Football, Ligue 1/PSG. «Je demande de l´aide»
Francis Graille , président du PSG
Suite aux violences entre supporters parisiens au cours du match à Strasbourg, Francis Graille a décidé d´annuler les déplacements officiels à Bordeaux et Bastia. Cela ne résout pas tout car le problème est complexe. Aux débordements des « indépendants » est venu s´ajouter, ces dernières semaines, une rivalité entre deux associations officielles : les Tigris d´Auteuil et les Boulogne Boys.
Pour tenter d´apaiser le climat, le président du PSG a rencontré hier les représentants de toutes les franges de supporters parisiens.
D´où vient l´antagonisme entre vos deux associations de supporters ?
Francis Graille. L´origine est digne de « la Guerre des boutons ». Ce sont des questions de pouvoir exacerbées par un certain nombre d´indépendants qui n´ont que la violence comme but. Je ne sais pas à qui profite le crime, mais c´est dramatique. Pour résoudre ce problème, j´essaie de mettre ces associations devant leurs responsabilités. Nous pourrions éventuellement décider de ne plus reconnaître leur statut d´association.
L´annulation des déplacements à Bordeaux et à Bastia est-elle vraiment une bonne solution ?
Si quelqu´un a une meilleure idée, il est le bienvenu. Il fallait marquer le coup et mettre les responsables politiques devant leurs responsabilités. On ne peut plus faire prendre de risques à des supporters qui se retrouvent mélangés à des voyous. Il fallait prendre des dispositions avant que l´irréparable ne soit commis. Moi, je n´ai pas envie de voir une mère venir me demander un jour pourquoi son fils est devenu handicapé parce qu´il soutenait le PSG.
Ne pouvez-vous rien faire d´autre ?
On ne peut pas demander à des présidents de club de gérer des problèmes d´ordre public. Je demande de l´aide. On est dans un pays de droit, et il doit être respecté. Il y a un problème profond et endémique. Je ne peux pas à moi seul endiguer la xénophobie dans les stades.
Lors de PSG - Marseille, 300 individus sont entrés dans la tribune Boulogne en forçant l´accès au stade. Comment est-ce possible ?
J´ai justement demandé au préfet Proust de me l´expliquer. Ce n´est pas à nos guichetiers de retenir 300 personnes qui arrivent et qui viennent de faire sauter un barrage de police !
Hier après-midi, vous avez organisé une réunion avec les représentants des groupes de supporters. Que leur avez-vous dit ?
Je leur ai expliqué pourquoi j´ai annulé les déplacements. Ils me comprennent mais me demandent de revenir sur ma décision, ils veulent suivre leur équipe jusqu´au bout d´une saison formidable. Mais je ne changerai pas d´avis en me basant sur de simples promesses.
Les ventes de billets pour la finale de la Coupe de France sont difficiles à contrôler. Craignez-vous le pire ?
Il est trop tôt pour le dire. J´ai alerté le préfet sur les dangers de cette finale. Je ne pense pas qu´il soit bon de mélanger dans le même virage Auteuil et Boulogne. C´est pour cela que nous n´avons pas encore commencé la mise en vente des billets car ce qui nous est proposé pour le moment est inacceptable. Demain, nous avons une réunion au ministère de l´Intérieur qui est prévue depuis longtemps. Nous irons avec Frédéric Thiriez, le président de la Ligue, et les représentants des associations de supporters pour évoquer tous ces problèmes.