Les exigences de Vahid Halilhodzic
Paris est aujourd´hui maître de son destin. Vainqueur de Lyon samedi ( 1-0), les Parisiens, deuxièmes, rêvent déjà d´une qualification directe en Ligue des champions et d´une victoire en Coupe de France, le 29 mai, contre Châteauroux ( L 2). « Deuxième, c´est fantastique, mais on a absolument besoin d´un trophée car seuls les titres restent », résume avec gourmandise Francis Graille.
Paris a retrouvé l´appétit, poussé par « l´ogre Vahid », qui s´annonce de plus en plus boulimique. Sitôt le succès contre Lyon, le Bosniaque s´est fait revendicatif. Voici ses exigences.
Construire un grand club. « Le PSG a un bel avenir devant lui. Nous sommes sur le bon chemin, mais Paris n´est pas encore un grand club. » Le discours sans concession de l´entraîneur parisien trouve un écho plus nuancé chez son ami et président, Francis Graille : « On espère tous que l´An II sera meilleur que l´An I. Mais la saison prochaine s´annonce dangereuse. » Pourtant, le Bosniaque n´en démord pas : « Il ne faut pas oublier dans quel état on était au début du championnat. On a fait du bricolage. Cela a été très difficile. On a beaucoup travaillé et, à l´arrivée, c´est un énorme succès pour une équipe qui s´est construite en quelques mois. Cela nous donne des obligations pour la suite. »
Diriger une équipe plus forte. « Il faut changer pas mal de choses au PSG pour progresser », reprend Halilhodzic, qui ne se trompe pas de cible : « Il faut que les dirigeants parisiens me donnent les moyens financiers. Paris doit disputer tous les ans la Coupe d´Europe. Il doit améliorer les résultats sportifs et surtout financiers. » Graille n´ose pas le contredire : « Vahid a raison de demander un groupe plus étoffé. » Mais le président ne promet pas un budget radicalement en hausse. Une chose est sûre, Paris est en train de préparer des départs. « Pour ce dernier match au Parc, il y avait beaucoup d´émotion dans les vestiaires. Un dernier match est toujours particulier, car on sait que tout le monde ne sera pas là la saison prochaine », s´épanche ainsi le patron du club. Vahid Halilhodzic, lui, s´annonce beaucoup moins sentimental. Il prépare ses renforts à partir d´une liste de trente à quarante noms. « Il y a aura une meilleure équipe l´an prochain », promet-il.
Gérer un vrai centre sportif. Au coeur de la stratégie d´Halilhodzic : le camp des Loges. « J´espère avoir un centre sportif digne d´un grand club », balance l´entraîneur du PSG, en mettant l´ensemble des décideurs du club devant leurs responsabilités. Graille y travaille, mais sait aussi qu´il devra composer avec des priorités. « On ne refait pas un club en un an. On est déjà allé très vite, jusqu´ici. » Une manière de « calmer » son coach. Et surtout, d´attendre les prochains événements qui pourraient bien déterminer le visage du nouveau PSG.
Tout dépend en fait des décisions de Canal +. « Le nouveau tour de table sera réglé en juin », a promis samedi soir Bertrand Méheut, le patron du groupe Canal, actionnaire majoritaire du PSG ( 90,8 % des parts). « Je dois tout concilier en même temps, le départ des historiques et l´entrée de Graille dans le capital, à hauteur de 15 %, ou peut-être un peu plus. Le prix dépendra de l´évaluation du club. Seule certitude, tout se réglera sans crise. »
PARC DES PRINCES ( PARIS), SAMEDI. Vahid Halilhodzic est très ambitieux : « Il faut que les dirigeants me donnent les moyens financiers. Paris doit disputer tous les ans la Coupe d´Europe. » ( LP/GUY GIOS.)