Plus de 15 M€ d´avantages fiscaux pour l´ASM
COMBIEN RAPPORTENT à Monaco ses avantages fiscaux ? Tout le monde s´interroge depuis que Christophe Bouchet ( OM) et Jean-Michel Aulas ( Lyon), les deux trublions du football français, se disent victimes d´une « concurrence déloyale » de la part du club princier. Depuis la mi-septembre, la direction administrative et financière de la Ligue de football professionnel ( LFP) menait une étude pour chiffrer ce bénéfice. Ce travail confidentiel s´est conclu fin décembre.
« Le Parisien » s´est procuré le résultat. Grâce à son statut fiscal particulier, Monaco est ainsi exonéré de 15 à 25 millions d´euros ! Sur le Rocher, les joueurs étrangers ne paient pas l´impôt sur le revenu, les charges patronales et les cotisations sociales ( RDS et CSG n´existent pas en Principauté) sur leur salaire sont moindres qu´en France.
Disparités criantes En raison de difficultés de calcul, la LFP n´a pu établir qu´une fourchette. Il n´en reste pas moins que cette somme demeure colossale et risque de faire grincer quelques dents. Colossale à l´heure où Lyon cherche en vain l´introduction en Bourse pour lever 30 M€ ou au moment où l´OM joue les contorsionnistes pour s´offrir Barthez ( 2 M€ de salaire annuel) via un montage financier compliqué. Cet avantage apparaît encore plus énorme au regard du budget de certaines formations de l´élite comme Metz ( 11,6 M€ de budget cette saison), Guingamp ( 16,5 M€), Lille ( 19 M€) ou Le Mans ( 5,3 M€). Autrement dit, sur le seul bénéfice de sa fiscalité, Monaco pourrait se payer au moins trois fois le club manceau - son équipe et son train de vie. En revanche, privé de cette manne, le budget de l´ASM serait alors proche de celui de Rennes ( 30 M€). Malgré ces disparités criantes avec les autres clubs de Ligue 1, Jean-Louis Campora, l´ex-président de l´ASM, a laissé un trou de 53 M€ dans les caisses à la fin de la saison 2002-2003 ! Un management catastrophique qui a conduit à son limogeage et à l´arrivée de Pierre Svara à sa place cet été. Pour compenser leur manque à gagner, certains clubs de L 1 veulent que Monaco paie une « dîme ». Plus concrètement, Claude Simonet, président de la FFF, a reçu, le 31 octobre 2003, Pierre Svara et Gervais Martel, le responsable du syndicat des patrons de club. « On en est resté sur un objectif réaliste : on parlemente avec l´UEFA pour que Monaco, quand il est qualifié en Coupe d´Europe, prenne une place à part, une place supplémentaire hors du quota français », nous révélait Claude Simonet le 20 décembre dernier. Le dirigeant attend une première réponse de l´UEFA courant janvier.
Dominique Sévérac
Le Parisien , samedi 10 janvier 2004