Paris se mue en dauphin
Avec la défaite lyonnaise de la veille, Paris qui s’est imposé sur la plus courte des marges face à Lille, occupe seul la deuxième place de Ligue 1. Une situation intéressante à l’amorce d’un mois de janvier chargé, et durant lequel Halilhodzic devra se passer de ses joueurs africains, tous partis disputer la coupe d’Afrique des nations en Tunisie.
Au Parc des Princes
Agenouillé face à Auteuil, Tavlaridis se prend la tête dans les mains. Pour sa première apparition sous le maillot lillois, il aura été le héros malheureux d’une rencontre où Paris se sera contenté de gérer son opportunisme. Et c’est encore le Brésilien Reinaldo qui est à l’origine de ces trois points. Car comme pour mieux se préparer à ce qui l’attend pendant un mois, Vahid Halilhodzic a fait le choix de se passer de ses habituels titulaires africains ( M’Bami malade et El-Karkouri sur le banc). Avec la Coupe d’Afrique des nations, Paris va perdre cinq joueurs ( Benachour, Benhamou et Ogbeche en plus des deux précités, nda), et comme le mercato n’a pas encore révélé ceux qui viendront palier ces absences, Halilhodzic doit donc préparer sa formation à la moins enviable des situations.
Mais il ne va pas falloir en promettre à ces parisiens-là qui n’attendent pas le premier quart d’heure de jeu pour ouvrir la marque. Si la frappe de Reinaldo n’est pas cadrée, elle termine tout de même sa course dans les filets de Wimbée. Il faut dire que Tavlaridis, une des trois dernières recrues lilloise ( avec Sofiane et Lukunku, nda) a placé sa tête de sorte qu’il a pris son gardien et capitaine à contre pied ( 13e).
Un fait d’arme qui n’est pas pour rassurer celui qui débute sous de nouvelles couleurs. Brunel sur un coup-franc bien enroulé tente de surprendre Alonzo, mais la claquette qui accompagne le ballon en corner est bien là pour montrer l’attention toute particulière qu’il porte à ce pied gauche lillois ( 18e).
Depuis le 27septembre dernier
Car si Brunel avait été un véritable poison lors du match aller, cette fois, Halilhodzic semble avoir trouvé la parade pour bloquer l’animateur du couloir.
Mais Lille ne baisse pas pour autant les bras. Le travail de Brunel que dévie Déhu s’achève dans les pieds de Landrin. La frappe du nordiste contraint Alonzo à un bel arrêt reflex ( 33e). Paris gère idéalement une avance au tableau d’affichage qu’il n’avait plus connu à domicile depuis le 27 septembre dernier face à Auxerre. Ce soir-là, Paris l’avait emporté grâce à ce but qu’il avait inscrit le premier, et le dernier.
Juste avant que Monsieur Fraise ne renvoie tout ce petit monde aux vestiaires, Pauleta place une ultime banderille du pied droit que Wimbée repousse des deux poings ( 45e +2’). Passée cette première période où Paris a fait preuve du plus grand réalisme, Lille tente de reprendre le jeu à son compte dès le retour des vestiaires. Abidal s’essaye une première fois sur un tir lointain mais ça ne veut toujours pas sourire pour le meilleur élément nordiste ( 60e). C’est Mendy qui redonne un coup de fouet à Paris sur un bon débordement où il prend de vitesse Brunel avant de trouver au deuxième poteau la tête contrée de Pauleta ( 67e).
Delpierre sur sa ligne
Les entrées en jeu de Tapia et de Sofiane apportent le sang neuf escompté. Le Chilien d’un opportuniste tir en pivot annonce la révolte lilloise ( 67e). Cinq minutes après cette dernière tentative, c’est Sofiane l’ancien auxerrois qui se retrouve seul face à Alonzo. L’expérience du portier parisien fait la différence, et même si la sortie d’Alonzo offre à Tapia une nouvelle chance de contrarier les plans parisiens, ce sont encore les crampons du gardien parisien qui font avorter la tentative lilloise la plus dangereuse de cette deuxième période ( 82e). Une sortie manquée de Wimbée offre à Fiorèse l’occasion de boucler les comptes, mais la volée du Parisien est repoussée sur sa ligne par Delpierre ( 85e).
Finalement Halilhodzic offrira quelques minutes de jeu à deux de ses Africains. Ogbeche mais surtout Benachour est au niveau où nous l’avions laissé face à Troyes, une semaine plus tôt. L’international tunisien est dans le rythme, et sa clairvoyance fait encore une fois merveille. Son ultime coup de patte à destination de Sorin se termine par un coup du foulard. Et si le ballon file dans les airs, les promesses qui l’accompagne mettent Paris sur un nuage. Ce soir, il est à la place du dauphin. Une place enviée. Et enviable.
José Carlin
PSG-Lille : 1-0 ( 1-0). Arbitre : Fraise. 38620 spectateurs. But(s) : Reinaldo ( 13e) pour PSG. Avertissement(s) : Cana ( 31e), Reinaldo ( 45e) pour PSG ; Bodmer ( 35e) pour Lille.
PSG : Alonzo - Heinze, Pierre-Fanfan, Sorin, Mendy - Déhu, Cana, Hugo Leal ( Benachour, 80e) - Fiorèse ( Ogbeche, 90e), Pauleta, Reinaldo ( Rocchi, 77e). Entr. : Halilhodzic.
Lille : Wimbée - Abidal, Tavlaridis, Delpierre, Pichot - Landrin, Moussilou ( Sofiane, 68e), Bodmer ( Tapia, 76e) - Manchev ( Sterjovski, 72e), Brunel, Makoun. Entr. : Puel.