Un peu trop discret
04 octobre 2004 - Nicolas MOSCOVICI
Cinquième du championnat après neuf journées, l’OM souffle le chaud et le froid depuis le début de la saison. Les hommes de José Anigo peinent à trouver un fond de jeu exaltant et se contentent de victoires étriquées. Pourtant, les raisons d’espérer mieux existent bel et bien.
Ce qui va
L’OM gagne
Avec cinq victoires en neuf matchs et seize points au compteur, les Marseillais restent au contact des leaders. Toujours dans la course pour le titre de champion de France, ils évitent, pour l’instant, le courroux de leur exigeant public. Auteurs de deux victoires consécutives ( face à Bastia et Istres), les Olympiens chercheront à bonifier leur série en cours face à Saint-Etienne, le 17 octobre prochain.
Des leaders émergent
De Fabien Barthez à Benoît Pedretti, en passant par Bixente Lizarazu, l’OM peut s’enorgueillir de posséder des leaders dans chaque ligne. Le portier de l’équipe de France a sauvé à plusieurs reprises son équipe ( notamment contre Toulouse au Vélodrome), ce qui lui a valu d’être élu meilleur joueur du championnat pour le mois de septembre. Lizarazu, quant à lui, monte en puissance. Auteur d’une passe décisive pour la tête de Bamogo contre Istres samedi, son immense expérience sera forcément précieuse pour mener à bien les objectifs du club. Dans le même registre, le retour de blessure de Frédéric Déhu devrait permettre d’asseoir définitivement les bases défensives phocéennes.
Un groupe très riche
A la fois avantage et inconvénient dans un effectif professionnel, la concurrence exercée par José Anigo au sein de son groupe porte ses fruits. Des joueurs comme Laurent Batlles ou Sylvain N’Diaye se sont révélés décisifs à plusieurs reprises alors qu’ils sont souvent cantonnés au banc de touche. Après la victoire contre Bastia, Benoît Pedretti vantait la force du groupe olympien : « Il n’y a qu’avec le groupe que nous irons loin et que nous ferons quelque chose de bien. » Il est vrai que pour l’instant, aucun antagonisme n’est à déplorer entre ceux qui jouent et ceux qui jouent moins.
Ce qui va moins bien
L’OM ne convainc pas
Le jeu des Marseillais n’est pas encore à la hauteur des objectifs du club. Même les succès à domicile laissent un goût amer dans la bouche des supporters. La victoire 3-0 en début de saison face à Lille avait pourtant laissé augurer d’un stade Vélodrome imprenable pour les visiteurs. Mais depuis, les joueurs sont crispés dans leur antre et ne développent pas un jeu digne d’un futur champion de France. A l’extérieur, il aura fallu attendre le match contre la faible équipe d’Istres pour assister à la première victoire phocéenne, même si le jeu produit à Rennes fin septembre était de bonne facture malgré la défaite.
Le cas Luyindula
« Je ne prends pas de plaisir », a déclaré l’ancien buteur lyonnais à nos confrères de l’Equipe. L’international se sent mal positionné sur le terrain et demande publiquement à son entraîneur de le placer dans l’axe. D’une manière générale, l’attaque marseillaise suscite beaucoup d’interrogations ( seulement 10 buts en neuf matchs) et le spectre de Didier Drogba plane encore au dessus du Vélodrome. Steve Marlet disparaît peu à peu du onze de départ et Habib Bamogo, qui monte en régime, n’a pas encore un rendement suffisant ( 2 buts en neuf matchs).
Le public
Véritable arme pour l’OM quand tout va bien, le bouillant public marseillais attend beaucoup plus de son équipe au vu des objectifs affichés. La fuite à l’anglaise du chouchou Drogba a choqué une partie des fidèles supporters. Les dirigeants et l’équipe savent qu’ils marchent sur des œufs et que le moindre faux pas pourrait mettre le feu aux poudres. Pour l’instant, l’attention médiatique est focalisée sur les malheurs du PSG. Mais en footbal,l tout peut aller très vite. Et une crise peut en chasser une autre…