L´OM sur tous les fronts
Alors que les tractations avec Laurent Blanc avancent moins vite que prévu, les dirigeants planchent déjà sur la saison prochaine.
Il y a quelques semaines, l´Olympique de Marseille se mettait en quête d´un responsable du secteur sportif, poste vacant après la mise à l´écart d´Alain Perrin. La piste Blanc, recommandée par Robert Louis-Dreyfus, est toujours la plus sérieuse, même si elle suscite des réserves au sein du club. En attendant l´issue des négociations, les dirigeants travaillent sur le recrutement de la saison prochaine. Avec des ambitions élevées...
OÙ EN SONT LES NÉGOCIATIONS ?
Alors que les discussions avec Laurent Blanc étaient parties sur de bonnes bases, elles semblent aujourd´hui marquer le pas. Très enthousiaste au départ, quand la proposition lui a été faite, le champion du monde prend toute la mesure du fonctionnement interne de l´OM, des questions et des inquiétudes, mais aussi des réticences que semblent susciter son arrivée.
Après un premier contact avec Robert Louis-Dreyfus, il avait démarré une série d´entretiens avec Christophe Bouchet, José Anigo ( par intermittence) et Philippe Piola. Des entretiens qui se sont raréfiés ces derniers temps : « On a du mal à se voir, mais uniquement pour des questions d´agenda, se défend Bouchet. Quand il passe trois jours à Paris, je suis en Espagne, ou quand je suis à Paris, il est à Montpellier. Et nous préférons discuter de vive voix. »
Le président de l´OM affirme qu´il ne s´agit pas de longues négociations portant sur les termes financiers du contrat, mais plutôt « sur la définition du poste. Nous sommes davantage sur le calage du poste exact que sur d´autres aspects. Nous n´avons pas avancé, uniquement pour des problèmes d´agenda, mais nous ne sommes pas dans l´urgence ».
Quoique... Plus vite Laurent Blanc prendra ses fonctions et plus vite il pourra préparer la saison prochaine. Selon Bouchet, il n´y a pas de date butoir. Mais l´intéressé, qui, on le sait, aime soupeser tous les paramètres avant de s´engager, souhaiterait savoir avant la fin mars s´il obtiendra les moyens financiers qu´il réclame pour construire une équipe ambitieuse.
QUELS SONT LES FREINS ?
Comment penser d´ailleurs que les négociations peuvent durer éternellement alors que José Anigo - même si son cas personnel ne se réglera qu´au 30 avril - et Jean-Philippe Durand, entraîneur-adjoint et responsable du recrutement, ont déjà commencé à travailler sur l´équipe de la saison prochaine.
Lamouchi, Gallardo, Pedretti, Frau, Carrière, Mexès..., tous ces noms circulent et certaines discussions seraient déjà bien avancées. « Je crois qu´aujourd´hui tout le monde pèse le pour et le contre, confirme Anigo. Mais il faut qu´on aille vite parce qu´avec ou sans " Lolo", nous avons une saison à construire. Ce qui est sûr, c´est qu´il y a un poste à pourvoir sur le plan sportif. »
Directeur sportif, manager ou coordonnateur, ces questions de dénomination semblent un brin futiles vu le charisme de Blanc, sa connaissance du football et de son milieu. Sauf à y voir de vraies querelles de pouvoir, quel risque prendrait une équipe dirigeante à collaborer avec lui ? Surtout s´il ne s´agit pas d´une question d´argent.
Depuis le départ d´Alain Perrin, Christophe Bouchet et surtout Philippe Piola, le directeur général, ont pris en main ces questions sportives, de l´organisation autour du match - que l´ex-manager général ne laissait à personne le soin de gérer - aux transferts de Fernandao et Sytchev. Aujourd´hui, tout le monde s´accorde à dire que l´OM a besoin d´un patron sportif, mais sans préciser sa fonction exacte.
« Il manque une pointure dans l´organigramme, dit Bouchet, une espèce de coordonnateur. » Pas forcément un décideur. Comme le révèle encore le discours de Piola recueilli dans France Football : « Pour une discussion avec un joueur ou un président de club, c´est sûr que l´aura et le charisme de Blanc en imposent directement. Je n´aurais aucun mal à m´effacer devant pareil renfort, car je sais rester à ma place. Reste juste désormais à définir le périmètre du champ d´action et d´intervention. » L´actuel directeur général s´est piqué au jeu des schémas tactiques et des négociations sur les transferts. Or l´arrivée de l´emblématique Laurent Blanc attirerait forcément toutes les lumières.
QUELLE EST LA POSITION DE ROBERT LOUIS-DREYFUS ?
Toujours discret, RLD est pourtant bien présent au sein du club phocéen et franchement heureux de voir l´OM se reprendre en cette fin de saison. Mais si on lui prête une réelle volonté de voir Laurent Blanc rejoindre l´équipe dirigeante, le milliardaire ne met pas pour l´instant son poids dans la balance. Ni en imposant son choix, ni en apportant des garanties financières à la construction d´une équipe de qualité. Au demeurant, Bouchet continue d´affirmer, dès qu´il le peut, que RLD ne renflouera plus les caisses : « Il ne donnera plus rien. Ce fantasme du chéquier doit cesser. Il ne veut pas se comporter en Père Noël, car cela fausserait la donne à moyen terme. Il ne veut plus prendre de décision dans le club et il n´en prendra plus. »
De Rolland Courbis à Étienne Ceccaldi, en passant par Yves Marchand, Jean-Christophe Cano, Pierre Dubiton et Bernard Tapie, l´histoire retiendra que RLD a toujours fini par écarter ceux qu´il avait lui-même choisis. Pour autant, Bouchet ne se sent pas plus menacé que ça : « Non, car même si c´est difficilement palpable par les gens, Robert Louis-Dreyfus n´a plus aucun pouvoir pour le faire. Ce n´est pas possible techniquement. Il faut avoir un mandat social donné par l´entreprise pour pouvoir prendre des décisions. » Techniquement, certes, mais il reste encore le principal actionnaire du club...
QUELLES SONT LES AUTRES PISTES ?
Et si la porte Blanc se fermait dans les prochains jours, vers quelles solutions de rechange l´OM pourrait-il se tourner ? Henri Émile a bien été approché, mais pour un rôle d´intendant, similaire à celui qu´il occupe en équipe de France, qu´il devrait d´ailleurs accepter prochainement. « Comme il l´a toujours fait, il devra gérer tout ce qui est aux confins du terrain », confirme Bouchet. Reste quand même à gérer ce qui se passe sur la pelouse. Le Monégasque Henri Biancheri a également été contacté. Son profil répondrait à certains critères et il pourrait éventuellement faciliter l´arrivée d´un joueur comme Gallardo. Mais outre qu´il ne s´agit peut-être pas d´une solution d´avenir, elle ne plairait certainement pas autant que celle de Blanc aux supporters du Vélodrome, dont une frange est déjà bien remontée contre les dirigeants. Et pas davantage à des joueurs et à des agents qui attendent avec impatience de savoir si l´OM, emmené ou non par Laurent Blanc, pourra faire à nouveau rêver.