Très ému de retourner à Monaco »
29 janvier 2004 - au Parc des Princes - Rédaction Football365
Prêté au PSG par Monaco, José-Karl Pierre-Fanfan aura forcément un petit pincement au cœur en foulant la pelouse de Louis II, vendredi. Une émotion d’autant plus grande pour le défenseur parisien qu’il n’a pas oublié un match aller qui s’était très mal passé pour lui.
José Pierre-Fanfan, ce match contre Monaco constitue une rencontre très particulière pour vous ?
Oui, tout à fait. J’appartiens toujours à Monaco, je ne suis que prêté au PSG. C’est donc toujours un peu spécial, qui plus est avec ce qu’il s’est passé au match aller : l’accident avec « Shaba » ( Shabani Nonda), cette défaite… C’est donc avec plein d’émotion que je retourne là-bas. J’ai évacué, mais ça reste un moment fort de cette saison. C’est regrettable, c’est comme ça. Mais j’ai su tourner la page.
Quels seront les objectifs du PSG à Louis II ?
Surtout ne pas prendre de buts et ne pas perdre. Après, si nous pouvons un peu freiner les Monégasques dans leur course au titre, nous allons essayer de le faire. Nous savons que nos poursuivants sont à l’affût et allons surtout essayer de ne pas perdre pour poursuivre cette série de huit matchs sans défaite.
Vous donnez l’impression d’être plus focalisé sur ce qui se passe derrière que devant. Est-ce que ça ne traduit pas un manque d’ambition ?
Non, ce n’est pas un manque d’ambition mais nous n’avons tout simplement pas affiché cette saison la prétention de viser le titre. Maintenant, si nous pouvons justement voir plus haut, nous saurons le faire en cours de saison. Mais c’est un peu prématuré d’aller à Monaco la fleur au fusil, de s’enflammer et de croire que nous sommes les plus beaux car nous sommes sur une bonne série et que nous avons su battre Marseille là-bas. Si nous partons dans cet état d’esprit, nous en prendrons trois, comme Lyon.
Comment allez-vous aborder cette rencontre alors ?
Toujours dans le même état d’esprit et dans notre système actuel. Ensuite, il adviendra ce qu’il adviendra, tout simplement. Du bluff ? Non, pas du tout, nous n’avons jamais eu en début de saison la prétention de jouer le titre. Notre objectif est de terminer à une place européenne. Si nous pouvons l’accrocher, ce sera vraiment un cadeau rêvé. Petit à petit, nous faisons notre chemin.
Et vous verrez par la suite…
Oui, si à dix journées de la fin nous sommes encore en course pour le titre, nous jouerons le coup à fond. Ce n’est pas un manque d’ambition mais nous n’avons pas la prétention d’aller à Monaco pour gagner. Car à côté de ça, nous sommes conscients qu’Auxerre et Sochaux reviennent en force et que nous pouvons nous retrouver quatrièmes avec un mauvais résultat. Passer de la quatrième à la deuxième place, ça la mettrait un peu mauvaise. Donc nous sommes méfiants.
« Les Monégasques vont démarrer pied au plancher »
Mais vous reconnaissez que le PSG a beaucoup progressé en quelques mois ?
Oui, c’est clair. Ce ne sera pas le même match qu’à l’aller, où il y avait une équipe de Monaco qui était en pleine bourre, alors que nous étions en plein doute et en pleine restructuration à tous les niveaux. Le PSG dispose aujourd’hui d’une certaine quiétude, nous avons su grandir et évoluer. Une sérénité se dégage du groupe désormais et le match aura une toute autre physionomie.
Redoutez-vous la « très chaude » ambiance de Louis II ?
( il se marre) Oui, nous la redoutons énormément. Nous avons peur de nous endormir ou, en tout cas, d’être cueillis à froid. Nous savons que les Monégasques sont prêts à ce genre d’ambiance, alors que nous avons l’habitude des stades assez bouillonnants et des ambiances assez fortes. Monaco, c’est le calme plat, même s’il devrait y avoir du monde dans le stade. Louis II est un stade difficile au niveau de l’ambiance. Il faudra se méfier et savoir que les Monégasques vont démarrer pied au plancher.
C’est le genre de match plus évident à jouer à l’extérieur, où vous êtes très brillants ?
Oui, c’est vrai que nous avons plus de facilités à jouer à l’extérieur. Les stats parlent pour nous. Nous nous débrouillons très bien en déplacement. Ce sera à nous de confirmer à Louis II.
Vous avez joué à Monaco et Paris. Où vous sentez-vous le plus à l’aise ?
En tant que joueur, je préfère Paris ( rires). Car j’y suis bien et j’y joue. Maintenant, Monaco, en qualités de vie, c’est indéniable. Il n’y a pas mieux en France car on vit dans une bulle. C’est extraordinaire. Après, à Paris, on a tout ce qu’on veux et, niveau footbalistique, c’est très bien. Mon objectif pour la saison prochaine ? Rester dans la Capitale, bien sûr.