allez quelques infos:
Après Lens-PSG
Paris a su relativiser
Si l’on a noté de la déception dans les propos parisiens au hasard des couloirs de Bollaert, pour autant rien n’a semblé entamer cette incroyable énergie qui les rassemble. Ce groupe soudé, parfaite alchimie entre joueurs meurtris au talent certain et jeunes prétendants à la reconnaissance nationale, a jusqu’alors su se jouer de l’adversité. Lens doit être le début d’un autre départ.
De notre envoyé spécial
à Lens
Un compétiteur reste un compétiteur. Et même s’ils n’y ont jamais vraiment attaché d’importance, les Parisiens auraient sûrement aimé prolonger leur règne invincible au moins encore un peu. Mais Lens est passé par là, et l’heure n’est donc pas à la nostalgie mais à la remobilisation.
Hasard du calendrier, c’est donc après avoir échoué au Parc face à Lens ( 0-1, le 2 novembre), que Paris initiait sur les bords de l’Erdre à Nantes le début d’une longue série d’invincibilité de dix-sept journées ( 0-1, le 8 novembre). A Bollaert, dimanche soir, c’est un Paris à deux visages qu’il nous a été permis de voir. « Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais il est certain que notre deuxième période a été autrement meilleure que la première » concède le capitaine Frédéric Déhu.
Paris était-il alors un peu tétanisé par l’enjeu, après les succès monégasque et lyonnais de la veille ? « Nous savions que nous avions l’obligation de faire un résultat après les victoires de Lyon ( 0-1 à Nice) et de Monaco ( 0-1 au Mans). C’est une pression supplémentaire, mais c’est également une pression positive » témoigne un autre ancien lensois, José Pierre-Fanfan. Il y avait donc un peu de cela aussi au moment de pénétrer sur la pelouse : une pression positive. « Si de temps en temps nous avions eu de la réussite, ce soir elle était du côté de Lens, ajoute Vahid Halilhodzic, et en plus nous avons un effectif un peu juste avec des joueurs sur le banc encore un peu tendre pour répondre à ce type de défi. »
« Troisième c´est exceptionnel »
Comme souvent c’est Daniel Moreira qui sera un bourreau pour les hommes de Halilhodzic. Revenu de blessure ( ischio-jambiers), le vice-capitaine lensois n’a pas manqué son vrai retour à la compétition ( il n’avait joué que dix minutes face à Bastia, nda). D’ailleurs ce n’est pas un hasard si pour saluer la bonne copie rendue par son international, Joël Muller le fera sortir quelques minutes avant le coup de sifflet final sous les vivats de la foule bigarrée de Felix-Bollaert. Car ce double une-deux avec Utaka et Coridon est un cas d’école. « C’est une contre-attaque parfaite. La mauvaise relance de Déhu me permet de jouer rapidement avec John ( Utaka) puis de trouver Charlie ( Coridon). Je suis vraiment content du résultat final, nous continuons à être la bête noire du PSG. »
Une bête noire qui fut tout de même avantagée par les absences de Heinze et Sorin, partis rejoindre leur sélection nationale. « Mais qui me dit qu’avec eux cela se serait passé différemment ? questionne l’entraîneur parisien. Je persiste à dire que la troisième place c’est bien, et que ce serait un résultat exceptionnel si nous nous y maintenons jusqu’au bout. »
Paris ne se prend donc pas la tête. Et même si les trois points qui les séparaient des co-leaders avant cette défaite en Artois lui permettaient d’envisager l’avenir différemment, « ce coup d’arrêt ne doit pas tout remettre en cause. Et si après Lens nous étions parvenus à enchaîner une longue série sans défaite, pourquoi n’en ferions nous pas autant jusqu’à ce dernier déplacement à Bastia ( dernière journée, 23 mai) » conclut José Pierre-Fanfan. Car un compétiteur reste un compétiteur.
José Carlin