LIGUE 1 ( 4e journée)
MARSEILLE - METZ
Bienvenue à Mar seille
Malgré un début de saison réussi, les recrues de l’OM sont déjà confrontées à la pression d’un contexte particulier.
MARSEILLE –
de notre envoyé spécial
MERCREDI DERNIER, à l’heure d’évoquer la réception de Metz, ce soir, au Stade-Vélodrome, José Anigo eut ces mots : « Je suis surpris par la sévérité de certains commentaires après notre nul à Nice ( 1-1). C’est quand même mieux que de perdre à Caen ou à Toulouse ( référence aux défaites de Monaco et Paris lors de cette troisième journée). J’accepte les critiques. On n’a pas été brillants, on l’a dit, je l’ai dit. Mais j’ai peur que certains joueurs ne puissent pas les encaisser. Alors, j’anticipe. »
Trois jours auparavant, au lendemain de ce match nul, l’entraîneur marseillais avait déjà insisté sur ce sujet : « Il faut laisser le temps aux nouveaux de comprendre qu’ils ont changé de club, changé d’environnement. Je suis sûr que Benoît ( Pedretti) avait beaucoup plus de facilité à jouer à Nice avec Sochaux qu’il en a eu avec l’OM ; un garçon comme Peguy ( Luyindula) sort de trois titres de champion. Mais c’était à Lyon ! Les exigences à Marseille sont plus fortes et ce n’est pas facile de comprendre comment vit ce club. » Dans la cité phocéenne, José Anigo sait tout, entend tout et connaît tellement bien le contexte qu’il en redoute ses effets avant même les premières contrariétés. En évoquant aussi ouvertement la singularité de son club et la pression qu’elle génère, le technicien olympien cherche à protéger ses recrues des commentaires qui accompagnent chacune de leur prestation. Mais l’évocation permanente de cette pression les place aussi face à une réalité bonne à connaître mais pas forcément à entendre après deux succès et un nul en trois rencontres. La pression ? « C’est que l’on m’en parle sans arrêt qui commence à me gonfler », lance ainsi Peguy Luyindula.
Luyindula assume
une succession
qui n’est pas la sienne
Mercredi, c’est Benoît Pedretti qui ne s’est pas rendu au point presse qu’il devait honorer au Stade-Vélodrome. Quelques instants plus tôt, lui et ses coéquipiers s’étaient fait insulter par quelques supporters mécontents que les joueurs ne leur aient pas dit… au revoir. Il aurait eu du mal à comprendre cette attitude. « C’est vrai qu’ici, c’est spécial, je ne peux pas dire le contraire, dit Habib Bamogo. Par rapport à ce qui se passe ailleurs, les supporters sont très impliqués dans la vie du club. Mais je pense que si tu te bats, tu ne peux être qu’aimé. On attend beaucoup de nous ? Très bien. Je suis là pour ça. Le terrain n’est pas miné. Alors à moi d’être performant. »
Déjà auteur d’un but au Vélodrome, l’ancien Montpelliérain se trouve toutefois dans une situation plus confortable que celle d’un joueur comme Luyindula. Avec l’ex-Lyonnais, il y a ceux qui s’agacent déjà qu’il n’a pas encore marqué, ceux qui le comparent bêtement à Didier Drogba et ceux qui s’étonnent de ce phénomène. Mais qu’ils soient bien intentionnés ou pas, tous contribuent à en faire un sujet de débat. Car tout, à Marseille, prend une dimension particulière. « En tout cas, dit encore Luyindula, c’est clair que si l’on continue à me parler de pression, je vais finir par commencer mes réponses en soufflant. Il n’y a pas de pression à avoir pour un match de football. La pression, ça t’empêche de jouer comme tu sais le faire. Tu ne tentes pas le dribble que tu devrais tenter, tu ne fais plus la passe que tu pourrais faire. Moi, pour le moment, je joue comme je sais le faire. Et puis, franchement, l’environnement, je ne le sens pas hostile. » Il a lu, dimanche, les commentaires de son entraîneur sur les attentes placées en lui. Il sait très bien ce que cela signifie, et dit pourtant les trouver « logiques. » Mais « parce que tout le monde doit toujours aller au-delà de ce qu’il sait faire ». Peu à l’aise dans le schéma mis en place depuis le début de saison, il aspire quand même à jouer en soutien d’un seul attaquant pour avoir plus d’espace devant lui. Mais il souffre, surtout, d’un problème de communication après le départ de Drogba et doit assumer une succession qui n’est pas la sienne : « C’est bien que vous le disiez, dit-il. Didier et moi sommes incomparables. Mais quoi qu’il arrive, on nous comparera quand même. Ça fait partie du lot. Alors il faut vivre avec. Mais ça ne me fait pas peur. Les gens ne connaissent pas spécialement mon jeu. Ça va venir. »
SÉBASTIEN TARRAGO