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INFO PSG interwiew de fiorèse:
« Fio », merci de faire suivre
Lui, l’ami de tous, ne l’est pas des Marseillais. Son sourire et sa bonne humeur n’ont pas dû franchir la Loire. Lorsque Fabrice Fiorèse égrène ses souvenirs au Vélodrome, un large sourire envahit son visage. Cette joie communicative, il la dispense chaque jour dans le vestiaire. Le 30 novembre dernier, il assommait l’ennemi avant le gong. Merci donc, de faire suivre.
Au camp des Loges
PSG.fr -. Fabrice, Marseille-Paris, qui plus est en coupe de France, c’est forcément particulier.
Fabrice Fiorèse : « C’est particulier pour les supporters, après c’est à nous de faire notre devoir, et donc de gagner et de ramener cette qualification. »
PSG.fr -. Une petite polémique est née de certaines déclarations. Cela a-t-il modifié la préparation de cette rencontre ?
Fabrice Fiorèse : « Sincèrement, comme je ne lis pas les journaux, je ne sais pas ce qui a été dit. Ça n’a donc rien changé entre nous. On rigole toujours autant et on s’entraîne avec la même envie. En même temps, c’est de bonne guerre, ça fait partie du folklore de l’avant match. L’important étant d’être performant sur le terrain et pas en dehors.»
PSG.fr -. Paris reste sur quatre victoires consécutives face à Marseille, on imagine qu’ils commencent à en avoir marre…
Fabrice Fiorèse : « Nous irons à Marseille pour gagner car nous aimerions aller le plus loin possible dans cette épreuve, et pourquoi pas la gagner. Et je n’oublie pas que nous sommes dans une bonne période face à Marseille. Je compte bien qu’ils en aient marre encore longtemps ! »
PSG.fr -. As-tu déjà senti que Marseille jouait différemment avec Anigo aux commandes ?
Fabrice Fiorèse : « Avec un nouvel entraîneur, il y a sûrement d’autres méthodes, mais ça reste un match. On connaissait Perrin, on va découvrir Anigo. La seule statistique qui m’intéresse c’est celle du ballon au fond des filets. Face à Lens, j’ai remarqué une grosse envie de répondre au défi physique lensois. J’ai aussi vu beaucoup d’engagement. »
« Qu’ils en aient marre encore longtemps ! »
PSG.fr -. Tu restes quand même le héros des deux dernières confrontations entre Marseille et Paris puisque tu as inscrit à chaque fois le but victorieux.
Fabrice Fiorèse : « Je n’aime pas ce terme là. Je prône avant tout le collectif. Lors de notre dernier match, le groupe a été héroïque. J’espère qu’il le sera encore samedi prochain. »
PSG.fr -. Pensez-vous à ne pas prendre de cartons ?
Fabrice Fiorèse : « Je n’ai pas pour habitude de calculer, alors si on doit prendre des cartons, on les prendra. »
PSG.fr -. Les reproches persistent concernant la qualité du jeu parisien, et ce malgré votre deuxième place. Que répondez-vous à ça ?
Fabrice Fiorèse : « Pour répondre à votre question, je le prends comme ça ( il sourit), en souriant. Nous sommes encore deuxièmes en championnat, même si le jeu n’est peut-être pas encore ce que tout le monde attend. Mais si nous terminons deuxième ou premier en ayant mal joué, je serai content. »
PSG.fr -. As-tu vu hier soir le match nul entre Monaco et Nice ( 1-1) ?
Fabrice Fiorèse : « Oui, j’ai vu le match. C’est bien pour tout le monde et ça montre que le championnat n’a pas encore trouvé son vainqueur. Monaco vit actuellement une période délicate. En début de saison, ils m’impressionnaient, moins aujourd’hui. Mais ils ne sont pas là par hasard, et je me dis qu’on les prend peut-être au bon moment. »
PSG.fr -. Pour conclure, on imagine que l’on ne gagne pas de la même façon au Vélodrome que ce soit pour le championnat ou pour la coupe de France ?
Fabrice Fiorèse : « Ce sont deux compétitions bien différentes. Il est certain que nous serions déçus de perdre mais je ne veux même pas y penser. Je vais à Marseille pour gagner. »
Propos recueillis par José Carlin
Voici la liste des joueurs retenus par Vahid Halilhodzic pour le 16e de finale de coupe de France face à Marseille.
