source : http://www.lequipe.fr/Football/C3_OM_systeme.html
LE SYSTÈME SANS DROGBA
Par Cédric ROUQUETTE
L´OM arrive à Milan gonflé à bloc, rassuré par sa production du match aller ( 1-0). La bonne dynamique actuelle récompense le nouveau système de jeu mis en place par Anigo, un 5-4-1 sécurisant qui rend moins dramatique la suspension de Drogba.
Mido seul en pointe, son souhait
A un autre moment de la saison, la suspension de Drogba avant un match-couperet contre un grand d´Europe aurait pris des proportions dramatiques. Pas cette fois. «Didier nous a tellement donné cette saison qu´on doit être capable de le lui rendre», assure José Anigo, sans laisser poindre la moindre lassitude à la veille du choc à Milan contre l´Inter. L´attaquant olympien, arme absolue de l´OM cette saison au point de l´avoir publiquement regretté, représente pourtant à lui seul quatre des cinq buts inscrits par Marseille depuis le début de sa campagne en Coupe de l´UEFA, sans compter les cinq ( sur neuf) en première phase de Ligue des champions. Contre l´Inter au match aller ( 1-0), il fut un cauchemar permanent pour Cannavaro et les autres, inscrivant le seul but du match, soit, au bas mot, trois fois moins que ce qu´il avait dans le ventre.
A San Siro, il reviendra au très inconstant Mido, de retour de suspension, d´occuper la pointe de l´attaque olympienne. A priori seul, comme Drogba. Et surtout comme il le réclame. «Il a envie de prouver sur ce match, à tout le monde, à moi, au club», déclare Anigo pour piquer au vif l´énorme ego du jeune Egyptien. Il s´est entretenu seul à seul avec lui pour le situer face à ses responsabilités avant un match qui peut envoyer Marseille vers sa première demi-finale européenne depuis 1999. «Ce match sera une chance pour moi de prouver mes capacités, reconnaît lui-même Mido sur le site officiel de l´OM. Ce sera un match à l´extérieur, c´est toujours plus difficile mais je n´ai pas encore montré toute l´étendue des mes qualités, ce sera le bon moment pour le faire. En plus, j´ai déjà joué à San Siro», expose l´ancien joueur de l´Ajax et du Celta Vigo.
Cette confiance dans les discours d´avant-match est incomparable avec celle qui avait entouré le double face à face contre Liverpool au tour précédent. Ce choc était trop rapproché des deux grosses claques reçues par l´OM version Anigo ( Bastia 1-4 et Rennes 3-4) pour justifier la même assurance. Aujourd´hui, l´équipe s´appuie sur l´élimination des Reds ( 1-1, 2-1), les victoires à Lyon ( 2-1) et face à l´Inter ( 1-0) pour se déplacer à San Siro avec d´autres certitudes. Ces bons résultats - et le jeu plus volontaire qui va avec - récompensent sur le tard la véritable révolution tactique menée par le successeur de Perrin. Son équipe-type est très éloignée des canons du début de saison : Barthez et Drogba y figurent toujours, Hemdani et Meïté aussi, mais à un autre poste. Et c´est tout. Le 4-4-2 de l´ancien manager général a cédé la place à un système à trois défenseurs et une pointe plus compact, sans doute moins ambitieux, mais que les joueurs se sont appropriés au fil des semaines.
Une équipe-type remaniée
Devant Barthez, irréprochable depuis son loupé de Rennes le 21 mars, le duo Van Buyten - Christanval a été sacrifié au profit d´un trio Hemdani - Meïté - Beye plus dense, qui exerce une vraie pression sur les lignes d´attaque adverses. Sur les côtés, José Anigo a débauché Demetrius Ferreira à Bastia pour le flanc droit, à la place du non-spécialiste Meïté ou d´un Sébastien Pérez plus frêle. A gauche, il a profité du retour de Manuel Dos Santos, capitaine la saison dernière sous les ordres d´Alain Perrin, à la place du Tchèque Skacel, non-spécialiste. Même si le système est encore loin de donner des leçons à toute l´Europe, il permet à l´OM d´aspirer à une sécurité qui rappelle celle de la saison dernière. Avec Dos Santos, la défense a retrouvé un authentique leader. Avec Ferreira, un supplément de présence offensive qui soulage les milieux.
