interview JP Durand
Malgré sa victoire, l’OM a quitté le stade sous les sifflets samedi soir…
Jean-Philippe Durand ( Ent. adjoint) : «Nous savions que le contexte serait difficile. La fébrilité des joueurs l’a démontré. Les gens attendent beaucoup de nous. Mais il faut se rendre à l’évidence que l’équipe n’est pas rodée, elle n’est pas prête».
Que lui manque-t-il ?
J-P.D. : «Ce n’est pas encore une équipe. C’est davantage une somme de bonnes individualités. Elles adhèrent toutes à un projet commun, mais elles n’ont pas encore suffisamment vécu ensemble. Quand on a clôturé notre recrutement le 31 août, j’avais dit à José ( Anigo) que nous aurions ensuite un mois et demi difficile. Nous sommes en plein dedans. De plus, les joueurs sont trop respectueux les uns des autres. Ils ne se parlent pas assez. Je leur ai expliqué qu’il y a dix ans nous étions nous aussi tous des bons joueurs, mais que cela ne nous empêchait pas de nous mettre sur la gueule…
Bref, nous ne sommes pas au point, donc notre priorité est de continuer à grappiller ce que nous pouvons».
Mais il sera difficile de se satisfaire longtemps du jeu observé contre Toulouse…
J-P.D. : «C’est certain, nous ne pouvons pas faire les 32 matches qui nous restent comme ça. Il va falloir qu’on joue. Car pour l’instant on place tout dans le physique, dans la lutte d’homme à homme pour fatiguer nos adversaires et les faire plier. Ce n’est pas forcément dans ce domaine que sont nos principales qualités».
Quelles lacunes avez-vous identifié samedi ?
J-P.D. : «Déjà, nous avons été mis en difficulté défensivement. Notre système à 4 est perfectible. Ensuite, nous avons péché dans la relance et la conservation du ballon. Nous avons abusé de longs ballons. Cela s’explique notamment par un manque de confiance au moment de ressortir la balle. En ne gardant pas la maîtrise du ballon, on fatigue moins l’adversaire. D’une manière générale, l’équipe a aussi manqué de mobilité».
Qu’attendez-vous de la rentrée de Fred Déhu ?
J-P.D. : «La défense a besoin d’une forte personnalité pour fixer son positionnement et sortir le ballon proprement. Là, on sent des joueurs hésitants…»
N’aurait-il pas fallu attendre l’incorporation de Déhu pour passer à une défense à 4 ?
J-P.D. : «On peut toujours s’interroger après coup. Après le match de Nice nous voulions voir plus de jeu et de sorties vers l’avant. C’est ce qui a motivé le passage à 4 en défense».
Le rendement de la paire Pedretti-Costa fait l’objet de critiques actuellement…
J-P.D. : «Ils sont en deçà de leur niveau. Mais 75% des ballons leur passent au-dessus de la tête. Cela ne colle pas avec leurs qualités premières de distribution du jeu. Il faut continuer d’utiliser leur combativité pour la récupération du ballon, mais aussi mieux employer leur savoir-faire en matière de conservation».
Le problème est-il d’ordre psychologique ?
J-P.D. : «C’est un paramètre important. Mais je reste persuadé que nous avons les joueurs pour dépasser ce problème environnemental. Il est trop tôt pour dire que nous n’aurions pas du faire venir untel ou untel, qu’il n’est pas fait pour l’OM. Il y a des recrues qui ne sont pas à leur meilleur niveau c’est vrai, qui montraient plus de qualités dans leur ancien club. Mais il y a aussi des joueurs qui étaient déjà ici l’an passé et qui ne jouent pas sur leur valeur actuellement. La question est donc collective».
Un mot sur la prestation de Fabien Barthez ?
J-P.D. : «Il n’y a rien redire... Ah, si, on peut lui reprocher de ne pas avoir marqué ( rires). A la mi-temps c’est un miracle de mener 1-0. C’est un signe pour tout le groupe. Chacun doit amener sa pierre à l’édifice comme l’a fait Fabien samedi. A Rennes, ce sera peut-être un attaquant… Quand un joueur n’est pas bien, son coéquipier doit être là pour le rattraper. C’est le principe de toute équipe».
Sur quoi le staff va-t-il insister avant le déplacement à Rennes ?
J-P.D. : «Nos deux déplacements ( ndlr : 1-1 Nice, 0-2 Sochaux) n’ont pas été satisfaisants depuis le début de la saison. Nous devrons avant toute chose être solides derrière. A chaque fois que nous n’avons pas pris de but ( ndlr : 1-0 Bordeaux, 3-0 Lille, 1-0 Toulouse), nous avons gagné»