16 – ALONZO Jérôme
10 – BOSKOVIC Branko
19 –CANA Lorik
13 – CUBILIER Eric
6 – DEHU Frédéric
11 – FIORESE Fabrice
2 – HEINZE Gabriel
20 – LEAL Hugo
1 – LETIZI Lionel
28 – LJUBOJA Danijel
5 – MENDY Bernard
26 – OGBECHE Bartholomew
9 – PAULETA Pedro Miguel Resendes
24 – PIERRE-FANFAN José
8 – REINALDO Da Cruz Oliveira
21 – ROCCHI Romain
3 – SORIN Juan Pablo
25 – TOURE Alioune
Match Marseille-PSG
Stade Vélodrome
16e de finale de la Coupe de France
Samedi 24 janvier 2004 à 17 heures
Match diffusé en direct sur TF1
http://www.lesetoilesdupsg.site.voila.fr/
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OM-PSG, histoires d´une rivalité [1]
Les journalistes Jean-François Peres et Daniel Riolo ont mené, l´année dernière, la première enquête fouillée sur la passion qui entoure les matches entre l´OM et le PSG. L´Equipe.fr a réuni les auteurs de ce livre foisonnant de révélations et d´anecdotes. Leur thèse : la rivalité a été montée de toutes pièces par Bernard Tapie et Canal + il y a une dizaine d´années.
La seconde partie paraîtra vendredi
" OM-PSG, les meilleurs ennemis, enquête sur une rivalité", Editions Mango Sport. 264 pages, 15 euros.
« PSG-OM, ce sont des gens intelligents qui se sont entendus pour faire une bonne affaire » ( Alain Cayzac)
Lire aussi :
Mendy calme le jeu [ suite ]
Les seizièmes de finale [ suite ]
Le PSG-Marseille de décembre 1992 ( 0-1) reste le plus accroché de l´histoire.
« Tous les Parisiens reconnaissent cet ascendant psychologique des Marseillais », disent les auteurs.
Bernard Tapie à ses joueurs :
« Vous vous en branlez de l´équipe de France ».
Desailly et le Mondial 1994 : « Ça n´aurait pas été facile tous les jours. »
« Houllier n´a jamais pu maîtriser tous ce qu´induisait la rivalité OM-PSG », affirment les auteurs.
( Photos © L´Equipe)
« Jean-François Peres et Daniel Riolo, vous avez enquêté plusieurs mois autour de la rivalité entre l´Olympique de Marseille et le Paris-Saint-Germain, qui s´affrontent samedi en Coupe de France. Que pensez-vous avoir démontré dans votre ouvrage ?
JFP : Contrairement à ce que la plupart des gens pensent, la rivalité n´a pas toujours existé. Elle ne s´était jamais exprimée dans le football avant le tournant des années 80 et 90. Après le match de mai 1989 où, pour la première fois, il y a eu lutte pour le titre de champion entre les deux équipes ( 1-0 pour Marseille), la rivalité est entrée dans une autre phase avec l´arrivée de Canal + à la tête du PSG en mai 1991, et ça a abouti au fameux match du Parc de décembre 1992 ( NDLR, un combat de rues remporté 1-0 par Marseille après une semaine de déclarations belliqueuses dans la presse). Quand Canal + arrive, Bernard Tapie a besoin d´un concurrent fort en D1 pour préparer l´OM à une victoire en Coupe d´Europe. En même temps, Canal + détient les droits de diffusion du Championnat et veut qu´il soit le plus passionnant possible, pour qu´il y ait le plus d´abonnés possible. Des deux côtés, on se rend compte que Marseille-Paris, c´est une rivalité qui marche bien d´un point de vue sociologique, et on crée artificiellement une rivalité sportive. À Canal, on ne nie pas cette thèse. Tapie, lui, dit : " J´ai tout créé".
