MARSEILLE
« Le talent ne suffit pas ! »
JOSÉ ANIGO se satisfait du résultat de l’OM à Nice ( 1-1), mais pointe les carences de ses joueurs.
Hier matin, José Anigo est longuement revenu sur la performance de son équipe, la veille, à Nice ( 1-1). L’entraîneur olympien se félicite de la réaction de ses joueurs en seconde période, apprécie le point obtenu sur la Côte d’Azur et souhaite surtout « ne rien remettre en cause », après avoir pris sept points en trois matches. Mais son analyse est sans concession. Le manque d’agressivité de ses joueurs en première période ne lui a pas plu. Il le fait savoir et rappelle l’importance pour ses recrues de s’adapter au contexte marseillais et à ses exigences.
MARSEILLE –
de notre envoyé spécial
« AVEC LE RECUL, quelle analyse faites-vous de votre rencontre à Nice ?
– On a été absents pendant une mi-temps. Mais s’il y a du positif à retirer de cette période, c’est que malgré cette absence, on a fait preuve d’une certaine solidité. Voilà, on a pris notre point. C’est un bon point.
– Comment expliquez-vous la faiblesse de cette première période ?
– Déjà, et je l’ai dit aux joueurs, on n’a pas pu travailler cette semaine en raisons des matches internationaux. Cela s’est vu et le phénomène a été accentué par deux choses : la grosse chaleur et une motivation extrême du côté niçois avec du marquage individuel sur des éléments clefs. Mais bon, on n’a pas été brillants...
– Dès la première minute du match, il y a eu un énorme cafouillage dans votre surface de réparation…
– ( Il coupe.) Justement, j’en ai parlé aux joueurs. Défensivement, si un geste doit être fait, il faut le faire, même s’il n’est pas beau. Je n’ai pas aimé ce que j’ai vu sur cette action. Au lieu de faire “péter” le ballon parce que c’était chaud, on a voulu le ressortir. Ce geste-là a mis Nice sur orbite. Sans cela, la physionomie du match aurait pu être différente. Mais vu notre manque d’agressivité dans la conquête, ce n’est pas sûr non plus… Nos deux premières victoires nous ont peut-être placés dans une certaine forme de facilité. On ne peut pas se contenter du talent. Le talent, on l’a. Mais sans combativité, on ne gagne pas.
« Peguy sort
de trois titres.
Mais c’était à Lyon ! »
– Qu’avez-vous pensé de votre animation offensive ?
– On a souvent fait les mêmes courses et parfois manqué de générosité dans les appels. On n’a pas été brillants, mais on en a conscience. Alors on n’est pas fiers d’avoir pris ce point mais on n’est pas honteux non plus. Si on fait un grand match contre Metz, samedi, et qu’on gagne, le bilan sera de dix points sur douze. On ne criera pas au scandale. Et puis j’ai vraiment aimé la réaction de l’équipe en deuxième mi-temps. J’ai été un peu dur, exigeant, et je le serai encore plus. On a une équipe forte. On doit tous être mis face à nos responsabilités, moi y compris.
– Les limites entrevues à Nice vous permettront-elles de progresser plus vite ?
– C’est bien d’avoir pris conscience de ce qui va nous attendre à l’extérieur. Tous nos adversaires auront la volonté qui animait les Niçois. Ça nous a mis en éveil.
– Nice a aussi pratiqué un marquage individuel très strict, notamment sur Luyindula, et votre jeu offensif en a énormément pâti…
– C’est vrai mais c’est aussi à lui de vouloir s’en sortir en se battant. C’est la même chose pour Benoît ( Pedretti) ou Costa, au milieu de terrain. Si tu ne combats pas, tu te fais mordre ! Je le redis : le talent ne suffit pas, jamais ! Mais il faut aussi laisser le temps aux nouveaux de comprendre qu’ils ont changé d’environnement. Je suis sûr que Benoît ( Pedretti) avait beaucoup plus de facilité à jouer à Nice avec Sochaux qu’il en a eu avec l’OM ; un garçon comme Peguy sort de trois titres de champion. Mais c’était à Lyon ! Les exigences à Marseille sont plus fortes et ce n’est pas facile de comprendre comment vit ce club. Mais ce palier, il va le franchir. Il va même le franchir sans problème ! Il faut juste lui laisser le temps.
– Pourriez-vous être amené à revoir le système ?
– C’est possible… Peut-être pas la semaine prochaine, car Brahim ( Hemdani) est plus à l’aise à trois derrière, mais plus tard, avec Fred ( Déhu). En revanche, je peux apporter des modifications offensivement, en jouant avec un milieu supplémentaire. La rentrée de Laurent Batlles nous a apporté beaucoup de fluidité dans le jeu. On va y réfléchir. »
SÉBASTIEN TARRAGO