SAISON 2004/05
La légende des OM-St Etienne 12/10/2004
Suprématie nationale en jeu, les matches entre l’OM et St Etienne ont toujours eu une saveur particulière. Avec pour apogée, les seventies et la bataille sans merci entre les présidents Leclerc et Rocher. OM.net retrace plus de cinquante ans de rivalité à travers 10 anecdotes marquantes.
3-10 au Vél’
Le nom de René Alpsteg ne vous dit peut-être rien ou si peu. Pourtant le 9 septembre 1951 il réalise un quadruplé au stade Vélodrome. Mais quatre buts pour… les Verts. Les Stéphanois s’imposent 10-3 à Marseille ( 3 buts de Gunnar Andersson) pour ce qui est encore aujourd’hui la plus lourde défaite concédée par une équipe sur son terrain. L’année suivante, les Marseillais se vengent par un cinglant 7-0 !
Andersson 4 – Mekloufi 3
Gunnar Andersson contre Rachid Mekloufi. Un match dans le match. Un sommet de canonnier. Critiqué depuis plusieurs mois, le Suédois ramène tout le monde à la raison ce 17 mars 1957. Il terrasse les Verts en une mi-temps, 3-0. Mekloufi réplique après la pause, 3-3. Andersson sort vainqueur avec un quatrième but aux allures de consécration pour le meilleur buteur de toute l’histoire de l’OM ( 170 réalisations)
La vie sans grillage
En 1969, le Vél’ n’est pas encore borduré par un grillage. Aussi quand le sommet OM-St Etienne prend mauvaise tournure pour les Olympiens la tension est physiquement palpable pour les 22 acteurs. Imperméable ou inconscient, l’arbitre M. Machin ( c’est bien son patronyme) refuse l’égalisation de Jean Djorkaeff en deuxième mi-temps alors que les Verts mènent à la marque. Un millier de supporters fondent de rage sur le rectangle vert, l’OM aura match perdu. Et le président Leclerc installera dans les semaines suivantes des grilles de 2 mètres cinquante de hauteur.
L’affaire Carnus-Bosquier
Roger Rocher, l’historique patron de l’ASSE, était un homme de principe. Aussi quand il apprend par la presse que deux de ses meilleurs joueurs, Carnus et Bosquier, ont signé un pré-contrat avec l’ennemi marseillais, son sang ne fait qu’un tour. La sanction est immédiate, il suspend ses deux joueurs. Sur la voie royale d’un 4e titre de champion consécutif, St Etienne est ébranlé. Les contre-performances se succèdent, au point que le club forézien est coiffé sur le poteau par… l’OM !
Skoblar 44 – Keita 42
En division 1, deux attaquants font merveille au début des années 70 : Josip Skoblar le Marseillais et Salif Keita le Stéphanois. Les deux se tirent la bourre au classement des buteurs. Car si on se souvient des 44 buts de l’Aigle Dalmate, il ne faut pas oublier que le titre de soulier d’or européen lui aura été disputé jusqu’à la dernière journée du championnat par le Malien en 1971. Grâce à un triplé contre Strasbourg, Skoblar finit devant, avec seulement 2 unités de plus que Keita, bloqué à 42 buts.
Le bras d’honneur de Keita
Au coude à coude en 1971, Keita et Skoblar feront équipe par la suite. Car Leclerc récidive après l’affaire Bosquier-Carnus en «débauchant» la vedette stéphanoise. Son départ fait encore plus de vagues, c’est dire. Furieux, Rocher pratique la politique de la terre brûlée. Il dénonce un avenant occulte au contrat, ce qui aura pour conséquence la condamnation de son propre club mais aussi la suspension du Malien pour six mois.
Mais le hasard fait bien les choses. Après avoir purgé sa peine, Keita effectue ses grands débuts sous le maillot blanc contre… St Etienne. La vengeance est un plat qui se mange froid. «La Panthère» réalise un festival, marque deux buts, et ne se prive pas de conclure par un bras d’honneur en direction de Roger Rocher. Simple feu de paille cependant. Il quitte Marseille sept mois plus tard sans s´y être imposé.
Bereta recueilli par l’OM
Né à quelques pâtés de maison du Chaudron, Georges Bereta est le capitaine des Verts. Il est à Sainté depuis les minimes. Son leadership a pourtant le don d’agacer le président Rocher. Il y perçoit un «contre-pouvoir», et n’apprécie guère la contradiction. Il saute donc sur l’occasion de s’en séparer quand Marseille lui fait les yeux doux. Un peu comme si Di Méco avait été prié un jour de faire ses valises pour le PSG…
La douce vengeance de JPP
«Léger traumatisme crânien avec perte de connaissance» diagnostique le médecin de l’hôpital Bellevue où a été transporté Jean-Pierre Papin. Plus tôt dans la soirée, l’avant-centre a été touché à la tête par une canette de bière à la nuque, à l’arrivée du bus marseillais au stade Geoffroy-Guichard. L’acte de l’irresponsable annule la victoire stéphanoise. Le match sera rejoué, avec JPP sur la pelouse cette fois. Très symboliquement, il signe le seul but marseillais de la rencontre ( score final 1-1). Une douce vengeance.
«St Etienne, c’est pour vous ! »
Casoni a pris le relais de Courbis, mais l’OM 1999-2000 ne décolle pas. Au contraire, il encaisse un cinglant 3-0 à Feyenoord pour son deuxième match de Ligue des Champions. Yves Marchand veut remonter les pendules phocéennes. Avant le déplacement dans le Forez, il sort de sa réserve naturelle et martèle aux joueurs : «St Etienne, c’est pour vous ! ».
A la mi-temps, l’équipe marseillaise a déjà sombré. Elle est menée 4-0 avec un Alex déchaîné, pour une défaite finale 5-1.
Le lendemain, une réunion est improvisée à la Commanderie entre une délégation d’Olympiens et les groupes de supporters. Elle dégénère. Pris pour cible, Dugarry quittera le club dans la foulée, au mercato d’hiver.
L’OM passe au Vert
La dernière rencontre entre les deux équipes date de mars 2003. En quart de finale de la coupe de la Ligue, les Phocéens se qualifient à St Etienne grâce à des buts de Fernandao et Sakho. Un des six petits succès marseillais en terre stéphanoise, le seul en coupe.