DR : C´est la rencontre parfaite de deux intérêts économiques. Marseille, à ce moment, est en situation de monopole. Et ça, c´est impossible en sport. Quand le même gagne tout le temps, ce n´est plus intéressant pour les télespectateurs. On l´a vu avec Ferrari en F1, où les dirigeants ont dû changer les règles. Quand on lui reparle de cette époque, Tapie nous dit : " Tout seul en haut, on se faisait chier". Canal fait aussi ses calculs. Il a, à ses portes, un club qui coule, mais qui représente le plus fort bassin de population et 60% de ses abonnés. Si la chaîne ne réveille pas le Championnat - Pierre Lescure dit qu´il " dort" - son produit ne sera pas bon. Alain Cayzac nous dit : " PSG-OM, ce sont des gens intelligents qui se sont entendus pour faire une bonne affaire". Et aujourd´hui, cet antagonisme est entré dans la culture sportive du pays.
« À Paris, on subissait »
Comment ces dirigeants ont-ils fait pour l´inscrire, d´abord, dans la mentalité des joueurs ?
JFP : À Marseille, le président mettait une pression pas possible sur ses joueurs. Tous nous parlent de sa " tchatche", des causeries très musclées après les entraînements, des articles de journaux les plus chauds placardés dans le vestiaires et " stabylotés", pour servir de rouge au taureau.
DR : Tapie employait des mots très précis : " Tu le lattes, ce sont des merdes, regarde : ils ont dit ça". Il a mangé du pain béni quand il a vu que la première mèche verbale dans la presse était allumée par Artur Jorge ( entraîneur du Paris-SG), quand il a dit : " On va leur marcher dessus". Il n´en attendait pas tant !
JFP : Ce qui explique aussi la mainmise marseillaise à cette époque, c´est que les discours de Tapie plaçaient l´OM en position offensive. À Paris, on subissait. " Ils veulent nous rentrer dans le lard, qu´est-ce qui se passe ? ".
DR : Bernard Brochand nous explique qu´il y avait une vraie différence de culture entre les deux équipes. Les gens recrutés par le PSG ont beaucoup parlé dans la presse, mais sans être capables d´aller aussi loin que les Marseillais sur le terrain. On ne dit pas à des Guérin ou des Le Guen qu´ils vont marcher sur des Boli, des Mozer ou des Deschamps. Ce n´est pas possible.
JFP : De Lama à Colleter, tous les Parisiens reconnaissent cet ascendant psychologique des Marseillais.
« Des clans en équipe de France »
Vous affirmez aussi - ce qui paraît incroyable avec le recul - que la rivalité PSG-OM a pris l´équipe de France en otage et a rendu possible la non-qualification des Bleus à la World Cup 1994.
JFP : Il suffit de piocher dans les archives pour s´en convaincre. À l´époque, Lama dit : " Les Marseillais sont des voyous. Je suis bien placé pour en parler : j´en côtoie en équipe de France". Imaginez cela aujourd´hui ! Il faut aussi comprendre qu´à ce moment-là, les joueurs vont à l´OM ou au PSG comme une finalité. Ils défendent vraiment le maillot.
DR : Tapie n´arrête pas de dire à ses joueurs : " Vous vous en branlez de l´équipe de France, c´est avec moi que vous aurez du succès."
JFP : En équipe de France, il y a clairement deux clans. Les Marseillais refusent que Lama vienne jouer aux cartes avec eux. Certains gars ne se parlent pas. L´intox de Tapie marche tellement que Ginola, personne ne peut l´encadrer.
DR : Les Marseillais dominent car ils sont là depuis plus longtemps. Papin est le chef. Deschamps, le sous-chef.
JFP : Desailly nous en parle très ouvertement. Il était jeune, il arrivait, et il décrit une ambiance à couper au couteau. Il nous a dit : " Si on s´était qualifié pour la Coupe du monde, la vie en groupe durant un mois et demi... Disons que les choses auraient été compliquées. Ça n´aurait pas été facile tous les jours."
DR : Houllier m´a dit : " Noublie pas qu´on joue au Parc des Princes". Le public siffle Papin et réclame Ginola. A l´heure de jeu de France-Bulgarie ( 1-2), Papin sort pour crampes car il est stressé à bloc ! Ginola, devant son public, veut se faire mousser en cherchant la passe décisive à quinze secondes de la fin, ce qui amène le but bulgare. Et Houllier nous redit aujourd´hui : " Ginola s´est comporté comme un vrai con pendant toute cette période". Houllier n´a jamais pu maîtriser tout ce qu´induisait la rivalité OM-PSG. D´autant qu´il souffrait d´un vrai problème de légitimité à son arrivée.
