source : http://www.olympiquedemarseille.com/Actualite/news.asp?IdNews=4911
INTERVIEWS 08/05/20
Barthez : ´´J´ai encore envie de gagner´´
Au lendemain de la demi-finale remportée par l´OM face à Newcastle, Fabien Barthez était l´invité du 0% Arrangement d´OMTV. Le champion du monde 1998 va vivre avec l´Olympique de Marseille sa première finale de Coupe de l´Uefa à Göteborg.
Comment as-tu vécu la soirée de jeudi ?
F.B. : " C´était un grand bonheur et un grand soulagement. Contrairement à ce qu´annonçait la presse, nous n´étions pas en position de force. Il leur suffisait d´un but pour passer. Mais il y a une grosse défense marseillaise, jeudi soir. Ils ont très bien maîtrisé Shearer et Ameobi. Ils ont été bons mais en privilégiant le jeu long, Newcastle nous a facilité la tâche. Il suffisait d´être bien placé à la retombée du ballon et de ne pas faire de faute quand l´attaquant était dos au but."
L´OM a gravi un à un les échelons face, à chaque fois, à un adversaire de renom…
F.B. : " A croire que cette équipe est faite pour les grands matchs… Tout est parti du match à Dnipr. A l´aller nous avions gagné 1-0. Là-bas, en Ukraine, tout était réuni pour se faire piéger : le froid, un mauvais terrain, une équipe en face qui poussait… Ensuite il y a eu Liverpool, Milan… La motivation était plus facile à trouver mais il fallait aussi être concentré. L´intelligence de jeu est aussi très importante. De côté-là, on a très vite progressé."
Avec Monaco et Marseille, le foot français retrouve les sommets européens…
F.B. : " Tant mieux… Mais on voit aussi que le football anglais a de grosses lacunes défensives que ce soit Liverpool, Chelsea ou Newcastle. Ils ont très peu de culture défensive au niveau du placement et de la gestion d´une rencontre."
En finale, ce sera un gros morceau de la Liga, le FC Valence…
F.B. : " C´est une bonne chose que Valence soit leader parce qu´en Espagne, le titre de champion est plus important que la Coupe de l´Uefa. Une finale, c´est bien de la jouer, c´est mieux de la gagner et sur un match, cela peut se jouer à peu de chose."
Après la demi-finale, tu comparais l´OM à une équipe professionnelle avec un état d´esprit de promotion d´honneur. C´est le secret ?
F.B. : " Ce sont des secrets de José Anigo… Depuis son arrivée, on se sent plus détendus, plus concernés aussi. Ce n´est pas une relation comme avec un patron. Quand je dis que l´on est plus concernés, prenez le match de Johnny Ecker contre Metz. Cela fait deux ou trois ans qu´il est là, il jouait régulièrement et depuis l´arrivée de José, il joue moins. Mais quand on voit son match contre Metz, je dis " bravo " . Quand on voit la rentrée de Laurent Batlles contre Newcatsle… Pour la demi-finale, il se retrouve sur le banc, il rentre en jeu et fait la différence. Il provoque la faute et donne un ballon de but. C´est notre force. José Anigo a réussi à faire en sorte que tout le monde se sente concerné."
Tu as un palmarès impressionnant, comment trouves-tu encore la motivation ?
F.B. : " Si je n´ai plus envie de gagner, j´arrête… Pendant mes six mois de non-activité, je travaillais énormément car je savais qu´à partir de janvier, j´allais rejouer que ce soit à Marseille ou ailleurs. Je voulais gagner tout simplement. J´en ai encore envie."
Il y a quand même des matchs galère dans une saison…
F.B. : " On ne joue pas l´Inter toutes les semaines… Heureusement d´ailleurs, sinon il n´y aurait pas ce petit piment. LE football, c´est une remise en question quotidienne à l´entraînement. Il faut se gérer en dehors du terrain, c´est très important aussi. Il ne faut pas s´endormir sur son acquis. Le plus dangereux pour un footballeur, c´est quand tout va bien, que l´on est en pleine ascension. J´essaie de rester concentré sur le sujet et faire le point à la fin. En ce moment, cela se passe bien et c´est là le plus dur."
En équipe de France, il y a Thierry Henri, à l´OM, il y a Didier Drogba
F.B. : " Didier est un joueur complet. Il a le sens du placement, la technique, la puissance, le jeu de tête. On est gâté... Contrairement à Thierry Henri, cela ne fait que six mois que tout le monde le connaît. Le plus dur est devant lui. Mais il en est conscient car il a la tête sur les épaules, il écoute beaucoup. Désormais, il va être attendu partout en Europe. C´est là que cela se complique, il faudra confirmer. Mais je ne m´inquiète pas. On le voit sur le terrain, il est très intelligent."
Sur le terrain, après les buts ou les victoires, on vous vous tous très reconnaissant envers Jos Anigo…
F . B. : " José aime ses joueurs. Il les protège. Tout le monde le ressent et on veut lui rendre. José a fait un très bon boulot au centre de formation et maintenant avec les pros. Comment a-t-on vu d´entraîneur de centre de formation se planter chez les pros ? "
Un mot sur le public du Vélodrome…
F.B. : " Je suis là, comme mes coéquipiers, pour gagner des titres. Pour cela, on a besoin du public. Evidemment, il est présent lors des gros matchs comme contre Newcastle. Mais là où on en a vraiment besoin, c´est contre Metz… C´est comme un grand joueur, on en a besoin dans les grandes affiches mais il faut aussi qu´il soit présent dans les " petits matchs". C´est là qu´il va savoir mettre le pied sur le ballon, gérer sa fatigue, ses coéquipiers… On a besoin du public dans ces moments-là."
F.R.