«J´AIMERAIS bien qu´un jour on gagne à Marseille lors de la dernière journée de championnat. Comme ça, au moins, on pourra savourer. » Le sens de la formule de Jérôme Alonzo reste intact. L´euphorie de la victoire au Stade-Vélodrome dimanche soir ( 1-0) aura été de courte durée. Elle n´aura même pas excédé dix minutes. A la sortie du vestiaire phocéen, en effet, les joueurs évoquaient tous leur prochain rendez-vous, ce soir au Parc des Princes, face à Strasbourg. « Le plus dur est toujours de confirmer, estime le capitaine Frédéric Déhu. Après Marseille, nous devons absolument nous imposer à domicile pour faire fructifier les points pris à l´extérieur. »
Alonzo : « Nous sommes conscients de nos énormes lacunes à domicile »
Si battre l´OM sur son terrain marque les esprits des joueurs et des supporters, d´un point de vue comptable, cette victoire n´apporte rien de plus qu´un succès à Guingamp ou à Metz. Excellent à l´extérieur où il a déjà glané 16 points, le PSG patine à domicile, avec seulement trois victoires en sept matchs. Dans le même temps, Monaco s´est imposé deux fois plus souvent sur sa pelouse, ne concédant qu´un seul match nul. Voilà pourquoi l´équipe de Didier Deschamps compte aujourd´hui neuf points d´avance sur Paris. « Nous sommes conscients de nos énormes lacunes à domicile, avoue Jérôme Alonzo. Après Marseille, on commence à prendre conscience qu´on risque de faire une belle saison. Mais la belle opération marseillaise ne servira pas à grand-chose si on bute contre Strasbourg. »
Solide en défense, rapide en attaque, le PSG possède les bons atouts pour réussir à l´extérieur. Il est moins à l´aise à domicile, quand la tendance s´inverse et que lui revient la responsabilité de produire du jeu. « Toutes les équipes qui sont venues au Parc sont restées derrière », se lamente Pauleta. C´est le jeu, et personne, à part Christophe Bouchet, n´a reproché aux Parisiens d´avoir fait la même chose à Marseille. Pour effacer les deux derniers faux pas à domicile ( défaite contre Lens, 1-0 puis match nul contre Nice, 0-0), Strasbourg n´est pas l´adversaire idéal. Antoine Kombouaré, son entraîneur qui a failli devenir l´adjoint de Halilhodzic, connaît le PSG par coeur et a forcément bien préparé son coup. De son côté, le manager parisien connaît des soucis pour aligner une équipe compétitive. Il devra se passer de Bernard Mendy ( blessé) et surtout de Fabrice Fiorèse ( suspendu). L´absence de ce dernier n´est pas bon signe. Avec cinq buts et quatre passes décisives en championnat depuis le début de la saison, l´ancien Guingampais s´est imposé comme l´un des rouages essentiels de l´équipe. « Quand un joueur comme Fiorèse n´est pas là, c´est un manque énorme », reconnaît Halilhodzic qui en profite une nouvelle fois pour souligner la légèreté de son effectif, estimant que réussir à constituer un groupe de 16 joueurs tient du « miracle ».
Mais après le « miracle » du Vélodrome, rien n´est insurmontable pour ce PSG aux ambitions retrouvées. En cas de succès, Paris pourrait revenir à hauteur de Lyon. Il ne faudra toutefois pas se laisser abuser par un calendrier en trompe-l´oeil, tronqué par les rencontres reportées des clubs qualifiés en Ligue des champions. « Après un succès prestigieux à Marseille, conclut Halilhodzic, nous resterons modestes car on sait que tout peut vite basculer d´un côté comme de l´autre. »