Comment le PSG est devenu une machine à gagner
Friable en début de saison, le PSG ne perd plus - onze matchs consécutifs sans défaite toutes compétitions confondues -, et sa victoire à Marseille, samedi, lui autorise tous les rêves.
«MERCI Paris, merci Paris ! » Ils sont cinquante et saluent leurs héros. A chaque tour de terrain des tombeurs de Marseille, les chants raisonnent dans les rangs des supporters du PSG. Cela fait longtemps qu´une telle scène ne s´est pas déroulée au camp des Loges.
Et si, pour une fois, le PSG constituait la bonne surprise de la saison ? Deuxième du championnat, toujours en course en Coupe de France, Paris, invincible à l´extérieur, est redevenu l´une des « terreurs » du football français. L´OM s´en est rendu compte, samedi. Monaco sait à quoi s´attendre vendredi prochain, en Principauté, pour le sommet du championnat. Cette équipe a trouvé une unité autour de valeurs communes.
La force d´un projet. A l´arrivée au pouvoir du tandem Graille-Halihodzic, en fin de saison dernière, un seul discours : sauver le PSG. Un club à l´agonie financière, avec un trou de 230 millions d´euros. Comment relancer cette équipe à la dérive sportive depuis quatre saisons et discréditée en terme d´image ? Soutenu par Canal +, l´actionnaire de référence, le club va concevoir un projet clair : équilibre financier et retour en Coupe d´Europe. Travail et rigueur, voilà la méthode. Encore fallait-il trouver les hommes capables d´incarner une telle ambition. « Je leur promets travail et souffrance », lançait alors, un brin provocateur, Vahid Halilhodzic, en évoquant ses joueurs.
L´adhésion d´un groupe. « Si tu ne travailles pas, il te convoque direct dans son bureau. Et là, ça chauffe ! » La confidence est de Bernard Mendy, l´un des hommes du renouveau parisien. Halilhodzic est encore plus clair : « Certains s´étaient montrés indignes du PSG et ça, je ne peux l´accepter. » Match après match, un groupe se dégage, malgré un début de saison catastrophique avec un PSG descendant jusqu´à la 17 e place du classement. Et, soudain, le sursaut d´orgueil, sous la forme d´un pacte entre joueurs, suivi de leur révolte collective. Le tout suivi d´une réunion musclée avec le coach, qui débouche sur le déclic tant attendu. « A Paris, personne n´est irremplaçable, explique sobrement Déhu. Entre nous, on parle énormément. Tout le monde est là pour gagner sa place. » Le match des gardiens Alonzo-Letizi en est la meilleure illustration. Les deux hommes font rimer concurrence et fair-play. Cet état d´esprit général ferait même s´interroger les dirigeants parisiens sur l´opportunité de recruter un joueur supplémentaire, au risque de perturber l´équilibre actuel.
Un jeu perfectible. « Nous ne marquons pas du tout sur coup franc, nous tirons rarement au but. Nous avons de gros progrès à faire. Cela laisse entrevoir pas mal d´espoirs. » Comme le souligne José Pierre-Fanfan, le PSG affiche des manques qui ne demandent qu´à être comblés. A l´issue du match à Marseille, les joueurs se sont félicités d´avoir enfin réussi à produire du jeu. Il faut dire que, depuis la semaine dernière, Vahid Halilhodzic interrompt souvent l´entraînement pour pointer du doigt les phases à améliorer. Il peut aussi compter sur la révélation de réels talents. A commencer par Sorin, enfin libéré de ses soucis physiques. « Il va bonifier le groupe, assure Pierre-Fanfan. Et, grâce à Ljuboja, Pauleta sera moins isolé devant. » Plus inattendue, la nouvelle association en milieu de terrain Cana-Rocchi souligne à elle seule la marge de progression du PSG.
Bartholomew Ogbeche a choisi d´être prêté à Bastia. Mais les dirigeants parisiens ne le laisseront partir que si le club corse prend intégralement en charge son salaire. Si le dossier doit aboutir, ce sera aujourd´hui. Au niveau recrutement, il est possible que plus rien ne bouge, même si le PSG a supervisé le milieu de terrain défensif tchèque Jan Polak ( Slovan Liberec