Un Paris à l’italienne
23 mars 2004 - Aurélien CANOT
La dernière prestation en date des Parisiens, une nouvelle fois très moyenne, n’a pas empêché le PSG de prendre trois points supplémentaires. Du côté des vestiaires, tout le monde en est conscient et ne tente même pas de dissimuler cette absence de jeu qui agace les supporters.
« C’est le genre de match où l’on prend trois points et où l’on passe au suivant. » Pas vraiment connu pour mâcher ses mots, Jérôme Alonzo n’a retenu du match contre Ajaccio que la victoire. De toute façon, il est difficile actuellement pour les Parisiens de tirer d’autre d’analyse que celle du gardien de but parisien entre deux drives frappés sur un green de la région parisienne. En débarquant samedi dans la zone presse du Parc des Princes, Frédéric Déhu n’a d’ailleurs aucunement cherché à modifier ce sentiment général. « Nous avons une assise défensive qui nous permet d’être la meilleure défense du championnat. Nous nous appuyons sur cette solidité et nous sommes réalistes offensivement. C’es ce qui nous permet d’être à ce niveau-là. »
Car, pour le jeu, il faudra repasser. Depuis la soirée phénoménale du 7 février dernier contre Montpellier ( 6-1), le PSG est en effet très laborieux, son football un peu poussif, mais les résultats sont là. Et, comme le répète inlassablement Déhu : « L’essentiel est de gagner. Je préfère mal jouer et gagner que bien jouer et faire match nul. » Vahid Halilhodzic - partisan du même genre de réflexion ensoleillée - et ses hommes ont donc de quoi se satisfaire de leur rendement actuel. D’autant que si, sur les derniers matchs, il n’y a pas vraiment de quoi s’emballer devant le jeu développé par Paris, ça n’a pas toujours été le cas. « Nous avons démontré à plusieurs reprises que nous avions un certain fond de jeu pour réussir de très beau matchs. » explique le capitaine du PSG.
Comme le Camerounais M’Bami, les Parisiens aimeraient certes pouvoir faire plus souvent vibrer leurs supporters. Mais, si le PSG continue sur cette lancée, il y a de fortes chances pour que le public de la capitale accepte de fermer les yeux sur la manière. « Il veut toujours voir du beau jeu, mais nous n’allons pas changer notre jeu, vu qu’il nous permet de toujours sortir vainqueur, reconnaît justement M’Bami. » De quoi mettre la pression sur le PSG, 3eme à 3 points des leaders ? « Non, affirme Modeste. Même si ça va un peu être la guerre des nerfs. Il faut donc faire attention et continuer de bosser avec sérénité, car l’équipe qui va craquer ou baisser les bras sera décrochée. » On n’en est pas encore là. Officiellement, le PSG ne s’intéresse en effet qu’à une chose pour le moment : assurer sa qualification en UEFA. « Le jour où le PSG sera sûr de jouer au minimum l’UEFA, explique Déhu, le contrat sera rempli et nous essaierons de tout faire pour rester parmi les trois équipes de tête. » Version officielle.