http://www.leparisien.com/home/sports/actu/article.htm?articleid=230901178
Anigo, l´homme de la révolte
Le nouveau patron sportif, qui a fait toutes ses armes à l´OM, espère un déclic et appelle à la mobilisation générale. Aussi bien sur le terrain que dans les tribunes. Afin que « le Vélodrome redevienne une citadelle imprenable ».
POLO NOIR, sans sa casquette, José Anigo est venu hier expliquer sa mission comme nouvel entraîneur de l´OM. L´ancien « minot », qui a participé au sauvetage du club marseillais directement menacé de descendre en D 3 au printemps 1982 avec Lévy, Gili ou autre Di Meco, a parlé avec le coeur. « J´ai 42 ans et j´ai toujours fonctionné à l´affect, comme joueur et comme entraîneur.
Mais avoir des relations affectives avec ses joueurs n´empêche pas la rigueur. Quand il y a des décisions à prendre, je sais le faire, mais j´accorde de la place à l´écoute et à la discussion. Avec Jean-Phi ( Jean-Philippe Durand), nous allons essayer de redonner de la vie, de la joie à un groupe qui a de la qualité. Il l´a prouvé par le passé. » S´il est désormais le patron du secteur sportif, Anigo a choisi de continuer à travailler avec le staff de Perrin, même si Albert Emon repasse au centre de formation et si Marc Lévy, l´entraîneur des gardiens, ne restera pas chez les pros. Car Anigo est un homme d´équipe et quand il parle de Durand, il préfère dire « collaborateur » plutôt qu´« adjoint ».
« C´est un guerrier, un meneur d´hommes » « Autour de moi il y a aussi Josip ( Skoblar), Manu ( Amoros) et Jean-Phi. A des époques différentes ils ont tous porté le maillot de l´OM avec fierté et talent. Nous voulons rendre à ce club tout ce qu´il nous a donné et nous ferons tout pour redonner de l´envie et de l´enthousiasme. Dans le vestiaire et sur le terrain. Cela devrait se traduire par des résultats. Il faut que le Vélodrome redevienne une citadelle imprenable. » Anigo connaît l´OM comme sa poche. Des cadets à l´équipe première, en passant par une victoire en Coupe Gambardella en 1979, il a toujours porté la tunique de l´OM avec cette fierté d´être marseillais chère aux supporters. « C´est un guerrier, un meneur d´hommes, et il a un coeur énorme. J´adore Tapie, mais c´est le seul qui lui a résisté », se souvient René Malleville, le vice-président des Yankees. Il fait référence à la première expérience d´Anigo comme entraîneur de l´OM le temps de quatre matchs en 2001. Il avait remplacé Ivic au pied levé avant de claquer la porte pour incompatibilité d´humeur avec Tapie et de retourner au centre de formation. José Anigo assure qu´il n´a pas la pression et se dit convaincu de la qualité de l´effectif et de sa capacité à redresser la tête. « Il y aura peut-être des retouches ici ou là, des postes différents pour quelques-uns, une organisation adaptée à chaque situation, mais surtout j´espère qu´il y aura une mobilisation générale », poursuit l´ex-latéral des « minots », qui a fini sa carrière comme entraîneur à Endoume, un autre club marseillais, alors en D 3 après en avoir porté les couleurs et frisé la montée en D 2 en 1991 lors du dernier match. Comme éducateur, il a aussi été champion de France en 2002 avec ses jeunes du CFA, dont certains ont intégré le groupe pro. Aujourd´hui, Anigo se retrouve une nouvelle fois aux commandes de l´OM, « son club », avec un challenge périlleux : qualifier l´équipe en Ligue des champions. Pour ce pari, il peut compter sur son ami Laurent Spinosi, licencié de l´OM il y a quelques mois et qui va revenir comme entraîneur des gardiens. Car Anigo a l´amitié indéfectible.
MARSEILLE ( BOUCHES-DU-RHÔNE), HIER. « Nous ferons tout pour redonner de l´envie et de l´enthousiasme. Cela devrait se traduire par des résultats », a expliqué José Anigo, le nouvel entraîneur de l´OM ( à droite, avec son président, Christophe Bouchet). ( PHOTOPQR/« LA PROVENCE »/BRUNO SOUILLARD.)