PSG / FRANCIS GRAILLE :
« Une situation intolérable »
03 mai 2004 - David AIELLO
Très remonté après les incidents entre supporters parisiens survenus à Strasbourg, Francis Graille a décidé de suspendre les déplacements des groupes officiels en Province. Le président du PSG attend désormais des pouvoirs publics qu’ils prennent leurs responsabilités dans cette lutte contre la violence.
Francis Graille, la suspension des déplacements étaient-elle la solution la plus radicale ?
On a fait tout ce qu’on a pu. On a tout tenté. Nous nous sommes d’ailleurs rencontrés plusieurs fois avec les associations de supporters. Mais aujourd’hui, il apparaît que le problème est beaucoup plus profond et ne date pas d’aujourd’hui. Il faut savoir dire stop à un moment donné et c’est ce qu’on a fait.
Etes-vous en mesure d’identifier ces fauteurs de trouble ?
Au Mans, il y avait déjà eu des débordements, tout comme à Strasbourg et à Nantes. Aujourd’hui, il n’y a eu aucune interpellation, ce qui nous paraît intolérable. On ne peut pas en rester là. Comment pouvons-nous faire la police quand il n’y a aucune arrestation ? Je ne suis pas un spécialiste de l’ordre, ce n’est pas mon métier. Mais le problème relève plus de la sécurité civile. C’est maintenant aux instances nationales de prendre des directives. J’attends des ministères de l’Intérieur et de la Justice qu’ils prennent leurs responsabilités.
Cette décision d’arrêter les déplacements n’est-elle pas une manière de repousser le problème ?
Si la solution idéale est de fermer les yeux et d’attendre, il est évident que ce n’est pas la mienne. J’en ai parlé avec Michel Denisot pour savoir ce qui avait été fait en 1993, au moment où une décision de ce genre avait été prise. Il nous est apparu comme une évidence que la seule décision à prendre était d’arrêter les déplacements.
« Des décisions doivent être prises au niveau national »
Qu’est ce qui pourrait vous amener à reprendre les déplacements ?
Des décisions doivent être prises au niveau national. Cela nous permettrait de vivre un peu plus tranquillement. De savoir qu’on peut se rendre coupable de voie de fait et de violence sur la voie publique sans être condamné, c’est intolérable.
Paradoxalement, la situation semble s’être calmée au Parc des Princes…
Pas tout à fait. C’est l’arbre qui cache la forêt. Dimanche dernier, pour le match contre Marseille, tout s’est à peu près bien passé. Mais il y a quand même 200 ou 300 individus qui sont entrés sans payer, en forçant un barrage. C’est intolérable ! On ne peut pas demander aux stadiers et aux personnes qui contrôlent les billets d’arrêter ces individus quand les policiers n’en sont pas capables.
Maintenant, vous attendez donc des décisions des pouvoirs publics ?
Tout à fait ! J’attends que tout le monde prennent ses responsabilités. Nous, on prend les nôtres. Alors qu’on joue encore une bonne place en championnat, on a décidé de se priver de notre douzième homme en déplacement. C’est une décision difficile à prendre mais nous l’avons prise. Il en va de la sécurité des gens dans les stades. Et en matière de sécurité, on ne fait jamais assez.