Paris savoure ce bonheur-là
Même provisoire, cette deuxième place qu’occupe Paris grâce à un magnifique coup de tête de son capitaine Déhu est encore considérée comme un don du ciel. Car si pour tous, ce soir, les Parisiens ont rempli leur contrat, la feuille de route du début de saison ne prévoyait qu’une qualification européenne. Maintenant qu’elle est acquise, Paris vit ce bonheur sans hypothéquer l´avenir.
Au Parc des Princes
Onze porte-bonheur, et plus encore. « Ce soir nous avons peut-être gagné le match qui nous assure cette troisième place ». Ainsi lancée, cette phrase de Vahid Halilhodzic résume parfaitement l’état d’esprit d’un entraîneur et d’un groupe qui trônent provisoirement à la première place ex aequo du championnat. Le leitmotiv est donc de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Et dans les bouches de Déhu, Heinze ou de Pierre-Fanfan, il y a un mot qui reviendra sans cesse : bonus. Car si on leur avait dit au soir du 30 août ( défaite 3-2 à Montpellier) qu’ils en seraient là aujourd’hui, nul ne nous aurait crus. Alors aujourd’hui, tous savourent ces moments à la hauteur de ce qu’ils sont : des moments de bonheur éphémères, mais des bonheurs quand même.
Et si Paris avance avec prudence dans ses déclarations, sur le terrain c’est une autre chose. Car là, il faut toujours aller plus vite, à l’image de Pauleta qui se bat pour poser rapidement le ballon au sol après que Monsieur Ledentu lui a accordé un penalty, et lance Fiorèse face à Cech. Le premier face à face de la soirée tourne à l’avantage du gardien international tchèque ( 5e). Paris n’a semble-t-il pas envie de s’éterniser à courir après l’ouverture du score, et l’on assiste donc à un premier quart d’heure à sens unique. Et si un centre en retrait de Fiorèse méritait une meilleure conclusion ( 6e), c’est surtout une tête un peu précipitée de Ljuboja, alors que Pauleta était mieux placé, qui aurait pu trouver le chemin du bonheur ( 11e).
Barbosa face à Alonzo
En fait, c’est sur sa seule occasion dangereuse que Rennes va mettre Alonzo au travail. À l’origine, il y a une belle combinaison entre Frei et Monterrubio. Le ballon hérite à Kallström qui combine avec Barbosa, et cette fois, le face à face a lieu entre l’ex-Montpelliérain et Alonzo. Le gardien parisien s’en tire à bon compte ( 19e).
Cette chaude alerte produit côté parisien le résultat escompté. Sur un coup-franc venu de la droite, Ljuboja pénètre dans la surface et cible Cech qui repousse des deux poings ( 21e). Mais Rennes n’écarte pas le danger pour autant, puisque sur un nouveau service côté droit, Pauleta relance l’action sur un retourné et le ballon file le long de la ligne de but rennaise sans que Ljuboja ne puisse s’en emparer ( 23e).
En jouant la ligne, les Bretons qui ne semblent pas très à l’aise dans cet exercice, s’exposent au danger. Reste que jusqu’au repos, Cech n’a pas à aller chercher le ballon là où il ne le veut pas.
Première pour Déhu
C’est sur le même registre que Paris entame cette deuxième période. Ljuboja joue les vicieux et d’un centre-tir, il oblige Cech à un arrêt reflex qui évite le pire ( 47e). Sur le corner qui s’ensuit, c’est au tour de Sorin de flirter avec l’extase, mais sa tête piquée est tout juste un peu trop croisée ( 48e).
Puis c’est lors d’un énième accrochage entre Jeunechamp et Fiorèse que Paris va s’offrir la terre promise. Le coup-franc est joué par Fiorèse, son ballon trouve au point de penalty la tête de Déhu. Comme un coup de canon venu de loin, le capitaine parisien catapulte le cuir dans les filets bretons ( 61e). C’est son premier but de la saison, mais qu’est-ce qu’il est important !
Cinq minutes après ce but, c’est au tour de Sorin de se retrouver en position d’alourdir la note, mais l’international argentin est tout surpris d’être seul au deuxième poteau, et du coup sa tête file dans les bras de Cech ( 66e). Paris a pris le contrôle des opérations, et ce n’est pas ce Rennes-là qui va l’inquiéter. La note aurait même pu être plus salée, mais la volée du droit de Fiorèse ( 67e) suivie du coup de canon du même pied de El-Karkouri ( 68e) offrent l’occasion à Cech de montrer qu’il est un des meilleurs de sa spécialité. Une ultime parade du portier tchèque sur une frappe de Fiorèse conclue une bien belle fin d’après-midi. Paris rejoint Lyon au tableau d’honneur et n’est plus qu’à quatre-vingt-dix minutes de savoir s’il va définitivement retrouver la Ligue des champions. Où quand un rêve devient presque réalité. Le bonheur se compte aujourd’hui en minutes.
José Carlin
PSG-Rennes : 1-0 ( 0-0). Arbitre : Ledentu. But(s) : Déhu ( 61e) pour PSG. Avertissement(s) : M´Bami ( 35e), Fiorèse ( 84e) pour PSG ; Jeunechamp ( 52e), Cech ( 58e), Didot ( 64e) pour Rennes.
PSG : Alonzo - Déhu, El Karkouri, Heinze, Pierre-Fanfan - Fiorèse, M´Bami, Rocchi, Sorin ( Boskovic, 90e) - Pauleta ( Reinaldo, 87e), Ljuboja ( Cubilier, 81e). Entr. : Halilhodzic.
Rennes : Cech - Diatta, Arribagé - Sorlin ( Piquionne, 74e), Faty, Barbosa, Kallström, Didot ( Le Lan, 84e), Jeunechamp - Frei, Monterrubio ( Gourcuff, 81e). Entr. : Bölöni.