Expliquez-nous...
JFP : Entre 1988 et 1992, Houllier a été l´adjoint de Platini dans l´équipe la plus marseillaise possible. Platini, fidèle à lui-même, n´arrêtait pas de le chambrer sur le fait qu´il n´avait jamais été joueur. Il arrivait souvent que Platini interrompe l´exercice tactique dirigé par Houllier en disant : " Allez, on joue". Platini allait jouer et Houllier arbitrait. Sauzée nous raconte que Papin le surnommait " Quiniou". Quelques mois après, " Quiniou" devient sélectionneur. Imaginez la légitimité ! Des joueurs nous ont aussi dit que Papin faisait et défaisait les horaires des entraînements. De même, Papin et Houllier auraient fait la liste des 22 pour la Coupe du monde 1994 dans le bus ramenant les joueurs de la victoire en Finlande ( 2-0). Alors qu´il manquait un point ! Tout ce que nous avons recueilli sur cette période est démenti par Papin et Houllier, mais les autres joueurs nous disent que ça a vraiment existé. »
c dans l´équipe la suite ce vendredi...
« PSG-OM, ce sont des gens intelligents qui se sont entendus pour faire une bonne affaire » ( Alain Cayzac)
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faut aimer son club respecter les autres et etre passioner de foot
y a du monde
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costa001 Posté le 23 janvier 2004 à 01:10:04
OM-PSG, histoires d´une rivalité [1]
Les journalistes Jean-François Peres et Daniel Riolo ont mené, l´année dernière, la première enquête fouillée sur la passion qui entoure les matches entre l´OM et le PSG. L´Equipe.fr a réuni les auteurs de ce livre foisonnant de révélations et d´anecdotes. Leur thèse : la rivalité a été montée de toutes pièces par Bernard Tapie et Canal + il y a une dizaine d´années.
La seconde partie paraîtra vendredi
" OM-PSG, les meilleurs ennemis, enquête sur une rivalité", Editions Mango Sport. 264 pages, 15 euros.
« PSG-OM, ce sont des gens intelligents qui se sont entendus pour faire une bonne affaire » ( Alain Cayzac)
Lire aussi :
Mendy calme le jeu [ suite ]
Les seizièmes de finale [ suite ]
Le PSG-Marseille de décembre 1992 ( 0-1) reste le plus accroché de l´histoire.
« Tous les Parisiens reconnaissent cet ascendant psychologique des Marseillais », disent les auteurs.
Bernard Tapie à ses joueurs :
« Vous vous en branlez de l´équipe de France ».
Desailly et le Mondial 1994 : « Ça n´aurait pas été facile tous les jours. »
« Houllier n´a jamais pu maîtriser tous ce qu´induisait la rivalité OM-PSG », affirment les auteurs.
( Photos © L´Equipe)
« Jean-François Peres et Daniel Riolo, vous avez enquêté plusieurs mois autour de la rivalité entre l´Olympique de Marseille et le Paris-Saint-Germain, qui s´affrontent samedi en Coupe de France. Que pensez-vous avoir démontré dans votre ouvrage ?
JFP : Contrairement à ce que la plupart des gens pensent, la rivalité n´a pas toujours existé. Elle ne s´était jamais exprimée dans le football avant le tournant des années 80 et 90. Après le match de mai 1989 où, pour la première fois, il y a eu lutte pour le titre de champion entre les deux équipes ( 1-0 pour Marseille), la rivalité est entrée dans une autre phase avec l´arrivée de Canal + à la tête du PSG en mai 1991, et ça a abouti au fameux match du Parc de décembre 1992 ( NDLR, un combat de rues remporté 1-0 par Marseille après une semaine de déclarations belliqueuses dans la presse). Quand Canal + arrive, Bernard Tapie a besoin d´un concurrent fort en D1 pour préparer l´OM à une victoire en Coupe d´Europe. En même temps, Canal + détient les droits de diffusion du Championnat et veut qu´il soit le plus passionnant possible, pour qu´il y ait le plus d´abonnés possible. Des deux côtés, on se rend compte que Marseille-Paris, c´est une rivalité qui marche bien d´un point de vue sociologique, et on crée artificiellement une rivalité sportive. À Canal, on ne nie pas cette thèse. Tapie, lui, dit : " J´ai tout créé".
