Au fond du trou
25 octobre 2004 - Alex KAZAN
En l’espace de deux mois et après un début de saison très encourageant, le RC Lens a perdu son jeu, sa confiance et ses ambitions. Le club nordiste n’a plus remporté le moindre match depuis le 21 août et malgré l’urgence de la situation, les Sang et Or refusent encore de tirer le signal d’alarme.
« Le résultat de ce soir peut paraître négatif mais j´espère que c´est le début d´une bonne série. » Voilà comment Gervais Martel a résumé la situation du RC Lens dimanche soir suite au nouveau match nul de son équipe face à Marseille. Le quatrième partage des points consécutif sur la pelouse de Bollaert. Le huitième match sans victoire pour les Sang et Or. Mais si le président nordiste garde son calme en évoquant la mauvaise période de son club, il est nettement plus virulent quand on aborde la situation de son entraîneur. « Concernant Joël Muller, on vire un entraîneur quand il ne bosse pas, qu´il est incompétent et que le groupe n´adhère pas, s’emporte Gervais Martel. Ce n´est pas le cas et il faut arrêter un peu sur ce sujet. »
Pourtant, à voir Joël Muller prostré sur son banc de touche au coup de sifflet final dimanche soir, on peut commencer à se demander si le technicien lensois possède les remèdes aux maux de sa formation. Le Racing manque de confiance, de créativité, d’allant… Bref, le Racing a perdu son jeu. « En première mi-temps, on a essayé de les bousculer mais en face, il y avait un bloc en place, qui sortait bien les ballons, a analysé Joël Muller dans les travées de Bollaert. C´est un match appliqué, sérieux de notre part mais insuffisant par rapport à notre situation comptable. Cela ne nous fait pas beaucoup avancer. On a manqué de créativité et on a sans doute perdu trop rapidement les ballons. »
Un mois de novembre périlleux
On le voit, aucun signal d’alarme dans le discours du technicien lensois. Et le discours est plus ou moins identique dans la bouche de ses joueurs. « C´est un peu laborieux mais on ne prend pas de but et on reste invaincus à Bollaert, estime ainsi Jérôme Leroy. C´est toujours un point de pris et ce soir, on ne pouvait pas attendre plus. Ce point ne fait pas plaisir à tout le monde mais il faut s´en contenter. » « On a senti que nous étions solides défensivement, explique pour sa part Nicolas Gillet. Maintenant, on a eu plus de mal à aller de l´avant face à une équipe marseillaise solide également. Des gros matchs arrivent et il ne faut pas voir cela négativement. Il ne faut pas y aller la peur au ventre. »
Les gros matchs en question promettent en effet un mois de novembre chargé pour les Sang et Or. Déplacements à Bordeaux, Nice et Sochaux ; réceptions de Lyon et Lille : les prochaines semaines s’annoncent périlleuses pour une formation qui n’a plus gagné depuis un voyage à Istres lors de la troisième journée. Ce jour-là, le RCL s’installait en tête de la Ligue 1 et les compliments tombaient de toutes parts pour louer un jeu offensif et collectif plaisant et efficace. C’était il y a deux mois. Depuis, Lens a accumulé les mauvaises performances ( cinq nuls et trois défaites) et a chuté à la seizième place du classement. Alors oui, président Gervais Martel, le match nul concédé face à Marseille peut paraître négatif. Reste à espérer, comme lui, qu’une bonne série est sur le point de débuter…