ARTICLE DE L´EQUIPE DU JOUR
LIGUE 1
Un toit sur un stade brûlant ?
La mairie de Marseille a lancé avec l’OM une étude pour agrandir et couvrir le Vélodrome, à l’horizon 2007.
MARSEILLE –
de notre correspondante
L’IDÉE FAIT SON CHEMIN. Le Stade-Vélodrome pourrait recevoir quelques améliorations d’ici 2007, avec notamment un toit, réclamé à cor et à cri par les supporters. C’est en tout cas ce qui ressort d’une réunion qui a eu lieu mardi dernier à la mairie de Marseille, autour de Jean-Claude Gaudin, Robert Villani, l’adjoint aux sports, Renaud Muselier, le premier adjoint et Christophe Bouchet, le président de l’OM. « Nous nous rencontrons deux trois fois par an, précise le maire de Marseille, pour faire une radioscopie des besoins autour du Vélodrome, de la Commanderie, du centre de formation, pour voir ce qui peut être amélioré. C’est dans ce cadre-là que nous avons eu cette réunion que j’aurais aimée plus confidentielle, je ne le cache pas car nous n’en sommes qu’aux prémices des discussions. » Cette fois, il fut question d’un agrandissement du Stade-Vélodrome ( on parle de 80 000 places, la même capacité que le Stade de France, le plus grand du pays), projet présenté avec quelques esquisses par Robert Villani soutenu évidemment par Christophe Bouchet qui en a fait depuis deux ans l’un de ses dossiers prioritaires. Au-delà des échéances électorales ( présidentielle en 2007 et municipales en 2008), se profilent la Coupe du monde de rugby en 2007 et les JO de 2012 si Paris était retenu ( *). « Il y a effectivement aujourd’hui un objectif qui réunit tout le monde du côté de l’OM comme de la mairie : disposer d’un outil susceptible de faire de Marseille la capitale du ballon, confirme le président de l’OM via son site officiel. J’emploie le mot ballon sans préciser rond car le rugby est concerné. Avec ces travaux, le Vélodrome pourrait devenir l’un des plus beaux stades et l’un des plus grands d’Europe. »
L’absence de toiture pour un stade livré en 1998 a toujours constitué le point noir de cette construction. « C’est une demande souvent formulée, souligne Bouchet. C’est logique pour des raisons acoustiques car le bruit de l’ambiance a tendance à fuir la pelouse. C’est aussi un besoin car même si nous sommes à Marseille, le supporter qui est en haut de Ganay ou des virages en plein hiver, il gèle dès qu’il y a un peu de vent. »
« Quand on a repris le club en 95 avec la SEM, nous avons dû choisir un projet de stade, précise le maire de Marseille. Le conseil municipal a choisi le plus beau esthétiquement et personne n’est venu nous dire qu’il fallait que ce soit une marmite et que ça chaufferait davantage avec un toit. Croyez-vous que ça me plaise quand on se tourne vers moi dès qu’il y a quatre gouttes de pluie ? Ce stade a déjà coûté 450 millions de francs ( 68 M€) à la Ville auxquels se sont ajoutés 30 millions de francs ( 4,57 M€) de la région, 30 du département et 107 ( 16,31 M€) de l’État, plus 180 millions de francs ( 27,44 M€) de travaux aux alentours. Nous digérons à peine ces dépenses. Aujourd’hui, l’idée est forte pour un tel projet mais nous lançons seulement l’étude. »
Des tours
comme à San Siro ?
L’adjoint aux sports de la Ville de Marseille aurait eu le déclic lors du match contre l’Inter Milan en avril dernier en voyant les tours de San Siro. L’idée a ainsi germé de supprimer les pylônes d’éclairage, de monter des tours dans ces angles et de combler avec des loges qui feraient le tour du stade. Les tours pourraient héberger restaurants, commerces et bureaux. « Quitte à lancer des travaux pharaoniques, dit encore Christophe Bouchet, mieux vaut en profiter pour faire les aménagements nécessaires. Le stade doit répondre aux attentes de tous les types de supporters. Au final, le stade doit devenir un vrai lieu de vie. Sans se voiler la face, avoir un stade moderne nous permettrait d’en tirer des ressources. » Selon Bouchet, le Sankt-Jakob-Park de Bâle est aussi un exemple à suivre mais le maire a prévu de se rendre à Amsterdam pour visiter l’ArenA et quelques autres enceintes européennes. L’étude a été confiée à Jean-Pierre Buffi, l’architecte qui a créé le premier ouvrage. « Nous lui avons demandé d’envisager ces améliorations, explique le maire. Il peut tout aussi bien refuser de toucher à son œuvre, ce serait naturel. J’ai aussi d’autres inquiétudes par rapport à la première échéance de 2007 qui me semble bien proche quand on connaît la complexité des procédures. » Ses plus grandes inquiétudes concernent le financement des travaux. « Compte tenu de tous ceux que nous avons entrepris sur Marseille ( métro, tramway, écoles), nous serons dans l’impossibilité de mener ce chantier avec des fonds publics. Tout doit être construit avec des fonds privés et, en outre, je ne laisserai pas faire n’importe quoi quant à la hauteur de ces tours – si tours il y a – et dans l’équilibre du projet. Nous rêvons tous d’un très beau stade mais je reste prudent. »
Bouchet affirme lui que « l’OM mettra la main au pot. Nous sommes d’accord avec le maire que cela ne doit rien coûter au contribuable. Il faudra faire appel aux investisseurs privés qui seront intéressés directement par le projet. Le financement doit pouvoir se faire grâce aux ressources potentielles d’un stade plus moderne, fonctionnel et agrandi ».
Les supporters eux en rêvent déjà, les joueurs olympiens aussi à l’image de José Anigo, leur entraîneur : « Un stade couvert, ce serait extraordinaire au niveau de l’ambiance. Je pense même qu’il nous ferait gagner des points en Championnat. »
HÉLÈNE FOXONET
( *) Le Vélodrome hébergerait des rencontres du tournoi olympique de football.