FOOTBALL, LIGUE 1/PSG. Le PSG est encore loin de son vrai niveau
Les Parisiens sont les seuls « gros » du championnat à être tombés lors de la première journée. S´il n´y a pas le feu au camp des Loges, Vahid Halilhodzic doit gommer les problèmes de son groupe.
LA DISCUSSION s´annonçait chaude, elle a duré plus d´une heure. Hier matin, au camp des Loges, en préambule au traditionnel décrassage, Vahid Halilhodzic et ses joueurs se sont enfermés dans la salle de musculation pour se dire quelques vérités. Les prochains rendez-vous révéleront si l´échange a été constructif.
Le manager a pris la parole le premier, pour adresser ses reproches collectifs et individuels. La défaite concédée samedi à Rennes suscite quelques interrogations. Tout le monde au PSG admet que la première demi-heure de jeu fut catastrophique, « ridicule » même selon Pierre-Fanfan et Halilhodzic. Comment Paris a-t-il pu passer à côté de son premier rendez-vous en championnat ? Voici les trois principales raisons.
1 Un problème mental. L´explication de Vahid Halilhodzic est claire et convaincante. « Certains joueurs croient encore que nous restons sur la lancée de la saison dernière et que nous allons tout gagner, explique-t-il. C´est une erreur. Je les avais mis en garde en leur demandant d´oublier tout ce qu´on a fait pour repartir à zéro. » Visiblement, le manager parisien n´a pas été entendu par tous ses joueurs. L´excès de confiance est dangereux et, pour provoquer une réaction, Halilhodzic n´est pas du genre à employer la méthode diplomatique : « Il va falloir dégonfler certaines têtes », soupirait-il à la sortie des vestiaires. Les joueurs refusent cet argument et expliquent leurs problèmes par le manque d´automatismes et certaines lacunes physiques.
2 Des jambes lourdes. Durant les deux semaines de stage effectuées début juillet à Aix-les-Bains, le PSG a beaucoup travaillé. Il s´agissait de se préparer foncièrement pour les deux grandes compétitions de la saison, le championnat et la Ligue des champions. Ainsi, la charge de travail était supérieure de 20 % à celle de la saison dernière. Il faut plusieurs semaines pour digérer une dépense d´énergie aussi intense. Samedi, Paris n´a pas eu le ressort nécessaire pour faire basculer la partie. Comme en début de saison dernière, les joueurs semblent avoir moins de vivacité que leurs adversaires. Au fil des matchs, ce déficit physique va s´estomper. En attendant d´être à cent pour cent, Vahid Halilhodzic a demandé de ne pas se retrancher derrière cette excuse et de compenser les faiblesses physiques par un surcroît de force mentale.
3 Des automatismes à trouver. Le PSG débute la saison avec quatre nouveaux titulaires ( Yepes, Armand, Rothen et Cissé). Il leur faut forcément du temps pour trouver leurs marques, d´autant plus que lors des matchs de préparation, Halilhodzic a beaucoup fait tourner son effectif. La principale inquiétude vient sans doute de la charnière centrale Pierre-Fanfan - Yepes. Les deux joueurs se découvrent. Leurs qualités individuelles ne sont pas en cause mais leurs profils, très similaires, leur jouent des tours. Avec Frédéric Déhu, la répartition des tâches se faisait naturellement, Pierre-Fanfan prenant souvent le rôle de stoppeur, et Déhu celui de libero. La répartition des tâches avec Yepes semble moins évidente. Voilà pourquoi on les voit parfois courir tous les deux après le même attaquant ou se disputer un ballon aérien. Si Sylvain Armand n´a pas déçu, Jérôme Rothen n´a pas eu le rendement attendu. Lui aussi doit trouver ses repères. Les prochains rendez-vous, contre des équipes présumées plus faibles ( Caen, Toulouse, Saint-Etienne et Istres), doivent permettre à Paris de prendre confiance pour lancer son championnat sans perdre davantage de terrain sur ses concurrents au titre.