Invulnérable, le PSG s´offre le Stade de France
Les Parisiens sont passés par toutes les émotions avant de se qualifier à l´issue d´une incroyable séance de tirs au but. En finale, le 29 mai, Paris affrontera Châteauroux.
Le PSG sera l´équipe de la fin de saison. Le doute n´est désormais plus permis. Hier, au terme d´un match d´un suspense incroyable, qui fit passer au second plan un niveau de jeu longtemps ennuyeux, les joueurs de Vahid Halilhodzic se sont qualifiés pour la finale de la Coupe de France.
Le 29 mai, au Stade de France, face à Châteauroux, un adversaire de second plan, ils seront idéalement placés pour ramener un trophée qui échappe au club parisien depuis 1998. C´est une frappe hors cadre du milieu de terrain nantais Mathieu Berson qui a conclu une séance de tirs au but mémorable, pendant laquelle Landreau stoppe trois frappes et Letizi deux. Un peu malgré lui, le gardien parisien a été l´homme du match. Après l´ouverture du score de Fiorèse ( 50 e ) , le PSG semblait en effet maîtriser la partie et pensait avoir son ticket pour Saint-Denis en poche quand Yepes, dans les arrêts de jeu, profitait d´une énorme erreur d´appréciation du gardien parisien pour envoyer les deux équipes en prolongation. Trois quarts d´heure plus tard, Letizi enfilait le costume du héros en arrêtant les tirs au but de Vahirua et Da Rocha. La fatigue et la maladresse de Faé et de Berson faisaient le reste.
« Les tirs au but, c´est le loto ! »
« C´était vraiment beaucoup d´émotions, souffle Halilhodzic. Nous nous sommes fait piéger à la dernière minute et je peux vous dire que ce but de Yepes est celui qui nous a fait le plus de mal cette saison. Avant cela, je m´étais un peu trompé dans mes changements ( NDLR : Fiorèse, Reinaldo et Ljuboja ont été remplacés par Cubilier, Leal et Touré dans le dernier quart d´heure). Je voulais garder le résultat. C´est ce qu´on a fait pendant la prolongation. Après, les tirs au but, c´est le loto ! On a eu un peu de chance. Je suis quand même déçu pour Lolo Amisse. » Effectivement, pour l´entraîneur nantais, le coup est très dur à encaisser. Dix jours après avoir perdu la finale de la Coupe de la Ligue, c´est encore aux tirs au but que les Nantais perdent une rencontre qu´ils méritaient de gagner vu leur domination. « Il ne faut pas te décourager », lui a glissé Halilhodzic dans les couloirs de la Beaujoire. « J´espère que ces expériences nous serviront pour l´avenir, se console Amisse. Les joueurs se sont beaucoup investis pour revenir au score. On y a cru jusqu´au bout, on a fait le maximum mais une fois de plus, les tirs au but ne nous ont pas réussi... » De la réussite, les Parisiens n´en manquent pas, « mais elle est surtout due à notre travail », souligne Bernard Mendy. Le PSG a la chance du champion. Tout près d´offrir au club sa sixième Coupe de France, les Parisiens peuvent légitimement espérer décrocher un doublé historique. « C´est pas mal, mais il faut rester calme et modeste, tempère Halilhodzic. On sait qu´on peut faire quelque chose d´extraordinaire. Il nous reste cinq matchs de championnat et depuis un moment, on est de plus en plus forts. On peut aller chercher quelque chose mais il faut d´abord bien négocier le déplacement à Strasbourg. Après Marseille et la prolongation à Nantes, ce sera très délicat. » En s´envolant vers Paris, tous les esprits parisiens étaient déjà au Stade de France. « Chaque fois que nous sommes passés devant ce stade, j´ai dit aux joueurs qu´il serait bon de prendre une revanche ( NDLR : l´an dernier, le PSG a perdu en finale face à Auxerre 2-1), raconte Halilhodzic. Il ne faut pas croire que la finale est gagnée d´avance. ( On se souvient que Paris en a perdu une contre Gueugnon en Coupe de la Ligue en 2000.) Mais je ne pense pas qu´on fera la même erreur. » On ne peut pas lui donner tort. Ce PSG version 2003-04 est certainement le plus solide depuis huit ans.