DR : C´est la rencontre parfaite de deux intérêts économiques. Marseille, à ce moment, est en situation de monopole. Et ça, c´est impossible en sport. Quand le même gagne tout le temps, ce n´est plus intéressant pour les télespectateurs. On l´a vu avec Ferrari en F1, où les dirigeants ont dû changer les règles. Quand on lui reparle de cette époque, Tapie nous dit : " Tout seul en haut, on se faisait chier". Canal fait aussi ses calculs. Il a, à ses portes, un club qui coule, mais qui représente le plus fort bassin de population et 60% de ses abonnés. Si la chaîne ne réveille pas le Championnat - Pierre Lescure dit qu´il " dort" - son produit ne sera pas bon. Alain Cayzac nous dit : " PSG-OM, ce sont des gens intelligents qui se sont entendus pour faire une bonne affaire". Et aujourd´hui, cet antagonisme est entré dans la culture sportive du pays.
« À Paris, on subissait »
Comment ces dirigeants ont-ils fait pour l´inscrire, d´abord, dans la mentalité des joueurs ?
JFP : À Marseille, le président mettait une pression pas possible sur ses joueurs. Tous nous parlent de sa " tchatche", des causeries très musclées après les entraînements, des articles de journaux les plus chauds placardés dans le vestiaires et " stabylotés", pour servir de rouge au taureau.
DR : Tapie employait des mots très précis : " Tu le lattes, ce sont des merdes, regarde : ils ont dit ça". Il a mangé du pain béni quand il a vu que la première mèche verbale dans la presse était allumée par Artur Jorge ( entraîneur du Paris-SG), quand il a dit : " On va leur marcher dessus". Il n´en attendait pas tant !
JFP : Ce qui explique aussi la mainmise marseillaise à cette époque, c´est que les discours de Tapie plaçaient l´OM en position offensive. À Paris, on subissait. " Ils veulent nous rentrer dans le lard, qu´est-ce qui se passe ? " .
DR : Bernard Brochand nous explique qu´il y avait une vraie différence de culture entre les deux équipes. Les gens recrutés par le PSG ont beaucoup parlé dans la presse, mais sans être capables d´aller aussi loin que les Marseillais sur le terrain. On ne dit pas à des Guérin ou des Le Guen qu´ils vont marcher sur des Boli, des Mozer ou des Deschamps. Ce n´est pas possible.
JFP : De Lama à Colleter, tous les Parisiens reconnaissent cet ascendant psychologique des Marseillais.
« Des clans en équipe de France »
Vous affirmez aussi - ce qui paraît incroyable avec le recul - que la rivalité PSG-OM a pris l´équipe de France en otage et a rendu possible la non-qualification des Bleus à la World Cup 1994.
JFP : Il suffit de piocher dans les archives pour s´en convaincre. À l´époque, Lama dit : " Les Marseillais sont des voyous. Je suis bien placé pour en parler : j´en côtoie en équipe de France". Imaginez cela aujourd´hui ! Il faut aussi comprendre qu´à ce moment-là, les joueurs vont à l´OM ou au PSG comme une finalité. Ils défendent vraiment le maillot.
DR : Tapie n´arrête pas de dire à ses joueurs : " Vous vous en branlez de l´équipe de France, c´est avec moi que vous aurez du succès."
JFP : En équipe de France, il y a clairement deux clans. Les Marseillais refusent que Lama vienne jouer aux cartes avec eux. Certains gars ne se parlent pas. L´intox de Tapie marche tellement que Ginola, personne ne peut l´encadrer.
DR : Les Marseillais dominent car ils sont là depuis plus longtemps. Papin est le chef. Deschamps, le sous-chef.
JFP : Desailly nous en parle très ouvertement. Il était jeune, il arrivait, et il décrit une ambiance à couper au couteau. Il nous a dit : " Si on s´était qualifié pour la Coupe du monde, la vie en groupe durant un mois et demi... Disons que les choses auraient été compliquées. Ça n´aurait pas été facile tous les jours."
