pas terminés pour autant et j’ai bien cru que l’aventure allait en rester là. Fort heureusement Francis De Taddeo a insisté pour que le club me garde et, au fil du temps, les choses sont rentrées dans l’ordre et la saison dernière j’ai pu jouer régulièrement en 18 ans d’abord puis en CFA comme milieu de terrain. J’ai pu marquer quelques buts sur des frappes lointaines et de temps à autre, je m’entraînais avec les pros, d’abord une semaine sur quatre puis deux sur quatre. »
Le temps de trouver ses marques avec Jean Fernandez, lequel, confronté à diverses blessures, fait appel à lui lors du déplacement à Lens le 4 octobre. Et la France du foot découvre ce joueur venu de nulle part et qui impose d’emblée sa grande carcasse dans le milieu de terrain messin : « Tout au long de la semaine, j’étais avec les rouges, c’est-à-dire les titulaires possibles mais ce n’est que le jour du match que le coach me l’a annoncé officiellement. D’emblée j’ai ressenti une pression certaine mais tout le monde dans l’équipe m’a parlé et m’a aidé pour réaliser un bon match je crois. Rendez-vous compte, quelque temps avant je suivais les prestations de Bouba Diop, Bak, Rigo Song ou Daniel Moreira à la télé et là, d’un coup, d’un seul, je me retrouvais sur le terrain face à eux dans un stade où avaient pris place 35 000 spectateurs. Ce fut peut-être le plus dur à digérer pour moi, plutôt habitué à jouer devant quelques poignées de spectateurs. La victoire a rendu le souvenir encore plus beau et en plus j’ai échangé mon maillot avec Bouba Diop et je l’ai depuis accroché dans ma chambre ! »
Qu’imaginer de mieux en effet pour démarrer dans la carrière ? Mais Dino ne se croit pas pour autant arrivé, les résultats de l’équipe étant là pour lui rappeler que les temps sont durs et qu’il faudra travailler dur pour atteindre au but fixé, le maintien : « Comme tout le monde, cela me rend malheureux et j’espère que nous parviendrons à redresser le tir en deuxième partie de saison. Je crois très sincèrement que nous aurons un groupe plus homogène. » Sous-entendez le retour des blessés devrait contribuer à améliorer les résultats. Au détriment des jeunes ? « Je ne pensais même pas jouer et pour l’instant je ne fais que remplacer. Quand tout le monde sera revenu, je céderai ma place. » Dit ainsi, la vie paraît toute simple et la leçon pourrait bien être méditée par certains… « Je dois en effet encore progresser dans la récupération et gommer une certaine tendance à vouloir trop vite attaquer. Mon premier devoir est de défendre, le second de m’appliquer pour perdre moins de ballons. Tous les jours je travaille pour cela, tous les jours le coach me prodigue des conseils bienvenus. » Pour Dino, la reconnaissance n’est pas un vain mot comme celle qu’il exprime envers Francis De Taddeo : « Grâce à lui, j’ai pu surmonter les deux années de galère. Il m’a maintenu sa confiance. Sans lui, je pense que je ne serais plus à Metz. »
15/01/2004 | J.M-S / Le Feu Sacré
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