source : http://www.olympiquedemarseille.com/Actualite/news.asp?IdNews=4313
INTERVIEWS 04/12/03
OM-ASM : Interview d´Alain Perrin
Alain Perrin sait mieux que personne qu´un mauvais résultat vendredi contre Monaco hypothèquerait presque certaines ambitions de l´OM. Mais au-delà des résultats de la semaine dernière, l´entraîneur marseillais garde des certitudes quant au jeu de son équipe et l´état d´esprit de ses troupes.
Alain, ce match contre Monaco, c´est " opération commando" ?
Alain Perrin : " Je n´utiliserais pas ce terme. On aborde ce match comme les autres, avec ce même soucis de concentration, de détermination. Je pense qu´il faut faire la part des choses entre le résultat concret de nos dernières performances et ce qu´on a pu voir sur le terrain. On méritait nettement mieux que ce qu´on a pu récolter dans nos derniers matches. Les joueurs n´ont pas démérité. Et puis on ne doit pas tout changer après la moindre contre-performance. Il faut simplement affiner les réglages pour être davantage performant sur le plan offensif. Sur le plan défensif, on a fait des bons matches."
Comment arrêter cette spirale de défaites ?
A.P. : " En restant sur ces mêmes bases. En gardant une sérénité, une tranquillité. Si on s´énerve, qu´on se met de la pression ou qu´on n´a pas confiance en nos joueurs, en nos capacités, on sera encore moins performant. Il faut justement s´intéresser à ce qui fonctionne, à ce qui peut encore être amélioré dans le jeu. Car c´est le jeu qui peut faire gagner l´équipe. J´accorde une grande importance à la manière."
Il y aura une grosse pression contre Monaco…
A.P. : " Oui mais sans confiance, on n´arrivera à rien. Et le travail qui est fait en interne permet de la conserver. On a un gros défi qui nous attend, face à la meilleure équipe du moment. Mais on est prévenu. Il faut de toute façon de la lucidité, de la précision dans le geste final. Si on met de la nervosité dans nos entreprises, encore une fois, on n´arrivera à rien."
Vous avez joué au psychologue avec les joueurs ?
A.P. : " Comme toujours… Quand on gagne, un coach se doit aussi d´être là pour prévenir d´un trop plein d´enthousiasme. Nous sommes des régulateurs d´émotions. Là, je n´ai pas eu à trop remonter les pendules parce que les joueurs ont compris qu´il fallait, de suite, se reconcentrer. De toute façon, il n´y a pas de mots magiques. Quand ça va mal, ce sont des mots d´encouragements, de confiance, qu´il faut essayer d´avoir avec le groupe."
Vos joueurs ont récupéré ?
A.P. : " Vous savez, sur le coup, la déception est toujours à la hauteur de l´investissement qui est mis dans un match. Vous avez envie de gagner et quand ça se passe mal, en particulier de cette manière et contre Paris, ça multiplie les frustrations et les déceptions. Mais c´est une déception qui doit donner de la rage de vaincre pour la fois d´après. Et j´ai senti les joueurs remontés. Du sentiment d´injustice, on passe au sentiment de révolte. Après, la révolte doit être maîtrisée, bien orientée. Elle doit être intelligente pour éviter les erreurs de précipitations. Et elle doit être un moteur."
En face, c´est quand même un gros morceau…
A.P. : " Ah ça… Ils ne sont pas premiers avec un tel écart pour rien ! Par rapport à un régime normal de premier, ils sont même en avance sur le tableau de marche. Tout rigole pour eux. Il y a une grosse dynamique. Ils ont une grosse capacité à aller vite vers l´avant avec des Giuly, des Rothen. Et il faudra être vigilant. Mais il n´y aura pas de plans adaptés à des cas personnels. Un Rothen aura toujours la même qualité de centre. Et à part l´enfermer dans le vestiaire avant le match, on ne l´empêchera pas de faire des bonnes passes ! "
En cas de victoire, c´est l´embellie. En cas de défaite, au contraire, tout deviendrait très compliqué.
A.P. : " Si on perd contre Monaco, c´est sûr qu´on les place directement sur orbite pour un titre de champion. C´est un match à 10 points. Car si on gagne… J´attends un match " référence". Je croyais que ça pouvait être Porto au match aller. Après, je croyais qu´on pouvait rebondir contre Paris ou Madrid. Ce n´étaient pas des matches " référence" car la réussite n´était pas là. Mais ce sont d´abord les trois points qui m´intéressent. En fait, pour gagner un match il faut d´abord penser à ne pas le perdre. On l´a vu contre Paris : on aurait peut-être du se contenter d´un point. Et en cas de défaite, tout ne serait pas non plus perdu. Toute équipe peut avoir des passages à vide et c´est valable pour Monaco. Et on est capable nous aussi de pouvoir enchaîner des bonnes séries."
Matthieu Dalaine