La Provence du 03/02/2004
Objectif dix points sur douze !
Avant le déplacement de demain à Montpellier, José Anigo a clairement annoncé ses objectifs sur les quatre prochains matches. Il réclame au moins trois victoires. Dans le cas contraire, il sera trop tard pour penser encore à l´Europe
On a beau retourner le problème dans tous les sens, chercher des raisons d´espérer, détailler les circonstances, se livrer à toutes sortes de prospectives, rien ne résiste à la réalité comptable.
Dans ce domaine, l´OM, comme le répète volontiers José Anigo, ne peut aujourd´hui prétendre à rien. Septième à quatorze unités du leader monégasque et à sept d´Auxerre, actuel troisième du classement.
Pour une formation qui revendiquait une place en Ligue des champions en début de saison, le handicap commence à faire tâche. Il reflète en tout cas l´inconstance d´une équipe olympienne qui, en l´espace de quelques mois, s´est transformée en victime désignée. En machine à engranger les désillusions.
" Les joueurs ont droit à un joker"
Pour sauver ce qui peut encore l´être, José Anigo s´est lancé dans une véritable course contre le temps et les éléments. Secouant une troupe désemparée, effectuant plusieurs ajustements, récupérant avec Ferreira, Batlles et Sommeil trois joueurs susceptibles de stabiliser un groupe en perte de repères.
Sans effet pour l´instant, la dynamique voulue par le coach, réclamée par les supporters, arrive à un tournant. Avec un effectif en phase de reconstitution, José Anigo peut enfin envisager une série digne de ce nom. Sans avoir à combler avec les moyens du bord les vides laissés par de lourdes absences.
Hier en tout cas, l´entraîneur marseillais s´est montré très clair sur ses objectifs pour les quatre prochains matches. Demain contre Montpellier, samedi face à Ajaccio au Vélodrome, au Mans ensuite et contre Nantes : " Objectif dix points sur douze, annonce Anigo. Les joueurs ont droit à un joker. Autant ne pas le griller d´emblée."
Plus question d´erreurs individuelles
Voilà qui a le mérite de planter le décor de la rencontre de demain à La Mosson. Là où les Marseillais vont tenter d´amorcer le mouvement qui pourrait leur permettre de revenir sur le wagon de tête.
Du côté de La Commanderie, le message est passé cinq sur cinq. " On repart de zéro, poursuit le coach, et cela je crois que tout le monde l´a saisi "
Evidemment, entre les déclarations de bonnes intentions et le terrain, existe un fossé considérable. Un fossé où les Olympiens ont laissé une partie de leurs illusions.
Depuis le début de la saison, c´est toujours la même musique. Un sursaut, quelques espoirs et puis plus rien. Ou presque. Cette logique aux allures de funeste dérive a conduit la formation olympienne dans le ventre mou du championnat.
Les dix points réclamés par José Anigo ont pour but de mettre l´équipe face à ses responsabilités. Et ne laissent aucune place à un nouveau relâchement coupable.
Le coach ne veut plus entendre parler des erreurs individuelles qui, face à Paris et à Sochaux, ont précipité la défaite de l´OM.
Les effets du mercato d´hiver ? Là encore le technicien refuse de se prononcer. " L´avenir nous le dira. On verra déjà après nos quatre prochains matches."
Quatre matches clés dans l´ère Anigo et pour cet 0M une fois de plus en reconstruction. Quatre matches qui diront si les Marseillais possèdent ou non les capacités pour briser la spirale négative qui assombrit leur horizon.
Dix points, le challenge est clair...
Eric PUECH
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Sommeil est attendu
DAVID SOMMEIL n´a pas joué depuis le 10 janvier dernier. C´était à Portsmouth. Ce jour-là, la défense de Manchester City sombrait ( 2-4)... L´ancien Bordelais semble avoir payé pour tout le monde. À vingt-neuf ans, relégué sur le banc des remplaçants contre Blackburn ( 1-1) et en Cup contre Tottenham ( 1-1), il n´a pas hésité longtemps lorsque Pape Diouf lui a proposé de finir la saison à Marseille, un club qu´il avait déjà faillir rejoindre avant de tenter l´aventure anglaise.