Dans cette zone-clef, Anigo a imposé le volume de son protégé Flamini ( ex-CFA), aux côtés d´un Sylvain N´Diaye qui a retrouvé une partie de son rayonnement lillois, ou en tout cas une qualité de passe précieuse. Camel Meriem est une alternative qu´Anigo ne renie pas. Mais l´ancien Sochalien s´exprime davantage dans une position d´animateur, qu´il partage avec une autre recrue bastiaise, Laurent Battlles. Les deux hommes évoluent à leur guise juste derrière l´unique attaquant de pointe, l´omniprésent Didier Drogba, qui profite sans se gêner de l´espace qui lui a ainsi été dégagé. Steve Marlet peut lui aussi le soutenir tel un meneur excentré, mais le nouveau système lui laisse, aussi, davantage de liberté - notamment celle de devenir un deuxième attaquant - que le 4-4-2 de l´ancien régime. Un résultat probant à Milan serait pour lui, Mido et les autres, le meilleur moyen de prouver qu´Anigo n´aura pas perdu son temps en 2004. Et qu´il peut aussi gagner sans Drogba.
A RETENIR
QUE SONT LES CADRES DE PERRIN DEVENUS ?
BARTHEZ : Toujours titulaire
MEITE : Replacé dans l´axe
BEYE : Replacé dans l´axe
CHRISTANVAL : Ecarté
VAN BUYTEN : Prêté à Manchester City
SKACEL : Ecarté
CELESTINI : Ecarté
HEMDANI : Replacé en défense
VACHOUSEK : Ecarté
LES NOUVEAUX VISAGES DU ONZE-TYPE
Ferreira : arrivé au mercato ( Bastia)
Battlles : arrivé au mercato ( Bastia)
Flamini : promu du CFA
Dos Santos : revenu de blessure
Sommeil ( non qualifié en C3) : arrivé au mercato ( City)
INTER - OM : ECHOS
Pour son déplacement à Milan contre l´Inter, en quart de finale retour de la Coupe de l´UEFA, l´Olympique de Marseille sera privé de son buteur vedette Didier Drogba, suspendu, mais récupère ses deux autres leaders d´attaque, Steve Marlet et Mido. C´est l´Egyptien, suspendu la semaine dernière, qui devrait être titularisé en pointe. Cependant José Anigo n´exclut pas d´aligner d´entrée Steve Marlet, tout juste remis de sa blessure aux ischio-jambiers. La production de l´Inter, vainqueur à Pérouse dimanche ( 3-2) sous les yeux de Manuel Amoros, a conforté l´OM dans l´idée qu´il se fait de son duel de mercredi. «Nous avons eu confirmation que cette équipe perd beaucoup de duels, et que, si elle prend des buts, elle est capable d´en marquer aussi beaucoup», a expliqué Anigo. L´Inter l´avait prouvé en huitième de finale en battant le Benfica ( 4-3). «Il ne faut pas avoir honte de dire de temps en temps, comme cela a été le cas à l´aller, que nous avons été bons» annonce Anigo pour motiver ses troupes, qu´il dit donc «prêtes au combat, avec beaucoup de lucidité et de malice». Christanval, Celestini, Vachousek, Ecker, Ba et Cantareil seront sur le banc. Pour donner la réplique à l´OM, l´Inter pourra compter sur son principal argument offensif, Christian Vieri. L´attaquant a été touché à la tête par une bouteille lancée sur le bus des Milanais, dimanche. Mais il a pu s´entraîner normalement mardi matin et sera opérationnel. Si de nouvelles douleurs l´empêchaient finalement de jouer au dernier moment, l´Uruguayen Alvaro Recoba serait de toute façon là pour menacer Barthez. Remis de ses problèmes à une hanche, il devrait être aligné mercredi. «Il est le talent à l´état pur» suggère Anigo. Obafemi Martins, partenaire attendu de Vieri mercredi et décisif à Pérouse dimanche, s´attend à une partie serrée. «Je sais que ce ne sera pas facile mais la qualification est à notre portée. Et pour cela, il nous faut marquer d´entrée de jeu». Une seule incertitude concerne le défenseur Marco Materazzi ( douleurs à la hanche et au muscle fessier droits).