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CAN 2004 20/01/04
CAN : Interview d´Habib Beye
A quelques jours de l’ouverture de la 24e Coupe d’Afrique des Nations, le défenseur sénégalais de l’Olympique de Marseille, Habib Beye, évoque les chances de sa sélection, finaliste lors de la dernière édition.
Quel est votre objectif avec l’équipe nationale ?
H.B. : «Il y a deux ans, on était finalistes. Cette année, on fait donc partie des favoris avec d’autres équipes. C’est vrai que l´on a à cœur de bien faire et de gagner cette édition 2004 mais je ne sais pas si on sera aussi bon qu´il y a deux ans. Compte tenu des pépins physiques dont ont été victimes certains joueurs, qui n’ont pas beaucoup joué dans leur club, la tâche s’annonce difficile. Cela peut-être une bonne chose, surtout pour l’envie. Le groupe a du vécu et il y a une très bonne ambiance».
Le Sénégal va-t-il montrer les mêmes valeurs qu’à la coupe du monde 2002 ?
H.B. : «Nous sommes tous des amis et jouons ensemble depuis longtemps. Jusqu’à présent c’est ce qui a fait notre force. Le Sénégal n’est pas devenu une des meilleurs équipes du monde en un mois. C’est un travail de longue haleine. Ces derniers temps, nous avons connu une baisse de régime. Cela s’explique par l’accumulation des matches amicaux où il est dur d’être motivé à 100 %. Mais à l’approche d’une grande compétition, on est tous mobilisé».
Que te reste t-il de cette coupe du Monde ?
H.B. : «Beaucoup de belles images et de beaux exploits, notamment la victoire contre la France. Mais maintenant il faut l’oublier. On va surtout essayer de garder cette solidarité, cette ambiance exceptionnelle et élever notre niveau de jeu».
Bruno Metsu a fait beaucoup pour le Sénégal, maintenant arrive Guy Stéphan, comment cela se passe t-il ?
H.B. : «C’est difficile. Bruno a hissé l’équipe du Sénégal là où elle est aujourd’hui. C’est vrai que l’arrivée de Guy Stéphan a été un peu difficile, mais c’est à nous de faire au mieux pour que cela se passe bien. Il a une sacrée mission entre les mains et nous devons tous travailler dans la même direction. Côté préparation, ce sont deux hommes différents, surtout dans l’approche des matches. Guy Stéphan est très rigoureux, alors que Bruno était plus décontracté. C’est deux façons de procéder mais cela reste le lot de toutes les équipes nationales».
«Assumer notre statut»
Mais cette décontraction faisait votre force...
H.B. : «Nous étions un peu un groupe en auto-gestion. C’était la façon de faire de Bruno. Après, bien sûr, il fallait être au top durant le match. Comme je vous l’ai dit, Guy Stephan c’est tout à fait autre chose mais on va vite s’adapter».
Aujourd’hui, vous ne faites plus partie des challengers ?
H.B. : «C’est une autre pression. Nous ne sommes plus les petits poucets. On a grandi et on est aujourd’hui favoris. Mais, comme à l’OM, il faut assumer ce statut. On sera attendu de pied ferme, c’est à nous de faire en sorte que cela se passe bien».
Quelles équipes pourraient vous inquiéter ?
H.B. : «Tout le monde à partir du moment où l’on n´est pas concentrés sur la rencontre. Après, c’est vrai qu’il y a de grosses équipes, à commencer par le Mali dans notre groupe. Ils ont fait une bonne CAN il y a deux ans et sont eux aussi en train de grandir. Avec des joueurs comme Frédéric Kanoute, notamment, ils possèdent de bonnes individualités. Sinon, je pense que l’Egypte, la Tunisie et bien entendu le Cameroun auront de fortes chances de se retrouver dans le dernier carré».
Tu auras toujours un oeil sur les résultats de l’OM...
H.B. : «Oui bien sûr. Surtout que mon ami Didier Drogba ne s’est pas qualifié avec la Côte-d’Ivoire. Je pourrais l’appeler pour lui donner des nouvelles de la CAN et lui m’en donnera de Marseille. ( rires) Plus sérieusement, je pense que je garderai les deux yeux sur les résultats et j’espère que le club sera tout proche de la tête du classement à mon retour».
Propos recueillis par Michel Mavro
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