Strasbourg - PSG 0-0. Paris perd deux points mais pas l´espoir
Réduits à dix pendant près d´une heure, les Parisiens ont quand même ramené un point d´Alsace, hier soir. Ils rétrogradent à la troisième place du championnat mais restent dans la course au titre.
Strasbourg a fêté l´Europe des Vingt-Cinq très calmement. En ce 1er mai, les rues de la capitale alsacienne sont restées vides et silencieuses. Pour trouver un peu d´effervescence, il fallait se rendre au stade de la Meinau, où 25 000 personnes sont venues voir le PSG concéder le match nul ( 0-0) face à l´équipe locale.
Mathématiquement, ce n´est pas une bonne opération pour Paris puisque Monaco, vainqueur de Nice vendredi ( 2-1), reprend la deuxième place alors que Lyon, qui joue ce soir à Bordeaux ( 20 h 45), pourrait reprendre cinq points d´avance sur le PSG en cas de victoire. Un écart qui pourrait s´avérer décisif à quatre journées de la fin du championnat.
Solidaires et volontaires
Ce matin néanmoins, les chances parisiennes de décrocher le titre sont réelles. Grâce à Jérôme Alonzo, auteur d´une série d´arrêts incroyable, et grâce aux valeurs qui ont fait de Paris l´une des meilleures équipes de France. Solidaires et volontaires, Déhu et ses camarades ont même fait preuve d´héroïsme dans les dernières minutes, quand la pression alsacienne a atteint son paroxysme. Malgré le nombre limité d´occasions de but, la partie fut agréable. C´est Alonzo, l´homme du match arborant un surprenant maillot rayé noir et blanc, qui ouvre les festivités avec un premier arrêt décisif devant Mouloungui ( 9 e ) . Ljuboja remet Paris dans le bon sens d´un joli coup franc stoppé par Dutruel ( 17 e ) . Alors que le match baisse d´intensité, les yeux des spectateurs quittent soudain la pelouse pour se diriger vers la tribune visiteurs. Comme à Nantes mercredi, les supporters parisiens se battent entre eux. Après dix minutes d´échauffourées parfois violentes, les CRS interviennent et font usage de gaz lacrymogènes pour mettre fin à ce spectacle lamentable. Six minutes avant la pause, l´arbitre voit rouge et expulse très sévèrement Lorik Cana pour un tacle sur Le Pen. C´est le tournant du match. Déjà usés par les matchs contre Marseille et Nantes, les Parisiens se seraient volontiers passés de jouer pendant une heure à dix. Mais, comme souvent cette saison, le sentiment d´injustice va transcender les hommes d´Halilhodzic. A l´image de Juan Pablo Sorin, ils vont courir dans tous les sens pour empêcher Strasbourg de marquer. La fin du match est intense et un peu folle. A cinq minutes du coup de sifflet final, Mendy sauve la balle de match et permet à Paris de repartir avec un petit point mérité.
L´hommage d´Antoine Kombouaré est éloquent : « Il faut vraiment féliciter le PSG. Ce match nul récompense leur ténacité. Ils ne lâchent rien et il y a toujours un joueur qui est là pour aider son coéquipier. Je garderai une image de ce match, c´est le sauvetage de Mendy sur la ligne alors que Jérôme ( Alonzo) est dans les choux. Je suis effaré par les efforts qu´ils font. Ils sortent du terrain fatigués et je comprends pourquoi. » Jérôme Alonzo, après avoir embrassé l´ancien entraîneur de l´équipe réserve parisienne, retourne le compliment : « Bravo à Strasbourg, ils ont relevé le défi physique et il n´y en a pas beaucoup qui y arrivent contre nous... » Satisfait de ce match nul, Kombouaré ne renie pas ses origines et offre son soutien à son ancien club : « Maintenant, je redeviens supporter du PSG ! Je suis à fond derrière eux et j´espère qu´ils vont être champions. »
Quatre supporters hospitalisés. Les incidents entre supporters parisiens ont valu à quatre d´entre eux d´être hospitalisés, le plus gravement touché souffrant d´une fracture. Une quarantaine de personnes ont été légèrement touchées. La plupart se plaignaient de vertiges à cause de gaz lacrymogènes propagés par les forces de police.