Costa, une main de fer dans un gant de velours 16/08/2004
A la sortie du Vélodrome, le nom de Costa était sur toutes les lèvres dimanche soir. Pas seulement parce que le Brésilien venait quelques secondes plus tôt de parachever le succès olympien. Avant son but l’ancien bordelais avait déjà gagné le cœur des supporters par sa puissance physique et sa finesse technique. Retour sur des débuts réussis.
Difficile de ne pas penser à Mozer. Comme l’illustre défenseur brésilien, Eduardo Costa est un garçon absolument charmant dans la vie. Souriant, poli, disponible.
Mais dès qu’il approche un ballon, il range sa gentillesse naturelle aux vestiaires pour se métamorphoser en guerrier, en bulldozer.
La comparaison rejoint ses déclarations de ce lundi matin : «Je n’ai peur de rien, ni de personne sur un terrain. Je ne crains pas le contact. Je ne regarde pas qui j’ai devant moi. Je cherche à passer, toujours».
Mais le parallèle avec la machine n’est pas parfait. Il est par trop réducteur. Costa n’est pas qu’un démolisseur. C’est aussi ( et surtout ? ) un constructeur. Un bâtisseur d’occasions. Le public du Vélodrome aura apprécié son jeu constamment porté vers l’avant. Une seconde nature chez ce milieu pourtant défensif : «Il faut toujours aller de l’avant. C’est une obligation pour une équipe ambitieuse comme l’OM. Le coach insiste beaucoup là-dessus, même si dans mon cas cela correspond parfaitement à ma façon de jouer», explique-t-il dans un bon français. «D’ailleurs, j’évoluais un cran plus haut au début de ma carrière. Ca m’est resté. Je cherche à donner le plus possible de ballons aux attaquants».
Dans ce rôle de rampe de lancement, Costa aura notamment mis Luyindula sur orbite, en première mi-temps : «Je vais me régaler cette saison avec un joueur comme Péguy. Il facilite la tâche des milieux car il bouge bien, il est très intelligent dans ses mouvements».
Pour ses débuts, l’ancien bordelais ne s’est pas limité à ses fonctions de récupérateur et de relayeur. Malgré une condition physique encore perfectible, il est allé au bout de ses idées offensives dans le temps additionnel pour parachever lui-même le succès olympien.
Et comme il le faisait déjà en Gironde, Costa a ensuite ostensiblement dédié son but à ses beaux-parents dont le nom est tatoué sur son bras gauche.
«Ce premier match, je le rêvais réussi, mais je n’imaginais quand même pas marquer. C’était vraiment un grand moment. Je me doutais de la différence entre Bordeaux et Marseille. Là, c’est du concret. C’est sans doute plus facile de réussir ici pour Brésilien, car la pression et la passion qui entourent le club ressemblent à ce que j’ai connu au pays. Tout cela me motive. Si nous gardons les mêmes ambitions dans le jeu et la même ambiance, nous pouvons faire de grandes choses cette année».