DR : Houllier m´a dit : " Noublie pas qu´on joue au Parc des Princes". Le public siffle Papin et réclame Ginola. A l´heure de jeu de France-Bulgarie ( 1-2), Papin sort pour crampes car il est stressé à bloc ! Ginola, devant son public, veut se faire mousser en cherchant la passe décisive à quinze secondes de la fin, ce qui amène le but bulgare. Et Houllier nous redit aujourd´hui : " Ginola s´est comporté comme un vrai con pendant toute cette période". Houllier n´a jamais pu maîtriser tout ce qu´induisait la rivalité OM-PSG. D´autant qu´il souffrait d´un vrai problème de légitimité à son arrivée.
Expliquez-nous...
JFP : Entre 1988 et 1992, Houllier a été l´adjoint de Platini dans l´équipe la plus marseillaise possible. Platini, fidèle à lui-même, n´arrêtait pas de le chambrer sur le fait qu´il n´avait jamais été joueur. Il arrivait souvent que Platini interrompe l´exercice tactique dirigé par Houllier en disant : " Allez, on joue". Platini allait jouer et Houllier arbitrait. Sauzée nous raconte que Papin le surnommait " Quiniou". Quelques mois après, " Quiniou" devient sélectionneur. Imaginez la légitimité ! Des joueurs nous ont aussi dit que Papin faisait et défaisait les horaires des entraînements. De même, Papin et Houllier auraient fait la liste des 22 pour la Coupe du monde 1994 dans le bus ramenant les joueurs de la victoire en Finlande ( 2-0). Alors qu´il manquait un point ! Tout ce que nous avons recueilli sur cette période est démenti par Papin et Houllier, mais les autres joueurs nous disent que ça a vraiment existé. »
c dans l´équipe la suite ce vendredi...
L´OM réussit à Fiorèse
Décidément, il est de tous les bons coups. Fabrice Fiorèse, l´attaquant parisien, a battu quatre fois Marseille. Pour nous, il ouvre son album souvenirs.
FABRICE FIORÈSE a participé aux quatre derniers succès du PSG contre Marseille*. Deux fois, l´attaquant parisien a inscrit un but décisif : il y a un mois et demi en championnat et la saison dernière en Coupe de France. « Ces quatre victoires restent de très bons souvenirs, surtout celles remportées au Parc des Princes, s´enthousiasme Fiorèse.
Battre l´OM au Vélodrome, c´est significatif mais, chez nous, c´est encore plus fort, nous ne formons qu´un avec notre public. » Fiorèse revient sur ces moments forts. PSG - OM ( 3-0), 27 octobre 2002, championnat de L 1. « Ce match nous a coûté cher. On avait réalisé une superbe prestation. Après, ça a été l´hécatombe. On a enchaîné les contre-performances pendant deux mois. Désormais, quand on gagne des matchs importants, même avec la manière, on ne s´enflamme pas. C´est ce qui fait notre force. Cette victoire contre l´OM a servi de leçon. » PSG - OM ( 2-1 a.p.), 25 janvier 2003, 16 e de finale de la Coupe de France. « On joue la prolongation, je frappe et Olembe dévie le ballon qui bat Runje. C´est le but de la qualification. Ce match avait une saveur particulière pour moi. C´était mon dernier avant ma suspension de trois rencontres, suite à ma simulation contre Bordeaux ( 1-1), le 19 décembre. Ma famille a beaucoup souffert dans cette affaire et j´ai voulu lui dédier ce succès. J´ai répondu à tous mes détracteurs de la meilleure façon possible. » OM - PSG ( 0-3), 9 mars 2003, L 1. « Inoubliable ! Cela faisait quinze ans que Paris ne s´était plus imposé là-bas. Pour nous et nos supporters, ce succès fait date. Et on a su ajouter le score à la manière. Ce match avait été collectivement très intéressant, il se dégageait de notre équipe un sentiment de force collective. Nous étions très bien en place. En revanche, le contexte m´a surpris. Je me demande ce qu´un père de famille a bien pu raconter à son fils, quand celui-ci lui a demandé pourquoi Luis Fernandez rentrait avec des policiers et sous des boucliers sur la pelouse. Plusieurs fois, cette question m´est revenue à l´esprit. Le foot doit rester un jeu. » OM - PSG ( 0-1), 30 novembre 2003, L 1. « Avant ce match, j´avais été blessé à une cuisse. Donner la victoire à l´équipe a été une immense joie pour moi. Je n´avais jamais marqué auparavant au Vélodrome. Les supporters me parlent encore de ce but. Comme souvent, cette affiche n´a pas été spectaculaire, mais on a fait preuve de combativité et de solidarité. Ce genre de match se joue sur des détails... Je me souviens que la semaine qui précédait la partie, nous étions très détendus. Jamais nous n´avons ressenti la pression. »
«C´est toujours un match particulier […]. Marseille a besoin de gagner pour se rassurer, et nous, nous savons que c´est un match à ne pas perdre. Quand on a dit ça, on a déjà beaucoup dit.» L´attaquant brésilien du PSG Reinaldo résume à merveille la situation des deux frères ennemis avant leur affrontement samedi ( 17h) au Vélodrome pour le compte des 1/16 de finale de coupe de France.
