Auxerre enfonce l´OM et Perrin
Les Bourguignons ont battu logiquement hier soir une formation olympienne en proie aux doutes. Dans une atmosphère tendue, le sort d´Alain Perrin est de plus en plus incertain. Auxerre ( Yonne) DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
COMMENT SORTIR de cette impasse sportive ? La question taraude certainement Christophe Bouchet, le président marseillais, après le nouvel échec essuyé par son club hier soir à Auxerre ( 2-0). A force de tergiverser, les dirigeants phocéens ont laissé leur équipe s´enliser. Au lieu de déboucher sur une redistribution des rôles, la trêve hivernale a seulement entériné un triste état de fait.
Le succès face à Strasbourg, en Coupe de France, était donc un vulgaire leurre. Car le contrat de confiance entre Alain Perrin, le manager général et des joueurs relégués à quinze longueurs de Monaco et huit du PSG, est bel et bien rompu. Selon des sources internes au club, l´ancien Troyen, invaincu jusqu´alors en Bourgogne, abattait sa dernière carte face à Auxerre. Il a joué et perdu. « Dans l´avion qui nous menait à Auxerre, on n´entendait pas une mouche voler ! », confie, désabusé, un joueur phocéen.
Maladroit dans la zone de vérité Les prochaines échéances, avec en filigrane l´importantissime réception du PSG, le 24 janvier en Coupe de France, obligent Bouchet, en homme avisé, à agir. Remplacer Perrin, mais par qui ? La solution interne représentée par José Anigo, le responsable du centre de formation, a ses partisans. D´autres observateurs, à commencer par Philippe Piola, l´influent numéro deux de l´OM, privilégient la thèse extérieure ( Baup ou Mézy). « Je ne sais pas si nous étions à côté de nos pompes en début de match », lâche fataliste Alain Perrin. Après avoir piqué une grosse colère à la mi-temps, il a exprimé à chaud une certaine impuissance. « Il y avait mieux à faire ce soir. On a eu les possibilités de revenir en jeu avec Drogba puis Sytchev. Auxerre s´est montré d´un tout autre réalisme. » La position de Guy Roux est beaucoup plus confortable. Sa formation, toujours en lice sur quatre tableaux, a signé un huitième succès à domicile. « Je suis très satisfait de mon groupe. Il a su se montrer solidaire et a manifesté de l´abnégation », analyse Roux. Ebauchée dès l´entame par un but tôt venu de Tainio ( 4 e ) , la victoire icaunaise s´est dessinée plus nettement dix minutes plus tard, quand Kalou a eu tout loisir d´ajuster Barthez ( 16 e ) . Pour son premier match en L 1 depuis le 5 mai 2000, le gardien des Bleus a alors touché du doigt la réalité marseillaise. « On a eu beaucoup d´occasions, mais on a pêché dans la finition, admet à son tour Barthez. Il faut continuer et rester concentrés. Je suis très heureux d´être à l´OM. » Son équipe est pourtant inclassable. Elle peut en effet changer complètement de visage en quelques minutes. Elle est capable d´être solide et parfois même séduisante pendant une courte période avant de sombrer dans une sorte d´apathie, symptomatique des formations en proie au doute. Maladroit dans la zone de vérité, transparent dans l´entre-jeu et fébrile derrière, l´OM se réfugie encore derrière deux matchs en retard à Metz et Montpellier pour entretenir une flamme vacillante.
La Ligue a notifié à Marseille que Fabien Barthez pourrait être aligné pour les deux matchs en retard à Metz ( 27 janvier) et Montpellier ( 4 février), alors qu´il n´était pas qualifié aux dates où devaient se jouer ces deux rencontres.
STADE ABBE-DESCHAMPS ( AUXERRE), HIER. Triste soirée pour Fabien Barthez qui a encaissé deux buts. ( AFP/FRED DUFOUR.)
Harold Marchetti
Le Parisien , dimanche 11 janvier 2004