Un vestiaire en colère
Göteborg DE L´UN DE NOS ENVOYES SPECIAUX
TOUT LE MONDE LE CHERCHAIT mais il a refusé de s´arrêter en zone mixte pour s´expliquer, préférant s´engouffrer dans une grosse berline avec ses assesseurs. Pierluigi Collina était au centre de toutes les attentions des joueurs marseillais au sortir du vestiaire. « OK pour le penalty, non à l´expulsion », criaient-ils en choeur.
« Je ne pense pas que cette faute vaille un carton rouge », souffle ainsi Camel Meriem, qui a fait les frais de la réorganisation tactique après la sortie de Barthez. « C´est un fait de jeu qu´on subit, reprend le capitaine Brahim Hemdani. Le sentiment de gâchis existera toujours. Collina a appliqué le règlement à la lettre. » Les regrets sont encore avivés par cette sensation d´inachevé décrite par Steve Marlet : « Vu la qualité de notre jeu, on était supérieurs à Valence. »
« Il m´a même dit qu´il était obligé de l´expulser » José Anigo livrera cette confession étonnante que lui a faite l´arbitre italien à la mi-temps : « Dans son interprétation des événements, glisse l´entraîneur marseillais, dès qu´il y a faute, il y a sanction. Il m´a même dit qu´il était obligé de l´expulser, car sinon il aurait pu arrêter le penalty en restant sur le terrain. C´est peut-être le meilleur arbitre du monde mais lui aussi peut faire un mauvais match. » Anigo n´ayant pas l´habitude de travestir la réalité, on peut s´interroger sur les motivations de Collina. Le Transalpin aurait été plus inspiré en parlant d´une faute commise par le dernier défenseur, en l´occurrence le gardien, sur cette action cauchemardesque : mauvaise relance de N´Diaye, Beye trop court de la tête et Barthez trop impétueux devant Mista. C´est Laurent Blanc, qui en ratant sa tête devant Crespo, avait « offert » la Coupe de l´UEFA à Parme il y a cinq ans. Cette bévue avait en effet facilité la victoire italienne ( 3-0). Les Marseillais sont décidément maudits avec leurs champions du monde, pourtant rompus à ces matchs de haut niveau. « On termine sur une mauvaise note, se désole Hemdani. Je tiens à féliciter mes coéquipiers pour leur parcours exemplaire en Coupe d´Europe. Il faut rester digne. » Meriem conclut : « José nous a dit de garder la tête haute. Il ne faut pas s´arrêter là. »
Dominique Sévérac
Le Parisien , jeudi 20 mai 2004