interwiew de Pedretti par rapport à l´équipe de France, il dit qu´il est mieux en 4-4-2 même s´il est bien dans tous les systèmes :
source : http://www.lequipe.fr/Football/France_Israel_2004_Pedretti.html
PEDRETTI : «J´EN AI ENVIE»
Par Cé. Ro.
Le cadet de tous les milieux défensifs retenus par Raymond Domenech n´est pas le moins ambitieux. Frustré par un Euro qu´il a surtout regardé du banc, séduit par le discours de son entraîneur sur la nécessité de ne pas enfermer les Bleus dans un système, Benoît Pedretti se sent l´âme d´un nouveau pilier de l´équipe de France.
«C´est plus ouvert maintenant»
Benoît Pedretti, vous avez reçu 12 minutes de jeu pendant l´Euro, lors de France - Croatie ( 2-2). Avez-vous été surpris de ne pas jouer davantage ?
Non, on était cinq ou six à savoir qu´on aurait du mal à rentrer car la hiérarchie était bien établie. C´était la règle, on s´y est tenu. Maintenant, on a vécu une super aventure humaine et il faudrait qu´elle nous serve pour la suite. Mais footballistiquement, c´était décevant. On sait qu´on est là et qu´on ne sert pas à grand-chose. C´est dommage. Toi, tu es là, tu sens que tu peux apporter quelque chose, mais en même temps, si on t´avait mis sur le terrain, tu n´aurais peut-être pas fait mieux. On ne saura jamais.
Pensez-vous que la situation a changé ?
A Rennes pour France - Bosnie ( 1-1), tout le monde a joué ( NDLR, Coupet, Boumsong, Frau, Réveillère et Diarra n´avaient pas reçu de temps de jeu). Si on va à la Coupe du monde, c´est là qu´on verra vraiment. Il faut que ce soit un groupe, et pas 14 ou 15 joueurs. Ça ne passera pas si on n´est pas collectivement très forts.
Comment avez-vous trouvé le groupe à votre arrivée à Rennes, presque deux mois après l´Euro?
C´était un peu bizarre. On n´était plus beaucoup " d´anciens", il y avait beaucoup de joueurs de L1. Avant, il fallait quasiment jouer à l´étranger pour avoir droit à l´équipe de France. C´est beaucoup plus ouvert maintenant et les meilleurs joueront, quel que soit l´âge. Avec Mavuba, on a vu que ce n´était plus un critère. C´est bien que tout le monde soit mis à égalité : tu sais que les meilleurs joueront. Mentalement, c´est capital.
Ce n´était pas le cas avant ? Il y avait une certaine baronnie en place ?
Quand même pas ! On parle de Zidane et Lizarazu, qui était sûrement meilleur qu´Evra. Simplement, quand on est arrivé, on avait moins de responsabilités car c´étaient les anciens qui faisaient la différence. Le but, c´était de leur donner des ballons rapidement. Maintenant, des places sont libres et c´est à nous de faire la différence.
«Je suis mieux en 4-4-2»
Une autre différence avec la période de l´Euro, c´est le système de jeu. Jacques Santini n´a jamais varié de son 4-4-2.
C´est vrai. Là, je pense que c´est un peu plus ouvert. C´était déjà comme ça en Espoirs, où je me souviens avoir joué en 4-4-2, en 3-5-2 comme à Rennes, et en 3-5-2 avec un vrai numéro 10. On a plus d´options et ça va sûrement changer selon les matches. C´est important de pouvoir modifier son système sans se sentir fragilisé, pour tenir un résultat ou réagir si tu es mené. Le changement ne doit pas être perturbant, il doit être un avantage.
A l´Euro, il y a bien eu des discussions pour modifier le schéma ?
Mais ça n´a rien changé ! A part le passage de Robert ( Pires) à gauche et Zidane à droite.
Avez-vous l´impression qu´il sera plus facile de discuter, désormais ?
Disons qu´au début d´un cycle, on a toujours besoin de savoir où tout le monde en est. Le sélectionneur est ouvert à la discussion et ça ne peut être qu´enrichissant.
C´était le but du fameux débriefing d´après-match à Rennes ?
Oui, un peu, et individuellement, il s´agissait d´évaluer ce que chacun avait fait par rapport à ce qu´avait demandé le coach.
Personnellement, vous sentez bien dans tous les systèmes ?
Oui, mais je suis mieux en 4-4-2 devant la défense.
«Des responsabilités ? Je suis prêt.»
Vous sentez-vous orphelin d´un vrai leader technique en l´absence de Zidane ?
Non. En 2003, on a gagné la Coupe des confédérations sans Zizou. Henry avait pris de l´envergure. Il avait beaucoup marqué et avait été le leader sur le terrain. Il aura un rôle plus important à l´avenir. Maintenant, il faut qu´on le trouve le plus rapidement possible. Cissé a beaucoup mûri, Trezeguet va continuer à marquer, Vieira sera là en tant que capitaine. Ce sont des gens sur lesquels ont peut s´appuyer pour mener l´équipe de France le plus haut possible.
Et vous, avez-vous envie de responsabilités ?
Oui, je suis prêt et j´en ai envie. Si j´ai la chance de jouer, je prendrai ces responsabilités. Je me sens très bien, j´ai 16 sélections maintenant, il y a pas mal de jeunes, et je dois apporter plus. Je connais tout le monde. C´est un bonheur d´être là, je suis plus à l´aise.
Le fait d´être à Marseille désormais participe de ce changement de statut ?
C´est clair. Il y a plus de pression à Marseille qu´en équipe de France !
Reconnaissez-vous en Raymond Domenech le même entraîneur qu´en Espoirs ?
C´est un peu la même philosophie avec des joueurs différents. Je pense que ce sera pareil malgré la différence d´âge. D´ailleurs en Espoirs, il parlait beaucoup avec Landreau, qui était déjà très mûr pour son âge. C´est un entraîneur qui échange, qui conseille. C´est quasiment comme un entraîneur de club. Il te fait travailler tes défauts pour améliorer le système.
On insiste : donc, c´est plus ouvert qu´avant ?
Oui, mais il reste sélectionneur. Il choisit et décide. Au bout du compte, il sera ferme. Nous joueurs, on n´a pas non plus à trop discuter. On nous dit les choses, on les fait, et basta. Il faut savoir saisir quand tu n´as pas à discuter.»