FOOTBALL, LIGUE 1/LYON - PSG 1 -1. Paris est passé tout près de l´exploit
Les Parisiens ont longtemps mené hier soir, grâce à un but de Pauleta. Mais Carrière, en fin de match, a fini par rétablir l´équilibre. Les deux équipes restent côte à côte, à sept points du leader, Monaco.
STADE GERLAND ( LYON), HIER SOIR. Fiorèse ( à gauche) et Berthod ( à droite) se sont livré une belle bataille sur le côté droit parisien. ( PHOTOPQR/« LE PROGRES »/MOUILLAUD.)
AH, SI LE PSG s´était imposé hier à Lyon! A dix minutes près, l´exploit était dans la boîte, après un coup de patte magique de Pauleta en fin de première mi-temps. Mais l´Olympique lyonnais est finalement revenu de l´enfer en toute fin de rencontre et reste invaincu à domicile depuis le 24 mai dernier ( défaite contre Guingamp 4-1). Le PSG, lui, n´a plus perdu à l´extérieur depuis le 30 août à Montpellier ( 3-2). La soirée a en tout cas été belle, hier soir à Gerland.
Un PSG remarquablement organisé
Lyon garde malgré tout son avantage à la deuxième place du classement. Paris se satisfait grandement de sa troisième place. « J´ai craint longtemps que l´on ne puisse revenir au score. Je retiens l´obstination de mes joueurs. On a obligé le PSG à beaucoup défendre. Et à craquer à la fin », dira Paul Le Guen à l´issue du match. « On est passé à côté de quelque chose d´exceptionnel. Il nous a manqué quelques minutes. Lyon a égalisé. C´est mérité. Ce match nul reste pour nous un exploit. La victoire aurait été un très grand exploit! » lui répondra Vahid Halilhodzic. Voilà qui résume parfaitement la philosophie de cette rencontre au sommet. Une course-poursuite incroyable, intense.
«On aurait pu se mettre définitivement à l´abri durant la première mi-temps», commente avec un brin de regret le coach parisien. Paris aurait très bien pu mener 3-1 à la pause. Mais dans le premier quart d´heure, on assiste au bal des occasions perdues. A l´image de Fiorèse qui, seul face à Coupet, perd son duel. Dans la foulée, c´est au tour de Juninho, sur une reprise de la tête à bout portant, de buter sur Alonzo. Puis Pauleta, au point de penalty, tire nettement au-dessus. Juninho et Dhorasoo tentent alors de remettre de l´ordre dans la maison rhodanienne. Lyon, avec sa galerie de vedettes, prend le jeu à son compte. Paris a renforcé ses arrières et aligne pas moins de huit joueurs à vocation défensive. Pourtant ce PSG, remarquablement organisé, n´est ni frileux ni attentiste. Au contraire, à la moindre occasion le voici qui jaillit vers l´avant et bouscule la défense lyonnaise. A force d´y croire, le coup réussit. M´Bami lance la contre-attaque et sert Pauleta aux 30 m. Le Portugais s´avance, décoche un tir magistral et signe ainsi son neuvième but en championnat. Pour Paris, c´est déjà Noël!
L´OL, lui, entrevoit déjà le « Père Fouettard». Les hommes de Paul Le Guen courent désormais après le score. Mais les Lyonnais sont émoussés par leurs ambitions en Ligue des champions. Dans les jambes et dans les têtes. La peur de la défaite, la première à domicile cette saison, se ressent dans chacun des gestes. Ils manquent d´inspiration. D´où la remarque dépité d´Halilhodzic: « On a alors trop reculé et pas su garder le ballon.»
Pourtant Paris résiste. Un PSG généreux, solidaire, arc-bouté sur son avantage. Alonzo sort aussi le grand jeu sur un tir gagnant de Berthod. Juninho croit pourtant enfin à l´ouverture quand il hérite d´un coup franc bien placé. Mais Alonzo est à nouveau à la parade. L´odeur de l´exploit galvanise les énergies. Après avoir vaincu l´OM à Marseille ( 1-0), le PSG se sent prêt à frapper un nouveau grand coup. Le Guen est livide sur son banc, incapable de galvaniser ses troupes. Malouda et Luyindula piétinent devant. Mais le destin a choisi Eric Carrière. Le mal-aimé. Entré en cours de match, son tir imparable à l´entrée des 6 m amène l´égalisation. Lyon s´est fait si peur...
Didier Romain
Le Parisien , samedi 20 décembre 2003