OM-Newcastle : In Drogba we trust
En Ligue des Champions comme en Uefa, Didier Drogba a inscrit un but à chaque adversaire européen de l’OM depuis septembre. Muet à Saint James’ Park il y a quinze jours, il entend bien perpétuer cette tradition face à Newcastle.
Qu’elles soient du Real, de Porto, du Partizan, qu’elles soient de Dnipro, de Liverpool, de ou de l’Inter, les défenses des adversaires européens de l’OM ont toutes été logées à la même enseigne.
A chaque fois, leur entraîneur avait ciblé le danger Drogba. Chacun avait échafaudé un plan. Sur le papier, certains tenaient peut-être même la route. Mais une fois sur le gazon, ces défenses ont toutes capitulées. Elles ont toutes rendu au moins une fois les armes aux pieds d’or de l’Ivoirien.
Au terme des 90 minutes du match aller, Newcastle peut encore prétendre au rang d’exception. Sauf qu’à St James’ Park, il y avait Woodgate. Et que jeudi, l’international anglais surveillera Drogba… devant son 16/9.
A ce sujet, le buteur olympien mesure sa chance : «Je ne vais pas regretter son absence, ça c’est clair. C’était un sacré client. Maintenant, je suis aussi persuadé que son remplaçant voudra sortir un grand match».
«Moins jouer m’a desservi»
Pour cette demi-finale retour, Marseille s’en remettra comme souvent ( toujours ? ) à lui. Sous pression, le canonnier ? «Non, au contraire. Je perçois cette attente comme une marque de confiance».
D’autant que cela fait maintenant quatre matches que ses tirs n’ont plus trouvé le chemin des filets. Une éternité pour lui. «Je n’ai pas été très efficace ces derniers temps. Ca ne m’inquiète pas, d’autant que d’autres comme Camel ont eu alors l’occasion de marquer».
Son inefficacité a peut-être une origine physique. «J’ai moins joué, et on pensait que cette économie me permettrait de récupérer. En fait, ça m’a desservi. Je suis sorti du rythme de la compétition, et j’ai eu par la suite du mal à me remettre dans le bain».
«Ne pas vendre la peau de l’ours»
L’attente populaire va au-delà de sa propre personne. Elle traduit plus largement la fièvre qui monte dans Marseille ces jours-ci. «Le danger c’est de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Je prévient tout le monde là-dessus. On ne doit pas se croire déjà arrivés».
Face à l’engouement, Drogba oppose la sérénité. Il a beau découvrir la coupe d’Europe cette saison, cela ne l’empêche pas de déclarer : «Evidemment qu’on se fait tous un peu le film dans nos têtes. Mais cela n’influe en rien sur ma préparation. C’est comme d’habitude. Je suis plutôt du genre à dédramatiser avant les grands événements». Jusqu’ici, cela lui a plutôt réussi…
Laurent Oreggia