OM-ASM : Interview de Philippe Christanval
Philippe Christanval ne veut plus s´attarder sur les mauvais résultats de l´OM de ces dernières semaines. L´international français préfère se concentrer sur les retrouvailles avec Monaco, son ancienne équipe, et un rendez-vous qu´il juge capital dans la quête de confiance olympienne.
Philippe, on connaît l´importance de ce match : Marseille n´a plus de joker…
Philippe Christanval. : " On n´a plus le droit à l´erreur, c´est vrai. Ceux qui étaient derrière nous, Paris et Sochaux, comptent désormais le même nombre de points que l´OM. Là, on va rencontrer le leader, la meilleure équipe du championnat. Une équipe bien en place, cohérente dans son jeu, avec de grosses individualités. Mais il faut aller chercher un résultat en retrouvant la réussite qui nous fuit un peu ces derniers temps."
C´est encore un grand rendez-vous et l´OM a la mauvaise habitude de les manquer…
P.C. : " Depuis le début du championnat, et même de la Coupe d´Europe, on n´arrive effectivement pas à faire de bons résultats. Mais ça fait partie du passé. La saison n´est pas fini. On peut encore gagner les matches retour. Il faut maintenant tirer des leçons de ces défaites et bien aborder la rencontre contre Monaco. L´envie est là."
Est-ce que le ressort est cassé ?
P.C. : " Franchement, je ne crois pas. Le groupe vit bien. On a montré beaucoup de combativité sur les derniers matches, de la cohésion entre les lignes… Il nous manque juste ce petit déclic pour enfin enchaîner des victoires et se sentir costaud. J´espère que ce sera contre Monaco. On était tellement déçu après Paris… Il nous manquait juste un petit but pour faire la différence. Mais les matches s´enchaînent rapidement et c´est une chance. Ce match arrive au bon moment. On a besoin de se prouver et de prouver à tout le monde qu´on peut battre ce genre d´équipe."
Et ce seront des retrouvailles avec ton ancienne équipe…
P.C. : " Oui et c´est la première fois que je vais rencontrer l´ASM. Ca fait bizarre ! Mais j´ai le maillot de l´OM et je me sens à 100% Marseillais. Je vais peut-être quand même avoir un petit pincement au cœur en les voyant en face. En tous cas je n´ai aucun regret d´être parti. Le ressort était cassé et Barcelone me proposait un challenge intéressant, avec un entraîneur exceptionnel. Après, il y a eu les changements que l´on sait."
" L´entraîneur ne joue pas à notre place ! "
Contre Monaco, vous aurez une certaine pression devant votre public…
P.C. : " Mais la pression peut nous galvaniser ! Le public sait que l´on peut faire plus, et nous aussi. On sait aussi qu´on n´a pas le droit à l´erreur. On est à 9 points de Monaco et si on veut espérer quelque chose, et notamment notre objectif premier de se qualifier en Ligue des Champions, on ne peut plus se permettre de lâcher des points à domicile. Le titre ne serait peut-être pas perdu mais, se retrouver à 12 points de Monaco, ce serait quand même énorme… Ca va être un match à enjeu mais on est averti. A nous de répondre présent. La manière est importante mais seule la victoire est belle. C´est un véritable match de Coupe. En jouant bien ou en jouant mal, il faut faire un résultat. Coûte que coûte."
L´équipe a-t-elle conscience que le coach aussi a une grosse pression sur les épaules ?
P.C. : " Oui, on le sait. Ca parle beaucoup par rapport à son cas personnel. C´est le football d´aujourd´hui : en cas d´échec, l´entraîneur est toujours le premier visé. Ce qui ne nous empêche pas de savoir que nous, les joueurs, on se doit de répondre présent. L´entraîneur ne joue pas à notre place. Il ne faut pas se le cacher. Chacun a sa part de responsabilité et le message du coach est toujours très cohérent. Il ne manque plus que les résultats."
Qu´est-ce qu´il manque à Marseille finalement ? Un peu de folie dans son jeu ?
P.C. : " Peut-être. Peut-être aussi qu´on est contracté. Il faut aller chercher cette réussite qui nous échappe. Il faut se donner, se surpasser. Lors de ces derniers matches, on avait l´impression de l´avoir fait mais ça n´a pas penché en notre faveur. Il faut donc faire encore un petit peu plus. Ne pas sortir du terrain avec des regrets. Il faut emballer le match. On a les arguments pour le faire devant. Et ça risque d´être un match ouvert car Monaco aime jouer au ballon. On va se lâcher, tout en étant attentif défensivement. Des occasions, de toutes les façons, on en aura."
Comment expliques-tu que vous vous retrouvez à 6 points de Monaco ?
P.C. : " Je crois qu´on a perdu des points bêtement. Contre Paris d´abord. Je me souviens aussi d´un match à Lens qu´on avait en main et qu´on a finalement perdu. Et puis Monaco, je le répète, est actuellement la meilleure équipe du championnat, avec de grosses individualités et un collectif rôdé. C´est un gros bloc défensif difficile à bouger. Il va falloir les surprendre. Se lâcher. C´est le mot d´ordre : se lâcher ! "