Denisot : « Avec Graille, j´ai enfin mon successeur »
Michel Denisot, l´ancien président-délégué, retrouve dans le PSG de Francis Graille l´esprit du club qu´il a dirigé de 1991 à 1998. Il souhaite qu´il gagne la Coupe de France et se qualifie pour la Ligue des champions.
CANAL + ( PARIS), HIER. « Graille et Halilhodzic forment un tandem très proche et performant », explique Michel Denisot. ( LP/VINCENT LESAGE.)
Michel Denisot, l´ancien président-délégué, retrouve dans le PSG de Francis Graille l´esprit du club qu´il a dirigé de 1991 à 1998. Il souhaite qu´il gagne la Coupe de France et se qualifie pour la Ligue des champions.
La réussite du PSG, aujourd´hui, est-ce une surprise, un miracle, ou est-elle tout simplement normale ?
Michel Denisot.
Il n´y a pas de miracle dans le football. La réussite tient toujours à des choses simples : du travail, du sérieux. Il faut savoir s´entourer et être en harmonie. Chacun doit être à sa place.
Justement, quelle est la vôtre, au PSG ?
Francis Graille est le vrai patron du PSG. Moi, je reste à ma place. J´ai beaucoup de responsabilités dans le groupe Canal. Je n´interviens pas au quotidien dans la vie du club. Bertrand Méheut ( NDLR : le patron de Canal +) me demande mon avis. Je le lui donne. Il y a des réunions chaque mercredi, à 8 heures du matin, avec Graille, Eric Pradon, le directeur financier du groupe Canal, Méheut et moi-même.
En fait, vous continuez à tirer les ficelles...
Je ne l´ai jamais fait. Mais, à une époque, il y avait peut-être des marionnettes en manque de ficelles.
Vous parlez de Charles Biétry, de Laurent Perpère, ou de Luis Fernandez, qui ont tous été aux commandes du club après vous ?
Je n´ai pas de commentaire à faire. Cela ne m´inspire rien.
Toujours fâché avec Luis Fernandez ?
Je ne suis pas fâché avec lui. C´est dans le caractère de Luis d´être fâché. Pour moi, avec le temps, je ne retiens que le meilleur. Luis et moi, on a gagné la Coupe d´Europe. Tout le reste, ce ne sont que des broutilles. Ce qu´on a vécu ensemble est tellement fort...
Le PSG vous manque-t-il ?
J´ai une philosophie de vie : quand je pars, je ne reviens pas. C´est clair dans ma tête. Ceux qui m´ont succédé s´imaginaient que je reviendrais. A force, c´était comique.
Vous n´avez jamais eu la tentation du retour ?
Non, j´ai tourné la page. Ce n´est plus mon bébé, c´est une autre histoire. Pour moi, elle s´est arrêtée dès la seconde où je suis parti. Sur une saison où le club a réussi le doublé en Coupe de France et en Coupe de la Ligue. Pourtant, j´ai été lâché par tout le monde. A part moi, il n´y avait personne de Canal dans les tribunes. Mon départ a été synonyme d´une vraie rupture, pour moi. Il y a eu ensuite beaucoup de bêtises. Le PSG s´est élancé sur d´autres rails. Il m´est devenu étranger.
Malgré tout, est-ce que vous « êtes PSG » à vie ?
Une partie de moi-même reste au PSG. C´est ancré très très profondément en moi.
« Fabrice Fiorèse est brillant, il a de l´allure. Poste pour poste, c´est un peu Ginola »
Avec Graille, quelles sont vos relations ?
Avec lui, j´ai enfin un successeur. Sa réussite est exceptionnelle. Encore invraisemblable il y a quelques mois. Le PSG était en faillite. Le club revient de loin. Graille s´est inscrit dans les objectifs fixés par Canal + : redresser la situation financière du club et restaurer son image. S´il y a, en plus, les résultats sportifs, c´est remarquable. Un club, c´est d´abord ce que le président en fait. Graille et Halilhodzic forment un tandem très proche et performant. Francis a du flair, il a l´oeil. Il regarde sans avoir l´air, mais il voit tout.
Vous reconnaissez-vous en lui ?
Nous ne sommes pas des amis. Mais c´est quelqu´un dont je me sens proche. Parce que, comme moi, il vient de la province. Il s´est fait tout seul. On parle le même langage. Nos parcours sont différents, mais il y a des similitudes. A Lille, ce qu´il a fait est exemplaire. Réussir aujourd´hui au PSG, c´est beaucoup plus difficile qu´à mon époque.
Comment jugez-vous Vahid Halilhodzic ?
C´est un bon entraîneur. Il a fait ses preuves. Son discours est clair. Il a ses méthodes et ça marche. Avec son groupe, il y a une vraie adhésion. On se téléphone parfois. Il m´a appelé récemment pour me présenter ses voeux.
Quand on a dirigé le PSG de Weah, Rai, Ginola, Valdo... comment peut-on vibrer pour l´équipe actuelle ?
Pauleta et Ljuboja représentent aussi de belles opérations. Il ne faut pas être passéiste. Ce que je préfère, c´est quand un joueur lambda du début de saison finit aux portes de l´équipe de France, douze mois après. On peut penser à Fiorèse. Il est brillant, il a de l´allure. Poste pour poste, c´est un peu Ginola, même s´il y a de la marge.
Le retour des Roche, Fournier, Moutier au club, c´est vous qui l´avez initié, non ?
Non. Graille a constitué son équipe comme bon lui semblait. Il était supporter du PSG. C´était dans une partie de son coeur. Il s´est appuyé sur ceux qui ont réussi. Ils étaient avec moi. Mais ils sont libres. L´histoire d´un club, c´est de savoir garder ce qu´il y a de meilleur.
Est-ce que d´autres retours, ceux de Lama, Rai ou Le Guen, sont envisageables ?
( Rires.) J´ai l´impression qu´ils veulent tous revenir. Weah s´occupe de joueurs en Afrique. Hier, je l´ai en ligne : « Président, j´ai des joueurs pour vous ! » Je lui ai répondu en riant : « Appelle Francis Graille ! » Aujourd´hui, en tout cas, on forme une véritable équipe autour du club. Il n´y a pas l´ombre d´une feuille de papier à cigarette entre le président et l´actionnaire. Et ça, c´est la première fois !
A quelle place sera le PSG en fin de saison ?
Je suis très mauvais à ce petit jeu-là. Mais j´aimerais que le PSG réussisse une performance demain à Monaco, ça relancerait le championnat. Et puis, au fond de moi, j´aimerais que ce PSG-là gagne la Coupe de France et se qualifie pour la Ligue des champions. Même si je m´interdis de mettre la pression sur le club.