Pour la troisième saison consécutive, l´Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain se retrouveront samedi ( 17h) en coupe de France. Après s´être qualifié au Parc en 2002 ( 1/8 : 1-1, 7-6 aux tab) et en 2003 ( 1/16 : 2-1 ap), le PSG devra cette fois-ci se déplacer au Vélodrome pour défier le nouvel OM version José Anigo. «J´aime bien jouer contre Paris, déclarait cette semaine le successeur d´Alain Perrin sur le site internet du PSG. Ce sont des matches où mon identité marseillaise ressort facilement. Ce match c´est peut-être le rendez-vous de la saison, à moins que je ne me sente encore plus Marseillais que d´habitude.» Il s´agira en tout cas d´un véritable test pour l´ex minot, à la tête d´une équipe marseillaise malmenée depuis quelques mois ( 4 victoires pour 2 nuls et surtout 10 défaites depuis le 17 octobre toutes compétitions confondues jusqu´au limogeage d´Alain Perrin), notamment à domicile ( 5 défaites dont une série de 4 consécutives), mais qui s´est bien ressaisie dimanche dernier en championnat au Vélodrome aux dépens de Lens ( 3-2).
OM : avec les moyens du bord top^
Dans son entreprise de relance, José Anigo est toutefois confronté à de sérieux problèmes d´effectifs : entre les départs pour la CAN ( Mido, Beye et N´Diaye) et l´affluence record de l´infirmerie ( Carrasso, Runje, Perez, Dos Santos, Delfim, Hemdani, Marlet, Dahou et Vachousek), il doit composer un effectif pour le moins restreint. «Tout le monde est conscient du manque d´effectif, reconnaît-il, si on ne trouve pas d´attaquant, Dmitri Sytchev ne partira pas. On ne va pas se faire Hara-Kiri…» L´entraîneur de l´OM ne devrait pas trop s´éloigner du dispositif d´Alain Perrin en 4-4-2, mais devrait insister sur l´état d´esprit comme il l´avait fait avec succès pour son premier match contre Lens. Pour ce qui est de son juvénile attaquant russe, tout proche du Lokomotiv Moscou, il sera de la partie pour le derby des frères ennemis. Selon toutes vraisemblances, il devrait même être aligné d´entrée au côté de Didier Drogba. «Il faut que le Vélodrome redevienne une forteresse imprenable, un stade qui impressionne, déclarait cette semaine le goaleador de l´OM sur le site internet de son club. Les équipes ne doivent pas venir chez nous pour gagner. On doit se faire respecter.»
PSG : continuer sur la lancée top^
Mais le PSG a pris la fâcheuse habitude de venir s´imposer au Stade Vélodrome depuis quelques temps. Les Marseillais n´ont toujours pas digéré le coup d´éclat de l´équipe de la capitale le 9 mars 2003 ( 0-3), emmenée par un Ronaldinho étincelant. L´équipe d´Alain Perrin avait l´occasion d´effacer l´ardoise auprès de ses supporters le 30 novembre dernier, mais le duo Pauleta – Fiorèse s´est chargé d´infliger une nouvelle douche froide dans les ultimes secondes à l´antre olympienne ( 0-1). Un Paris Saint-Germain qui plus est plutôt efficace loin de ses bases cette saison ( 4 victoires, 3 nuls et 3 défaites à l´extérieur en championnat), et présent dans les grands rendez-vous ( victoires contre Auxerre, Sochaux, Marseille et Bordeaux, nul à Lyon, défaites contre Monaco et Lens). Les oppositions PSG – OM ou OM – PSG en coupe de France sourient également aux Parisiens ( cinq qualifications en six confrontations, une victoire et un nul au Vélodrome). Le club de la capitale reste d´ailleurs sur quatre succès consécutif face à l´OM.
