ESPOIRS / BERNARD MENDY :
« La fin avec les Espoirs »
19 novembre 2003 - Gloub94
La catégorie Espoirs est ainsi faite qu’une défaite aux portes de l’Euro, à l’image de celle des Bleuets mardi, vous contraint pratiquement à ne plus jamais rejouer en sélection avec vos partenaires. Sauf plus tard, avec les A. Bernard Mendy, dépité, ose donc croiser les doigts.
Bernard Mendy, vous avez dû avoir beaucoup de mal à trouver le sommeil mardi soir ?
Oui, tout le monde était extrêmement déçu. Moi, le premier. Maintenant, comme dit le coach, il faut aller de l’avant et voir l’avenir avec nos clubs. Certains ne verront jamais les A, à part peut-être quelques chanceux comme Evra ou… Moi, je crois que j’ai aussi les qualités pour y aller.
Vous vous imaginez bien faire la bascule assez rapidement ?
Pas assez rapidement, mais je crois que le sélectionneur a vu le match. J’ai le potentiel pour pouvoir aller en A. Maintenant, il faut qu’il m’appelle. Moi, je vais me battre avec mon club et faire des matchs pour pouvoir aller en A. Même encore plus.
Mardi soir, vous ne vous êtes même pas arrêté pour dîner après le match ?
Non, c’est clair. Quand je suis arrivé à l’hôtel, je suis parti direct dans ma chambre, j’ai préparé mes affaires et éteint mon portable. C’est tout ce que j’ai fait.
Sur la pelouse, vous êtes longtemps resté accroupi, la tête dans les mains. Qu’est-ce qui vous a traversé l’esprit à ce moment-là ?
Je me suis dit que c’était la fin avec les Espoirs et que c’était dommage car nous avions les possibilités pour passer malgré l’expulsion de Djibril ( Cissé). A onze contre onze, nous aurions pu faire quelque chose… Nous avons su être solidaires pour aller jusqu’aux tirs au but. Manque de chance, nous en avons ratés deux.
« L’arbitrage était bidon »
A dix, c’était déjà un exploit d’emmener cette équipe du Portugal jusqu’aux tirs au but ?
Oui, c’est clair que, à dix, c’était un exploit. Maintenant, nous avions notre destin entre nos mains, nous n’avons pas su le prendre à onze contre onze. A dix, nous sommes allés jusqu’aux penalties. Ils ont mis tous les leurs et voilà, ils sont passés. Mais l’équipe n’était pas meilleure que nous. Ils avaient de bonnes individualités, mais, collectivement, c’était pas ça. A part avoir donné dans le festival de passements de jambes, c’est tout ce qu’ils ont fait.
Avez-vous vite senti que c’était une soirée sans ?
( affirmatif) C’est clair ! A partir du moment où l’arbitrage était bidon, que vouliez-vous que nous fassions ? L’arbitre a sifflé pas mal de fautes contre eux et, en ce qui concerne l’expulsion de Djibril, elle est méritée. Maintenant, il n’était pas tout seul. Je n’ai pas très bien vu ce qui s’est passé, mais, ensuite, le premier penalty a retiré… Je n’ai jamais vu ça !
Avez-vous l’impression que l’arbitre, à lui tout seul, ait brisé votre rêve ?
Je ne dirais pas qu’il a brisé notre rêve, mais au moins la moitié. Après, nous sommes fautifs aussi. Déjà, sur le premier but, il y a erreur de marquage. Pareil sur le deuxième. Ensuite, nous avions qu’à mettre les penalties. Moi, j’ai mis le mien. En revanche, ce qui m’a énervé et surpris, c’est ce premier penalty a retiré. Dans le monde du foot, personne n’avait jamais vu ça. L’arbitre a vraiment raté son match.
Vous êtes tombés sur une équipe portugaise pleine de vices ?
C’est clair qu’ils avaient du vice. Après, il y a certains joueurs qui pouvaient prendre des rouges. Notamment le n°4 ( Bruno Alves) et le n°5 ( Joao Paulo). Il ne leur a pas mis, tant pis. Je ne sais pas s’ils en ont rajouté tant que ça quand même. Nous, c’est clair que nous n’en avons pas rajouté, nous avons joué notre football. Maintenant, le score est ce qu’il est, la défaite est là.
« Retrouver le sourire en club »
Ce qui est regrettable ?
Oui, c’est dommage car nous avions un bon groupe, une bonne génération, l’ambiance était là… Maintenant, il faut repartir de l’avant, gagner en championnat contre Nice et retrouver le sourire avec notre club, même si nous ( le PSG) sommes quatrièmes. ( il marque un temps d’arrêt) C’est sûr que c’est décevant par rapport à l’équipe de France. Maintenant, il ne faut pas non plus faire l’amalgame.
Ne jouer ni les JO ni l’Euro doit constituer une énorme coup de massue pour ce groupe pourvu de beaucoup de qualités ?
C’est clair que c’est un coup de massue, surtout que nous avions gagné 2-1 au match aller. Avec les occasions que nous avions eues, nous aurions pu en mettre plus. C’est dommage… C’est clair que la qualification pour l’Euro et les JO nous aurait fait du bien. Surtout les JO que, pour la plupart, nous n’avons jamais joués. La génération d’avant avait échoué. Là, c’était notre tour…
Le constat est vraiment amer puisque, avec une défaite, vous passez à côté de deux compétitions majeures, ce qui équivaut à une année de compétition. Autant dire que c’est la fin de cette génération chez les Espoirs ?
Oui, voilà, malheureusement. Maintenant, il ne faut pas trop se prendre la tête pour continuer à avancer.