CITÉ À PLUSIEURS REPRISES dans le livre « OM - PSG, PSG - OM, les meilleurs ennemis », sorti jeudi, Bernard Lama, ancien gardien parisien, nous confirme que « l´environnement de l´OM » a bien tenté, au début des années 1990, de le soudoyer. Dans l´ouvrage, vous affirmez qu´à deux reprises, comme gardien de Brest puis de Lens, vous avez été « approché par quelqu´un dans l´environnement de l´OM » pour « laisser rentrer des buts ». Qui ? Bernard Lama. Attendez, vous me prenez pour qui... Mon but n´est pas d´être un délateur. J´ai juste exprimé ce que j´ai vécu : à deux reprises, on a tenté de me soudoyer. Ce n´est pas nécessaire d´en rajouter. Cela ne rime à rien de donner des noms. Pourquoi n´avoir rien dit, à l´époque ? Je ne suis pas un vengeur masqué, ni un justicier. A mon niveau, l´important est de garder mon intégrité. Mais c´est aussi l´intégrité de votre sport qui est en cause... Que puis-je y faire ! Dire la vérité ne rend pas forcément service. Seules les institutions peuvent s´attaquer à ce genre de choses. Y a-t-il eu tentative de corruption quand vous gardiez les buts du PSG ? Non. Je ne pense pas que j´avais la réputation de quelqu´un qu´on pouvait acheter. Didier Deschamps, capitaine de l´OM, vous aurait un jour confié : « Si tu savais... » pour vous alerter sur l´ampleur de la corruption... Cela devait être au cours d´un rassemblement avec l´équipe de France. J´ai bien retenu qu´il était au courant de choses, qu´il avait des noms. Je n´ai pas insisté. Etait-il lui-même dégoûté ou fataliste ? C´était juste une réflexion. On n´avait pas d´états d´âme.
Propos recueillis par Hervé Dacquet
Le Parisien , samedi 22 novembre 2003