Mais Vahid Halilhodzic ne peut pas se contenter de ces statistiques et de ce passé récent pour envisager sereinement cette rencontre. Son équipe doit faire face elle aussi aux absences dues à la CAN ( M´Bami, Benachour, El-Karkouri et Benhamou), alors que Jérôme Alonzo laissera sa place dans les buts à Lionel Leitizi, et que Branko Boskovic ( contracture) ne devrait pas décoller du banc de touche. L´absence du milieu de terrain serbe n´arrange en rien les difficultés parisiennes à faire le jeu et à trouver ses attaquants. Une attaque où l´interrogation résidera sur l´identité du compère de Pedro Pauleta : Danijel Ljuboja ou Reinaldo ? «J´espère simplement continuer à accroître mon temps de jeu» répond le brésilien. «Coach Vahid» ne dérogera certainement pas à son dispositif en 4-4-2, destiné à jouer le contre.
Un peu d´huile sur le feu… top^
Pour ce qui est du folklore qui accompagne traditionnellement ce choc, il semblerait qu´il ait retrouvé de sa vitalité. Malgré la diplomatie du président parisien Francis Graille ( «Ces derbys se déroulent dans un excellent climat, et il n´y a aucune raison que cela change» ) , et la gentille boutade de son homologue marseillais Christophe Bouchet ( «C´est le plus mauvais tirage possible pour le PSG… ( rires) ! » ) , Bernard Mendy a déclaré les hostilités sur le site internet du PSG. Morceaux choisis : «avec l´arrivée d´Anigo, les Marseillais vont certainement tout faire pour que cela dégénère. […] Anigo, je ne le connais pas. Il a joué au foot ? A l´OM ? […] A Lille, Ecker était un mec adorable, mais depuis qu´il évolue à l´OM, il s´enflamme un peu. […] J´ai surtout l´impression que les Marseillais n´aiment pas les Parisiens, mais comme il semble qu´il y ait une réciprocité…» José Anigo n´a pas tardé à renvoyer la politesse ( «Il n´y a même pas de réponse à faire à quelqu´un qui dit autant de conn... . Ses propos reflètent un manque d´expérience» ) , tout comme Johnny Ecker ( «Dommage qu´un tel joueur fasse de telles déclarations à quatre jours d´un match important. Il dit qu´il me connaît mais je ne le connais absolument pas. On fera peut-être plus connaissance samedi» ) . Nul doute que les Marseillais auront à coeur de répondre sur la pelouse au latéral droit parisien malgré son mea culpa ( «Je comprends que mes propos aient pu choquer. Si tel est le cas, j´en suis alors le premier désolé» ) . Une victoire espérée pour reconquérir un public boudeur dimanche dernier, une victoire pour redonner la parole à un OM absent dans les grands rendez-vous sous l´ère Perrin, une victoire pour confirmer le renouveau que tente d´insuffler le nouvel entraîneur en place, Marseillais pure souche.
L´équipe probable de l´OM : Barthez – Ecker, Meïté, Van Buyten, Christanval – Skacel, Celestini, Meriem, Johansen – Sytchev, Drogba. Rempl. : Gavanon, Cantareil, Flamini, Racon, Barry.
L´équipe probable du PSG : Leitizi – Mendy, Pierre-Fanfan, Dehu, Heinze, – Léal, Cana, Sorin, Fiorèse – Pauleta, Reinaldo. Rempl. : Alonzo, Cubilier, Rocchi, Boskovic, Ljuboja, Ogbeche, Toure.
Espérons que l´on assistera à une rencontre de haut niveau ce Samedi après-midi et que le meilleur l´emportera !