Paris tombe le roi Lyon
Le but victorieux de Pauleta n’a pas empêché Lyon d’être de nouveau sacré champion pour la troisième saison consécutive. La défaite de Monaco a tué le suspens. Paris en a donc aussi profité, puisqu’il chipe la deuxième place aux Monégasques. À Bastia, Paris aura donc son destin entre ses mains afin d´y glaner une qualification directe en Ligue des champions.
Au Parc des Princes
Il y avait si longtemps que le Parc n’avait fêté ses champions, que la nostalgie nous a inévitablement replongés dix ans en arrière, à l’heure où Paul Le Guen et ses copains étaient célébrés par un Parc qui chavirait de bonheur.
Et si Paul Le Guen est encore fêté ce soir, ce n’est pas avec Paris mais avec Lyon. Pour la troisième fois consécutive, Lyon s’adjuge le titre suprême. Ici, à Paris.
Reste que ce n’est pas de la nostalgie qui habite tous ceux qui ont pris une dernière fois leur train ou leur voiture pour rallier la grande cause du ballon rond du côté de la Porte d’Auteuil. Il y a autre chose. L’envie de voir chuter chez soi un champion hâtivement promis. Et, celle aussi d’être le témoin, une dernière fois au Parc, de la conclusion d’une saison heureuse. Car si dans les esprits vagabonds, le crochet girondin a laissé quelques traces, le long chemin qui a conduit Paris jusqu’à cette place en Ligue des champions force le respect.
Et la question qui reste en suspens est bien celle de savoir si Paris devra s’ouvrir le tableau final de cette lucrative joute européenne en passant par une exotique balade dans les recoins d’un périmètre économique européen récemment élargi à vingt-cinq. Car deuxième n’est pas troisième.
17e but pour Pauleta
Pour ce faire, Paris doit donc s’offrir des Lyonnais qui avaient d’ailleurs annoncé venir à Paris pour y être consacrés. Oui, car depuis longtemps la capitale des Gaules, n’est plus celle que l’on croit, mais on peut tout de même y venir pour s’y faire porter sa couronne. Côté ballon, c’est effectivement autre chose. Depuis deux ans, Lyon règne sans partage dans le domaine, ce qui peut expliquer - pas justifier - une certaine arrogance. C.Q.F.D.
Paris va donc faire de ce jour béni des Dieux, un jour de fête partagée. La joie de s’imposer face au champion de France, en même temps que de le voir devenir champion sur un stade au nom définitivement prémonitoire.
Et comme une histoire forte ne se construit pas sans des personnages controversés, c’est Pauleta qui va marquer l’unique but de la rencontre. Décevant face à Bordeaux, l’international portugais hérite d’un bon travail de Ljuboja, relayé par Fiorèse malgré la pression de Malouda. Au bout du mouvement, il y a donc Pauleta qui bat à bout portant Coupet ( 6e).
Jusqu’au bout de cette première période, c’est un Paris fidèle à son image rageuse qui fait douter les futurs champions de France. M’Bami ratisse tout ce qui passe dans sa zone de jeu. Précieux. Passé le quart d’heure de jeu, Déhu joue rapidement un coup-franc vers Fiorèse. Le Parisien pivote et se retourne vers Sorin qui met son plat du pied, mais le ballon file sous sa chaussure en même temps qu’à côté du but lyonnais ( 19e). Après vingt minutes de jeu, Elber lâche le premier tir cadré des Gones. C’est trop peu. Le couloir droit parisien fourmille de travailleurs généreux, si bien qu’il s’agisse d’un raid de quatre-vingts mètres de Mendy ( 80e) ou bien d’un bon relais M’Bami-Fiorèse qui se termine par une tentative de tête de Pauleta ( 41e), le danger est là. Jusqu’au repos seulement.
Alonzo héroïque
Car la deuxième période va être à sens unique. Certainement avertis par le résultat de Monaco à la pause ( 1-1), la voie d’un nouveau sacre semble se dégager. Il y a d’abord Elber qui se jette dans les bras du gardien parisien ( 47e), un Alonzo qui sera déterminant tout au long de la période. Et il le sera encore un peu plus, lorsqu’un coup-franc de Juninho relayé de la tête par Luyindula puis par celle de Diarra, se termine par un sauvetage sur sa ligne par la grâce d’une main ferme ( 51e). Mieux encore, lorsque dans les arrêts de jeu la tête de Juninho envoie le gardien parisien dans les airs ( 90e), et Paris au paradis.
Le dernier bruissement du sifflet de Monsieur Sars libère Lyonnais et Parisiens. « Tout le monde est content » sourit Jérôme Alonzo. Tandis que l’auto-congratulation prend place dans le rond central. Les hommes de Paul Le Guen doivent se dire que parfois les défaites sont belles. Celle de Monaco face à Rennes ( 1-4), donne aussi un autre éclat à la soirée parisienne. Tandis que chacun retrouve son train ou sa voiture, le stade se vide de la nostalgie qui accompagne les grandes soirées. Aux abords du stade, un vieux Monsieur questionne un groupe de jeunes gens hilares : « Paris est champion ? ». Les bonheurs du Parc ne sont pas toujours ceux que l’on croit…
José Carlin
PSG-Lyon : 1-0 ( 1-0). Arbitre : Sars. 42502 spectateurs. But(s) : Pauleta ( 6e) pour PSG. Avertissement(s) : Sorin ( 61e) pour PSG ; Diarra ( 39e) pour Lyon.
PSG : Alonzo - Heinze, Pierre-Fanfan, Déhu, Mendy - M´Bami, Fiorèse ( El Karkouri, 85e), Sorin, Cana - Pauleta ( Reinaldo, 81e), Ljuboja ( Rocchi, 65e). Entr. : Halilhodzic.
Lyon : Coupet - Edmilson, Berthod - Juninho, Diarra ( Govou, 61e), Essien ( Deflandre, 72e), Malouda, Muller, Dhorasso - Elber ( Viale, 77e), Luyindula. Entr. : Le Guen.