« C´est allé super vite, commente-t-il. Je ne me voyais pas vraiment finir la saison à City. On a raté pas mal de choses, on a été aussi incapables d´enchaîner les bons résultats. C´est dommage, on avait une équipe pour réaliser de belles choses. » Manchester City est aujourd´hui 15e, à trois points du premier relégable. « Le samedi, avant de partir, je me suis donc expliqué avec Kevin Keegan. Je ne regrette pas cette expérience anglaise. C´est vrai que je ne serai resté qu´un an mais, aujourd´hui, c´est comme ça. Il faut accepter de bouger. Me voici donc à Marseille. Je suis arrivé vendredi soir et le samedi, j´ai réglé les trucs administratifs. »
Et demain, il fera ses grands débuts avec un minimum de repères et un maximum de responsabilités. À Montpellier, il devra se comporter comme le chef d´une défense perméable et fragile. Philippe Christanval est suspendu... « Je n´ai pas peur d´être le patron de cette défense si on me le demande, assure-t-il. Je connais tout le monde, ce n´est pas un problème. Et puis, il ne faut pas uniquement focaliser sur les mecs qui jouent derrière. Je suis juste un pion qui remplace Daniel Van Buyten. Je ne vais pas tout arranger. Les problèmes défensifs ne tiennent pas à grand-chose, à mon avis. La communication entre sans doute dans les solutions à mettre en place. Je suis apte à apporter quelque chose à ce niveau-là, avec mon expérience en France et en Angleterre. Mais toute l´équipe doit être attachée à cette tâche. » - G. D.
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Perrin et l´OM discutent toujours
ALAIN PERRIN est toujours l´entraîneur de l´Olympique Marseille. Sur la feuille de match distribuée par la Ligue nationale lors du dernier Sochaux-Marseille ( 2-1), le nom de l´ancien patron de la formation phocéenne figure en bonne place dans la case entraîneur. Même constat pour le choc contre Lens ( 3-2), au Vélodrome, puis le nul obtenu à Metz ( 1-1). Parmi ses cadres, l´OM possède pourtant plusieurs titulaires du diplôme d´entraîneur professionnel de football, tels Jean-Philippe Durand ou encore Albert Emon. Eux sont capables de couvrir l´actuel titulaire du poste, José Anigo, insuffisamment diplômé pour diriger une L 1, car disposant du seul DEF.
En fait, Alain Perrin est toujours salarié de l´OM. Il a été reçu par Christophe Bouchet, le 23 janvier, lors d´un entretien préalable à un licenciement. La lettre qui suit cette entrevue devrait lui parvenir par courrier recommandé dans un délai d´un mois. Entre-temps, le club phocéen semble fourbir ses armes. Serait-il à la recherche d´éventuels témoignages susceptibles de prouver une faute grave ? Marseille joue visiblement la montre et évite de commettre une erreur qui pourrait corser les indemnités de rupture de contrat qu´il devra forcément verser au technicien. Et si possible le plus tard possible pour d´évidentes questions budgétaires.
Il est donc inutile, par exemple, de rayer tout de suite le nom d´Alain Perrin des feuilles de match. Cela pourrait être considéré comme une faute tant qu´il n´est pas officiellement licencié. « Avec Alain Perrin, on a parlé deux ou trois fois, révèle Christophe Bouchet, le président. Aucune décision n´a été prise le concernant. Alain est toujours salarié du club. Nous n´avons pas encore trouvé un accord mais il est plutôt question pour l´instant de discussions globales. »
Alain Perrin est lié à l´OM jusqu´en juin 2006. Il n´avait pas signé de contrat de manager, même s´il en exerçait les fonctions. Chaque saison, son bail d´entraîneur était tacitement reconductible d´une saison supplémentaire sans que les modalités de cette prolongation ne soient précisément définies. Son licenciement pourrait coûter à Marseille entre deux à cinq millions d´euros, selon l´interprétation qui est faite des clauses d´objectif et de résultats. Au siège du club, rue Negresko, on chercherait donc une solution pour payer le moins possible. Quitte à faire pression sur l´intéressé ? - J. D., H. F. et G. D.